logo
Adresse de l'article https://www.lagazettedescommunes.com/135473/quelles-sont-les-consequences-de-la-suppression-de-la-cession-gratuite-de-terrains-en-echange-de-la-contribution-aux-depenses-d%e2%80%99equipements-publics/

URBANISME
Quelles sont les conséquences de la suppression de la cession gratuite de terrains en échange de la contribution aux dépenses d’équipements publics ?
Delphine Gerbeau | Réponses ministérielles | Réponses ministérielles | Publié le 23/10/2012 | Mis à jour le 25/10/2012

La décision d’inconstitutionnalité de l’article L.332-6-1, 2° e du Code de l’urbanisme, relatif aux cessions gratuites de terrains, a pris effet à compter de la publication de la décision au « Journal officiel », soit le 23 septembre 2010. Les conséquences sont les suivantes : en premier lieu, aucune cession gratuite ne peut plus être prescrite dans les autorisations délivrées à partir de cette date ; en second lieu, les cessions gratuites déjà prescrites et qui n’ont pas encore fait l’objet d’un transfert de propriété ne peuvent plus être mises en œuvre. Les terrains doivent donc être achetés par la collectivité aux propriétaires fonciers après avis du service des domaines, soit par voie amiable, soit par voie d’expropriation. Les terrains dont le transfert a été constaté par un acte authentique transmis, après signature des parties intéressées, au conservateur des hypothèques en vue de la publicité foncière, antérieurement à la décision d’inconstitutionnalité, ne sont pas concernés.

Cette décision d’inconstitutionnalité peut affecter les pratiques des collectivités locales. Néanmoins, la taxe d’aménagement, entrée en vigueur le 1er mars 2012, permet aux collectivités d’appliquer des taux différenciés selon les secteurs de la commune, en fonction du coût des dépenses d’équipements engendrées par l’urbanisation : le taux déterminé pouvant être porté jusque 20 % par délibération motivée si la commune doit équiper substantiellement un secteur donné, notamment en matière de voirie. En contrepartie, les participations ne sont plus exigibles dans ce secteur. Par ailleurs, dans un souci de simplification, les participations, exceptés la participation pour équipement public exceptionnel et le projet urbain partenarial, doivent disparaître au 1er janvier 2015.

Enfin, dans sa décision du 22 septembre 2010, le Conseil constitutionnel rappelle expressément les termes de l’article 17 de la Déclaration de 1789 : « La propriété étant un droit inviolable et sacré, nul ne peut en être privé, si ce n’est lorsque la nécessité publique, légalement constatée, l’exige évidemment, et sous la condition d’une juste et préalable indemnité. » Le Conseil constitutionnel n’a pas examiné ce point au fond, par économie de moyen.

Pour l’ensemble de ces motifs, le gouvernement n’envisage pas de réintroduire cette participation dans le Code de l’urbanisme.

REFERENCES