Déchets d’emballages ménagers

Tri des plastiques souples : Sarcelles confiant après onze mois d’expérimentation

| Mis à jour le 02/12/2014
Par • Club : Club Techni.Cités

Au printemps 2012, une cinquantaine de collectivités engageaient, à titre expérimental, la collecte des plastiques souples. Le syndicat de la région de Sarcelles (Val d’Oise) croit fermement à la viabilité de l’opération, après un premier bilan provisoire dressé lors de la visite du centre de tri organisée, le 14 février 2013, par Eco-Emballages.

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Déchets : le tri des plastiques souples change la donne

Le film plastique, « c’est l’ennemi », prévient  Daniel Zimmerlin, directeur commercial de Titech France, spécialiste de l’automatisation des centres de tri(1).

A Sarcelles, les plastiques souples sont en effet à l’origine de 25 % des arrêts des machines, qui altèrent la productivité du centre de tri. C’est là le principal écueil rencontré par le Sigidurs (syndicat mixte pour la gestion et l’incinération des déchets urbains de la région de Sarcelles, 42 communes, 306 000 hab.) qui, depuis près d’un an, collecte l’intégralité des emballages plastiques et non plus les seuls rigides.

Malgré cette difficulté, le syndicat affiche sa confiance dans l’extension du domaine triable. Un premier bilan provisoire a été dressé lors de la visite du centre de tri organisée, le 14 février, par Eco-Emballages.

Depuis avril 2012, les consignes de tri se sont singulièrement simplifiées pour quelque 25 000 foyers-tests du syndicat du Val-d’Oise, qui peuvent déposer dans le bac jaune les barquettes et pots issus de l’agroalimentaire ainsi que les films et sacs, en plus des bouteilles et flacons jusqu’alors seuls autorisés.
Si le geste de l’habitant est facilité, la difficulté est reportée sur le centre de tri, qui doit désormais traiter sept résines au lieu de deux.

Pré-tri renforcé et reconnaissance optique – Le centre, exploité par Veolia, a renforcé l’étape de pré-tri, qui mobilise aujourd’hui 4 opérateurs (au lieu de 2) dans une cabine agrandie.
C’est ici qu’un premier écrémage isole les cartons volumineux et les indésirables ainsi que les plastiques souples, qu’ « il faut absolument retirer avant la phase mécanisée du tri, qu’ils perturbent », souligne Freddy Foucon, responsable du site.

Ensuite, la chaîne de tri optique dédiée aux plastiques recourt à un système de « tri séquentiel auto-adaptatif », créé par l’exploitant et introduit en 2010 : avant de voir défiler sur le tapis le flot d’emballages plastiques en mélange, l’opérateur est informé par une caméra du flux majoritaire (bouteilles en PET, par exemple, qu’il laisse passer pour qu’elles rejoignent leur circuit) ainsi que de la présence d’indésirables (divers objets en plastique, tels brosses à dents, poupées et autres godets de jardinage) et d’autres produits recyclables à réintroduire dans la boucle de tri (flacons en PEHD, si ce dernier flux est minoritaire), ces deux dernières catégories étant à orienter vers le réceptacle dédié.

Pas de surcoût de collecte – Engagée avant l’expérimentation sur les plastiques souples, la modernisation du centre de tri a mobilisé 2,5 millions d’euros de 2010 à 2012, un investissement soutenu à hauteur de 1 million par Veolia, Eco-Emballages et l’Ademe.

Le Sigidurs n’observe pas de surcoût de collecte – ce qui ne sera pas forcément le cas dans tous les sites, où la dotation en bac et le temps de ramassage pourraient être revus à la hausse.

Sur la population-test, les quantités récupérées progressent de 5 %. Un gain moindre que celui observé sur les 51 collectivités engagées dans l’expérimentation nationale, qui tourne autour de 13 %.
Initialement prévu pour durer un an, le test durera à Sarcelles huit mois de plus (jusqu’à fin 2013), pour disposer de résultats robustes.

Les 51 collectivités engagées dans l’expérimentation nationale

Des débouchés à créer, un outil de tri à mutualiser – Si les plastiques souples peuvent être recyclés dans le textile, l’automobile et les matériaux d’isolation, la question de leur reprise par l’industrie fait encore figure d’inconnue.

Vincent Casper, directeur du syndicat, rappelle l’histoire du carton : « Au début des années 1990, il fallait payer des recycleurs allemands pour qu’ils reprennent ce matériau, pour lequel existait un marché outre-Rhin. Aujourd’hui, le carton se vend en France autour de 100 euros la tonne. C’est à cette même création de débouchés que nous travaillons aujourd’hui pour les plastiques souples. »

Le centre, qui traite aujourd’hui 10 000 tonnes par an quand il pourrait en trier 15 000, serait à même de recevoir des plastiques souples provenant de collectivités environnantes.
Si l’expérimentation nationale s’avérait concluante, la généralisation du tri des plastiques souples interviendrait en 2015.

« Recycler les ‘nouvelles’ résines au même coût que les ‘anciennes’ »

Eric Brac de la Perrière, directeur général d’Eco-Emballages

Selon l’Ademe, accueillir des plastiques souples sur la totalité des 250 de centres de tri engendrerait un investissement pouvant atteindre 900 millions d’euros ! Une option inenvisageable. Pour moderniser le parc à coût supportable, il faut concevoir un maillage équilibré du territoire, où certains sites pourraient opérer un tri plus poussé que d’autres, envisage Eric Brac de la Perrière, directeur général d’Eco-Emballages.

« La réforme des centres de tri ouvre un chantier d’une dizaine d’années. Si la collecte des plastiques souples était généralisée, le parc devrait être techniquement en mesure d’accueillir ces nouvelles résines, dans des conditions économiquement acceptables. Il n’y aura pas de fermetures de centres, nécessaires au regard de l’aménagement du territoire et de l’emploi local. Mais le fonctionnement des sites pourra évoluer : certains pourraient, par exemple, pratiquer un tri simplifié des plastiques quand d’autres seraient spécialisés sur leur sur-tri. Le maillage territorial se construira avec une diversité de solutions adaptées aux territoires. Et sur chaque centre de tri accueillant des plastiques souples, la modernisation résultera d’une solution particulière, mixant innovation technologique et réorganisation du travail des équipes.

L’expérimentation en cours vise le bénéfice environnemental au juste coût. On ne pourra valider un choix qui n’a pas de viabilité économique. Celle-ci serait garantie si le coût du tri des plastiques souples s’approchait de celui des plastiques rigides, soit environ 600 euros la tonne. L’objectif est de tendre vers le même montant, pour les résines nouvellement triées et celles désormais entrées dans l’économie circulaire. »

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