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Congrès de l'ARF

L’ARF prépare la participation des régions à la future banque publique d’investissement

Publié le 19/10/2012 • Par Aurélien Hélias • dans : France • Source : Courrier des maires.fr

Réunies à Lyon le 18 octobre 2012 pour leur congrès annuel, les régions ont plaidé pour une banque publique d’investissement dont les pouvoirs d’investissement seraient largement régionalisés, démentant tout risque de manipulation politique de ce nouvel outil de financement de l’économie.

« Pour son 8e congrès qui s’ouvrait le 18 octobre au conseil régional de Rhône-Alpes à Lyon, l’Association des régions de France (ARF) avait décidé de consacrer sa première table ronde à l’innovation et à la compétitivité. Un débat qui s’est rapidement focalisé sur la Banque publique d’investissement (BPI) avec une première prise de parole de Jean-Pierre Jouyet, président de ce futur établissement bancaire qui aura a gérer près de 42 milliards d’euros. Le patron de la Caisse des dépôts et consignations (CDC) a ainsi exposé les deux missions principales, selon lui, de la BPI :

  • « Simplifier les stratégies d’appui aux PME et les procédures »
  • « amplifier le développement, dans les territoires régionaux, des projets et la responsabilisation des acteurs ».

Pour autant, Jean-Pierre Jouyet n’a pas souhaité s’avancer plus avant sur l’organisation future et la composition précise des structures de gouvernance de la BPI, rappelant régulièrement que « c’est le Parlement », au travers du vote d’un projet de loi, qui en déciderait. Une mission de préfiguration pour définir les objectifs et les règles de fonctionnement de la banque a dans un premier temps été confiée à Nicolas Dufourcq, actuel n°2 de Cap Gemini, qui aurait vocation à en devenir le directeur général, avait confirmé la veille Pierre Moscovici, ministre de l’Economie et des finances.

Un danger de politisation ? – Qu’en sera-t-il de la place des régions ? Dans un contexte où des critiques s’élèvent contre une possible politisation de l’action de la BPI du fait de la mainmise des régions et contre l’hypothèse de financements accordés principalement à des entreprises en difficulté, les participants à la table ronde ont catégoriquement nié ce risque. « Nous signons des contrats avec les PME. J’ai signé 1 050 contrats en trois ans avec des entreprises de la région Midi-Pyrénées. Nous attribuons des avances remboursables. Qui peut imaginer que nous les attribuons en fonction de l’étiquette politique de leur dirigeant ? C’est absurde, insultant et contraire à la réalité », a asséné Martin Malvy. Le président de l’exécutif midi-pyrénéen a par ailleurs souhaité que « jusqu’à un certain montant d’engagements, la décision [de financer un projet, ndlr] puisse être prise régionalement et qu’elle n’ait pas besoin de remonter au niveau national pour être validée ».

Indiquant que le comité d’orientation pourrait intégrer « deux représentants des régions ou plus » sur les 15 annoncés, Jean-Pierre Jouyet a exhorté à « ne pas faire de procès d’intention à une banque qui est en train de se créer. […] Il ne faut pas laisser dire que tout est politisé ! Nous travaillons déjà avec les régions depuis longtemps avec comme seul critère l’intérêt de l’économie ». En marge du débat, le président de l’ARF, Alain Rousset, a confirmé qu’il serait candidat au nom des régions à la présidence de ce comité d’orientation de la BPI.

Plateformes communes d’intervention – Enfin, deux axes de travail plus précis ont été évoqués pour cette dernière.

  1. La première, défendue par les régions comme par Jean-Pierre Jouyet : l’instauration de plateformes de collaboration entre les moyens de la BPI et les financements régionaux déjà existants comme les agences de l’innovation et du développement et les structures de financement en matière de capital risque.
  2. La seconde, avancée par Jean-Louis Beffa, ancien PDG de Saint-Gobain : la création au sein de la BPI « d’un pôle d’experts dédié au développement de l’innovation à laquelle Oséo n’avait pas donné la place qui lui revenait ». Un moyen d’« éviter de faire des erreurs » à l’avenir dans le choix des projets financés par la banque, a plaidé l’industriel dans une proposition reçue favorablement par le patron de la Caisse des dépôts.

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