Fermer

Déjà inscrit(e) ?

Mot de passe oublié ?

Identifiant et/ou mot de passe non valides

Nous n’avons pas reconnu votre email, veuillez indiquer un email valide, utilisé lors de la création de votre compte.

Un message avec vos codes d'accès vous a été envoyé par mail.

Pas encore inscrit(e) ?

Inscrivez-vous pour accéder aux services de LaGazette.fr et à la gestion de vos Newsletters et Alertes.

M'inscrire gratuitement

Menu

Déjà inscrit(e) ?

Mot de passe oublié ?

Identifiant et/ou mot de passe non valides

Nous n’avons pas reconnu votre email, veuillez indiquer un email valide, utilisé lors de la création de votre compte.

Un message avec vos codes d'accès vous a été envoyé par mail.

Pas encore inscrit(e) ?

Inscrivez-vous pour accéder aux services de LaGazette.fr et à la gestion de vos Newsletters et Alertes.

M'inscrire gratuitement

[Tribune] Santé

La Santé : un rempart face aux menaces contre le pacte républicain

Publié le 13/07/2012 • Par La Rédaction • dans : France, Opinions

Ma Gazette

Sélectionnez vos thèmes et créez votre newsletter personnalisée

Emmanuel Vigneron

Emmanuel Vigneron

Professeur d’aménagement sanitaire, Université de Montpellier

La santé est le ciment du Pacte Républicain. Pourtant, les inégalités sociales et territoriales de santé ne se résorbent pas et même se creusent. Ces inégalités constituent des injustices car leurs victimes sont toujours les mêmes. Elles ne frappent pas au hasard tandis que la diffusion du progrès se heurte aux barrières des distances de toute nature.

Pourtant nous avons du mal à accepter la réalité de ces inégalités. La raison en est simple. Une centralisation excessive, un progrès médical longtemps si dynamique qu’il a laissé croire qu’il se répandrait partout, la croyance en l’ascenseur social.
Mais bien plus encore, la marche irrépressible d’un capitalisme non régulé dont les économies d’échelle et d’agglomération sont le moteur puissant, conduisant inéluctablement à la création d’inégalités entre les territoires.

Au sein d’une société fragilisée par la crise, ces inégalités sont désormais vécues comme des discriminations dont la République serait coupable. De là, la perte de confiance, le désamour, la montée des extrêmes et peut-être un jour, à nouveau, encore et encore, la haine de La Gueuse, la peste brune, noire ou… bleue

Définir le droit d’accès à la santé – Venons en donc à la proposition. La Constitution est claire : l’accès à la santé est un droit fondamental garantit par la Nation (tout entière) ; partant, le non-accès est une discrimination.
Ce que nous devons à nos concitoyens, par référence au préambule de la Constitution, ce ne sont pas des soins partout mais l’accès au juste soin, où il le faut, quand il le faut.

Il est temps de définir plus clairement ce droit d’accès à la santé et partant de caractériser les situations objectives de discrimination pour y porter remède : remède par l’établissement de normes partagées, acceptées, valables pour tous : normes d’accès, délais d’attente, dépassement d’honoraires ; remède par l’appréciation a priori de l’impact territorial de toutes les décisions prises par les politiques publiques comme nous l’avions recommandé à l’époque de la mise en place de la LOLF (1), remède, par la reconnaissance d’exceptions territoriales, de traitements correctifs inégalitaires pour rétablir le droit commun, remède par l’exercice d’une solidarité expliquée, justifiée et donc acceptée par une peuple républicain.

Mais pourquoi donc se limiter à la santé ? En tout premier lieu, parce que médecine et humanisme sont indissolublement liés et que l’on doit compter sur les hommes pour réussir un projet.
Plus pratiquement, parce que la santé est l’un des domaines les mieux administrés, soumis à un régime d’autorisations et donc très directement accessible aux politiques publiques de la Nation.
Et puis, encore, parce que la santé est l’un des domaines où la discrimination est la plus objectivable par les effets directs qu’elle induit sur l’individu, condition nécessaire à sa reconnaissance en droit.
Enfin aussi, parce que la santé constitue depuis la naissance de la médecine moderne aux lendemains des guerres napoléoniennes, un domaine irremplaçable d’innovation, d’emploi, d’activité, dans lequel la France continue d’exceller et que, par leur formation d’excellence, les métiers de la santé peuvent mettre en œuvre pour peu qu’on leur en donne les moyens et qu’on leur accorde une réelle confiance.

Ne pas confondre santé et soins – Certes, les inégalités de santé au sein de la population ne sont pas dues aux seules inégalités d’accès aux soins et ne dépendent pas de la seule médecine. Elles dépendent fortement de déterminants sociaux et aussi comportementaux. Il ne faut pas confondre santé et soins.

Si l’on veut réduire les inégalités de santé, il faudra déterminer une politique publique qui ne portera pas que sur la question des inégalités d’accès aux soins. Il faudrait faire entendre que la question de la santé mérite une politique publique qui ne se réduise pas à la seule organisation et au seul financement des activités médicales.

Mais pour autant, il faut commencer par ce qui peut être le plus rapidement réformé, parce que relevant des politiques publiques et qui permettra d’initier une réflexion plus large, qui serait une révolution. Commençons donc, avec la question de l’éducation et de la formation, par lutter hardiment contre la discrimination territoriale en santé.

Il n’est plus supportable qu’une vieille dame de Lozère ne bénéficie pas de la chirurgie de la cataracte comme celle d’une grande ville. Il n’est plus supportable que l’adolescent qui souffre, ne trouve pas, très vite, une consultation près de chez lui. Il n’est plus supportable qu’on ne puisse pas aller chez le dentiste par manque d’argent et qu’on préfère se faire arracher d’un coup toutes les dents, parce que cela est gratuit. Il n’est plus supportable que la mortalité varie du simple au double entre Port-Royal ou Luxembourg et Saint-Denis ou Le Blanc-Mesnil, soit quinze minutes de trajet sur le RER B.

Agir pour la santé de tous, pour la santé pour tous, faire tout ce que l’on peut pour que la médecine soit au chevet du malade, qu’elle ait le temps et les moyens de prévenir autant que de guérir, c’est cela, pour nous, aimer la République et c’est aussi la faire aimer, faire reculer ses ennemis et sans doute, les vaincre.

Thèmes abordés

Notes

Note 01 S. Haas et E. Vigneron. Evaluation et Territoires, Paris Datar/ la Documentation Française, 2008. Retour au texte

Réagir à cet article
Prochain Webinaire

Comment mettre la relation citoyen au cœur de la stratégie numérique du territoire ?

de Orange Business Services

--
jours
--
heures
--
minutes
marche online

Aujourd'hui sur les clubs experts gazette

Nos services

Prépa concours

CAP

Évènements

Gazette

Formations

Gazette

Commentaires

La Santé : un rempart face aux menaces contre le pacte républicain

Votre e-mail ne sera pas publié

Déjà inscrit(e) ?

Mot de passe oublié ?

Identifiant et/ou mot de passe non valides

Nous n’avons pas reconnu votre email, veuillez indiquer un email valide, utilisé lors de la création de votre compte.

Un message avec vos codes d'accès vous a été envoyé par mail.

Pas encore inscrit(e) ?

Inscrivez-vous pour accéder aux services de LaGazette.fr et à la gestion de vos Newsletters et Alertes.

M'inscrire gratuitement