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Risques naturels

Gard : un peu plus de dix ans après les crues, la prévention suit son cours

Publié le 12/11/2012 • Par Jean Lelong • dans : Retour sur expérience prévention-sécurité

Les inondations qui ont ravagé le Gard, en septembre 2002, ont marqué le point de départ d’une politique départementale de prévention de ce risque. L’enjeu n’est plus seulement de construire des ouvrages de protection, il est aussi d’apprendre à vivre en zone inondable.

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Les 8 et 9 septembre 2002, des pluies diluviennes s’abattent sur le Gard (702 000 habitants). L’événement fait 22 victimes et provoque 830 millions d’euros de dégâts. Sur les 353 communes du département, 299 sont touchées.
Ce bilan témoigne de l’impréparation du territoire à un tel phénomène. « Nous nous sommes retrouvés extrêmement démunis, se souvient Patrice Thomas, chef du service « eau et rivières » au conseil général. Nous n’avions pas de politique de prévention des inondations. Le système d’alerte était défaillant. Certains maires ont dû attendre d’avoir de l’eau jusqu’aux genoux avant d’être informés.»
La direction départementale des territoires et de la mer (DDTM) corrobore : « Nous avions perdu la mémoire des inondations, ce n’était plus une priorité », relate Olivier Braud, chef du service « eaux et milieux aquatiques ».

Prise de conscience collective – C’est dans l’élan de la reconstruction que va s’amorcer une politique de prévention. La démarche est d’emblée partenariale : pour financer la remise en état des réseaux et des équipements communaux, l’Etat, le département, la région Languedoc-Roussillon et l’agence de l’eau Rhône-Méditerranée et Corse mettent en place un guichet unique. Les équipes prennent l’habitude de collaborer, la confiance s’instaure. « Nous avons très vite admis que l’on ne pourrait réussir une politique de prévention que sur la base d’une vision partagée », rapporte Patrice Thomas.

Le choc de la catastrophe et la rencontre entre acteurs de diverses cultures contribuent aussi à faire évoluer les mentalités. « Il y a eu une prise de conscience collective de la complexité des milieux aquatiques et de l’impératif d’un travail concerté en amont », témoigne Michel Deblaize, délégué régional de l’agence de l’eau. « Nous sommes passés d’une logique de grands travaux à une politique intégrée, prenant en compte l’ensemble des problématiques liées au risque inondation », résume Etienne Retailleau, directeur adjoint du syndicat mixte pour l’aménagement et la gestion équilibrée des Gardons.

Né dans l’urgence, le partenariat se structure progressivement. En 2008, une convention passée entre l’Etat, le département, la région et l’agence de l’eau institue le comité départemental de l’eau. « La gestion des inondations est ici un objectif commun et partagé. Ce n’est pas le cas dans tous les départements », relève Olivier Braud, à la DDTM. De son côté, le conseil général adopte, fin 2003, un schéma départemental de prévention du risque inondation.

Les élus alertés en deux heures – Dix ans après la catastrophe, les avancées sont manifestes. La culture du risque a progressé. A l’initiative du conseil général, 65 000 élèves de CE2, CM1 et 5e ont été sensibilisés au risque inondation, par le  biais d’animations, de jeux et de visites sur le terrain.

Depuis 2004, un millier d’élus et d’agents territoriaux ont participé à des journées de formation. Un observatoire du risque inondation dans le Gard (Orig), accessible sur internet, rassemble des données à l’intention des acteurs publics, des professionnels et du grand public, depuis 2006.
L’information et l’alerte en temps de crise sont désormais mieux assurées. Un système automatisé de gestion de l’alerte (Gala) permet d’informer l’ensemble des maires en moins de deux heures avec des messages préenregistrés.

En cas de défaillance des moyens classiques, le préfet peut activer un réseau radio dernier secours. Mieux informées, les communes sont aussi mieux armées pour s’organiser en temps de crise. Plus de 130 d’entre elles disposent aujourd’hui d’un plan communal de sauvegarde approuvé. Le conseil général, qui aide les collectivités à mettre en place cet outil, prévoit d’organiser des exercices pour en tester l’efficacité.

Délocalisations de bâtiments – En matière d’urbanisme, l’élaboration des plans de prévention du risque inondation (PPRI) a reçu un coup d’accélérateur. Ces documents qui réglementent la construction en zone inondable concernent aujourd’hui 208 communes, dont 130 couvertes par un PPRI « nouvelle génération » (postérieurs à 2002). Le conseil général réserve les aides de son fonds spécial inondations aux communes qui ont intégré ce risque dans leurs documents d’urbanisme.

Pour celles qui ne sont pas encore couvertes par un PPRI, le département et les services de l’Etat proposent la réalisation d’une étude de zonage, une sorte de petit PPRI sous maîtrise d’ouvrage communale. C’est, par ailleurs, dans le Gard qu’ont été menées les premières délocalisations de bâtiments. Depuis 2002, l’Etat a acquis (pour 44 millions d’euros) 276 constructions, jugées trop exposées et donc démolies. Une soixantaine d’autres n’ont pu faire l’objet de rachat amiable. Les premières procédures d’expropriation ont récemment été engagées.

Enfin, d’importants travaux ont été entrepris pour conforter les digues, retenir l’eau en amont et entretenir les rivières. Au total, 256 millions d’euros
(dont 100 financés par l’Etat) ont été engagés depuis 2002, par le biais de cinq programmes d’actions de prévention contre les inondations, Papi (*), auxquels s’ajoute le volet gardois du plan « Rhône ».

« Continuer à vivre » – Pourtant, ni le durcissement des règles d’urbanisme ni la construction d’ouvrages de protection ne suffiront à éliminer les risques. Près de 300 000 personnes, soit 40 % de la population gardoise, vivent aujourd’hui en zone inondable. « Les principales villes sont exposées aux inondations, relève Olivier  Braud, de la DDTM. Or on ne peut pas bloquer tout développement des centres urbains. Il faut permettre à ces territoires de continuer à vivre. » Dès lors, l’accent est mis aujourd’hui sur la réduction de la vulnérabilité. L’enjeu : rendre les habitants acteurs de la prévention pour limiter les dommages liés aux inondations (lire l’encadré ci-dessous).

On imagine aussi la création d’équipements « résilients », susceptibles d’être rapidement remis en service une fois l’eau évacuée. « L’exposition au risque inondation est une des données de ce département, souligne Patrice Thomas, du conseil général. Elle doit être intégrée dans les politiques d’aménagement du territoire. Cela implique de croiser les discours : les ingénieurs hydrauliciens doivent échanger avec les responsables des politiques d’aménagement. Nous devons être capables de nous projeter pour mieux faire face à des événements dont nous savons qu’ils se reproduiront, poursuit le chef du service “eau et rivières”. Demain, nos concitoyens ne nous pardonneraient pas qu’une crue semblable à celle de 2002 provoque des dégâts aussi lourds. »
(*) Vidourle, Gardons, Vistre, Nîmes, Gard rhodanien.

Mettre son habitation « Alabri »

Depuis deux ans, le syndicat mixte pour l’aménagement et la gestion équilibrée (Smage) des Gardons oeuvre à la réduction de la vulnérabilité, dans 34 communes de la Gardonnenque. L’objectif : aider les propriétaires à protéger leurs habitations par la pose de batardeaux, de clapets anti-retour ou la création d’un espace refuge.
Soutenu par l’Etat et les collectivités, le programme d’intérêt général « Alabri » a permis de réaliser plus de 350 diagnostics (sur 1 000 maisons exposées) mais n’a débouché, jusqu’ici, que sur une quinzaine de programmes de travaux. « L’initiative ne portera ses fruits que si elle est relayée par une politique nationale, commente Etienne Retailleau, directeur adjoint du Smage. Il faut que les habitants prennent conscience qu’ils doivent se protéger, et que nous pouvons les y aider. »

Références

AVANTAGES
Une politique de prévention partagée entre l’Etat et les collectivités.
• Une structuration du territoire par bassins versants.
• Une culture du risque qui se développe.
• Des moyens d’alerte et d’information plus efficaces.

INCONVÉNIENTS
• La réduction de la vulnérabilité reste à développer.
• Les ouvrages de protection sont chers à construire et à entretenir (2 % du coût de leur réalisation,
chaque année, selon le conseil général).

CONTACT
Patrice Thomas, chef du service « eau et rivières », tél. : 04.66.76.52.16.

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