Eau

Luttes d’influence avant la construction d’un Grand Paris de l’eau

| Mis à jour le 22/07/2013
Par • Club : Club Techni.Cités

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Les deux principaux opérateurs publics de l’eau de la région parisienne - le Syndicat des eaux d’Île-de-France et la régie Eau de Paris – souhaitent faire entendre leurs voix dans le cadre des discussions sur le Grand Paris de l’eau. Inexorablement, la question d’une mutualisation de leurs moyens va se poser, mais pour l’heure, elle reste encore très hypothétique.

La question du Grand Paris de l’eau est revenue sur le devant de la scène, jeudi 24 janvier 2013, lors d’un point presse réalisé par André Santini, président du Sedif, à l’occasion de l’arrivée de sept nouvelles communes – au 1er janvier 2013 – dans le syndicat. Ce dernier a notamment appelé à une « mutualisation industriellement intelligente des moyens de production à l’échelle de la métropole francilienne ».

Deux opérateurs publics difficiles à regrouper – Sur le papier, il serait en effet logique de regrouper, à terme, les deux principaux opérateurs publics de l’eau que sont le Sedif et Eau de Paris.
Mais le sujet est sensible et difficile à mettre en œuvre. Le simple fait que le Sedif ait été créé, en 1923, à la suite de divergences de vues entre Paris et ses communes environnantes n’y est pas étranger.
Les différences de couleurs politiques et de modes de gestion (régie pour Eau de Paris ; délégation de service public pour le Sedif) contribuent également à complexifier le dossier, mais ils n’expliquent pas tout.

Philippe Knusmann, directeur général des services du Sedif, rappelle en effet qu’avant l’arrivée de Bertrand Delanöe à la mairie de Paris, la question d’un possible regroupement entre les deux opérateurs s’était posée : « Paris avait à choisir entre rénover ses installations ou se rapprocher de notre syndicat. Il y a bien eu des discussions, mais finalement Paris a préféré garder son indépendance », témoigne-t-il.

Développement territorial – Comme tous les opérateurs publics français, le Sedif et Eau de Paris ont à subir une baisse des consommations d’eau (de l’ordre de 1% par an depuis les années 1990) et une hausse continue des coûts, alors même qu’ils disposent tous deux d’installations surdimensionnées.

Des éléments qui militeraient pour une mutualisation des infrastructures, mais la question est encore loin d’être d’actualité. Actuellement, les deux acteurs cherchent plutôt à étendre leurs territoires et à vendre de l’eau brute, ou traitée, à de nouvelles communes.

Pour le Sedif, il s’agit des communes et communautés d’agglomération limitrophes, ou même de l’établissement public de Saclay, avec qui le syndicat est en discussion dans le cadre du projet de développement de ce pôle.

De son côté, Eau de Paris qui a inscrit cette logique de développement territorial dans ses statuts, discute avec Viry-Chatillon et Grigny (qui ont quitté le Sedif en 2010 et sont passées en régie), ainsi que la communauté d’agglomération Est Ensemble et Evry (qui vient de décider de passer en régie). « Cette question va se poser dès lors que les contrats des communes limitrophes arriveront à échéance. C’est le cas par exemple de Saint-Maur (94) », souligne Philippe Knusmann.

Commencer par des projets modestes – Si la question d’un tel regroupement va inexorablement se reposer, l’idée serait, pour le Sedif, de commencer à mutualiser leur travail en travaillant, en 2013 ou 2014, sur « des projets simples, tels que la mutualisation des outils de connaissance et de surveillance de la ressource, puis, pourquoi pas, de la gestion informatisées des réseaux, des modèles hydrauliques, de la gestion concertée des intercommunications et des exercices de crise », indique un communiqué du Sedif.

Grand Paris et Paris Métropole – L’Etat est de plus en plus impliqué sur cette question du Grand Paris de l’eau. Un séminaire a en effet été organisé en septembre 2012 à l’initiative de Daniel Canepa, préfet de la région d’Île-de-France, pour évoquer ses grands enjeux.
L’occasion de rappeler que ce territoire va voir sa population augmenter de 1,5 million d’habitants à l’horizon 2030 et le débit de la Seine diminuer de 30 % en été d’ici à 2050.

Une initiative qu’Anne Le Strat, présidente d’Eau de Paris, a jugé « très institutionnelle », déplorant l’absence des représentants de la société civile. « Actuellement, il n’y a rien sur l’eau dans le Grand Paris », remarque-t-elle, préférant évoquer les travaux réalisés dans le cadre de Paris Métropole (1). Ce syndicat va d’ailleurs organiser une conférence métropolitaine sur ce sujet au printemps 2013.

« Le Grand Paris est une demande de l’Etat, alors que Paris Métropole est un lieu de concertation entre les collectivités territoriales. C’est dans le cadre d’une gouvernance locale que doit se penser la gestion métropolitaine de l’eau », ajoute-t-elle, avant de préciser la nature des travaux menés dans le cadre de la préparation de la conférence métropolitaine : « le sujet de l’eau a longtemps été un point annexe, mais il y a désormais une prise de conscience de son caractère politique et transversal, qui concerne tant l’aménagement du territoire, que la préservation de la qualité de l’eau, la gestion du risque inondation, le financement… Nous essayons également d’impliquer une multitude d’acteurs : opérateurs, collectivités, services de l’Etat, etc. ».

Deux conférences concurrentes – De son côté, le Sedif estime que d’une manière générale, les syndicats intercommunaux sont insuffisamment représentés dans Paris Métropole et traîne des pieds pour participer au débat dans le cadre de cette instance.
Il a d’ailleurs décidé, avec plusieurs autres syndicats de services urbains d’Ile-de-France (eau, assainissement, gaz, électricité, services funéraires) d’organiser au cours de l’année une « rencontre intersyndicale ». Une initiative concurrente destinée à faire pression et à ce que sa voix soit plus forte dans le débat sur la gouvernance de la région capitale et sur le projet de loi du gouvernement sur l’acte 3 de la décentralisation.

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