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Patrimoine

Le SIAAP ouvre au public un chantier de fouilles archéologiques à Achères – Reportage

Publié le 21/06/2012 • Par Hélène Girard • dans : Régions

A Achères, les archéologues de l’Inrap exhument un site d’exercices militaires du XVIIème siècle sur le chantier du syndicat d’assainissement des eaux de l’agglomération parisienne. Il sera ouvert au public pendant les Journées nationales de l’archéologie, du 22 au 24 juin 2012.

Sur son site d’Achères (Yvelines), baptisé « Seine Aval », non loin de Saint-Germain-en-Laye, le Syndicat interdépartemental pour l’assainissement de l’agglomération parisienne (SIAAP), qui transporte et dépollue les eaux usées des 9 millions de Franciliens, construira en 2015 une usine flambant neuve, utilisant la technologie membranaire pour la décontamination. La mise en service est prévue pour 2016.
Mais, pour l’heure, les 800 hectares du chantier ne sont encore qu’une vaste étendue dénudée où s’affairent, par tous les temps, 35 archéologues de l’Inrap.

Pendant les Journées nationales de l’archéologie, le SIAAP (1) accueillera les visiteurs sur son chantier. Les promeneurs découvriront les vestiges du Fort Saint-Sébastien, mis au jour grâce aux fouilles d’ores et déjà effectuées sur 28 hectares.

Un site déjà connu et recensé par la carte archéologique, car documenté par des archives textuelles et iconographiques. « C’est un des plus grands chantiers sur lequel nous ayons jamais eu à intervenir», souligne Séverine Hurard, responsable scientifique des fouilles.
Le public apprendra que ce fort, édifié en 1669, a abrité pendant deux ans jusqu’à 30 000 soldats de Louis XIV qui s’entraînaient à l’art du siège (poliorcétique).
Ces soldats combattirent ensuite au côté du comte d’Artagnan pendant la guerre de Hollande (1672-1678) et remportèrent, en 1673, la ville de Maastricht en seulement une quinzaine de jours, au lieu des longs mois habituellement requis pour ce type d’opération militaire. En 1671, le site fut remis en culture par des nobles locaux.

Sur le site, les archéologues ont retrouvé les vestiges d’une fortification en terre, dotée de fossés, talus, palissades, bastions d’angle, et même un talus interne recouvert de maçonnerie de briques d’argile crue, destiné à absorber le choc des boulets de canon tirés lors des exercices. Sur les zones de campement, ils sont exhumé divers objets (céramiques, dés à jouer, pipes etc.) attestant de la vie quotidienne dans le camp.

Toutes ces informations sont recoupées avec d’abondants documents historiques repérés dans des services d’archives.
« Le mobilier archéologique nous renseigne beaucoup sur le mode de vie militaire de l’époque et sur la hiérarchisation sociale entre les différents occupants du camp », observe Séverine Hurard. De son côté, l’équipe d’historiens (2) a commencé à croiser ses sources avec les résultats des fouilles.

Coût des fouilles anticipé – Pour le SIAAP, le coût des fouilles est à l’aune de l’ampleur du site : 12 millions d’euros. Une dépense qui vient s’ajouter aux 700 millions d’euros que représente le projet d’aménagement. « Nous avions déjà appris à anticiper ce risque, relate Gérard Mary, directeur des grands travaux du SIAAP. Car, en 2005, des diagnostics pratiqués sur une autre partie de notre site Seine Aval avaient déjà révélé une implantation, en l’occurrence du néolithique. »

Le prix des fouilles couvre le décapage du terrain, les opérations de fouilles, l’exploitation des données, les analyses des prélèvements, l’élaboration du rapport final.

Autre contrainte pour l’aménageur : son chantier est figé pour de longs mois. « Afin qu’il puisse récupérer le terrain par zones successives, le SIAAP nous a demandé un phasage des fouilles, ce qui a été inscrit dans la convention signée avec l’Inrap », explique Pierre Vallat, directeur interrégional-adjoint de l’Inrap Centre-Ile-de-France. Nous lui rendons le terrain zone par zone. Nous ajustons notre travail au fur et à mesure, avec le souci de ne pas bloquer excessivement l’emprise. »

Début 2011, à l’issue des diagnostics, puis de la prescription de fouilles émise par le Service régional de l’archéologie (Direction régionale des affaires culturelles, Drac), le SIAAP a donc lancé un appel d’offres, comme le prévoit la loi du 1er août 2003, qui ouvre les fouilles à la concurrence.

« Cinq candidats se sont présentés sous forme d’équipes constituées d’un opérateur et d’un terrassier », explique Gérard Mary. La direction régionale des affaires culturelles [Drac], qui était notre co-maître d’ouvrage pour cet appel d’offres, avait précisé la qualification des historiens qui devaient compléter l’équipe d’archéologues. Quant à nous, nous avons été très stricts sur les délais, en fixant une date butoir pour la remise de chaque zone fouillée. Toutes ces conditions figuraient dans l’appel d’offres. Il fallait trouver le bon équilibre. Car plus les délais sont serrés, plus l’opérateur doit augmenter les moyens humains engagés simultanément sur le terrain, ce qui augmente le prix des fouilles. Nous avons eu recours à la procédure du marché à bons de commandes, qui permet de fixer des prix unitaires et d’engager les dépenses en fonction des besoins, en l’occurrence, pour les fouilles, nous payons tant d’intervenants sur le terrain avec tels matériels pour tant de mois. Ainsi, nous sommes assurés de maîtriser les coûts et les délais ».

Fin juillet, l’Inrap devrait avoir achevé de fouiller la première zone, celle que pourra visiter le public pendant les Journées nationales de l’archéologie et où sera construite la nouvelle usine de filtration membranaire. Suivront, en 2012-2013 des fouilles sur deux autres zones qui font partie du projet d’aménagement.

Du côté du service régional de l’archéologie (SRA) d’Ile-de-France, on songe déjà à la valorisation de la mise au jour du Fort Saint-Sébastien, avec, en perspective, 2015, année où sera célébré le 300ème anniversaire de la mort de Louis XIV. « La magie de ce site est d’être en prise directe sur l’histoire de France, s’enthousiasme Bertrand Triboulot, ingénieur d’études au SRA. Archéologie et histoire s’entremêlent et révèlent des choses qui ne sont pas bien connues et qui ne sont pas enseignées. »

Parole d’aménageur

« Comment pourrions-nous faire fi du passé ? »

Gérard Marty, directeur des grands travaux du Syndicat interdépartemental pour l’assainissement de l’agglomération parisienne (SIAAP)

A première vue, l’archéologie est la bête noire des aménageurs, et, plus globalement, de tout propriétaire qui fait des travaux affectant le sous-sol. Pour un syndicat comme le nôtre, cela représente un coût, certes absorbable, mais tout de même très important : 12 millions d’euros sur notre site d’Achères ! Mais nous devons accepter ce risque. Car, comment pourrions-nous faire fi du passé ? Nous considérons que cela fait partie des contraintes préliminaires d’un projet d’aménagement.
Au même titre que le débat public auquel nous avons été soumis, compte tenu de l’ampleur de notre projet, qui atteint 700 millions d’euros. Nous profitons de ces occasions pour communiquer sur nos activités.
L’Inrap nous a prévenus que dans trois ou quatre ans, nous serons conviés à venir chercher des caisses contenant une partie du mobilier archéologique trouvé sur notre site. Reste à savoir ce que nous en ferons. Les conserver, faire un musée ? Cela n’est pas notre vocation. Les donner à une collectivité proche du site ? Pourquoi pas. Nous devrons réfléchir le moment venu.

Parole de conservateur

« Les chantiers de fouilles permettent aux aménageurs de valoriser leurs activités »

Bruno Foucray, conservateur régional de l’archéologie à la Drac d’Ile-de-France

Le service régional de l’archéologie intervient pour les prescriptions et pour le contrôle scientifique des fouilles. Dans le cas du Fort Saint-Sébastien, nous avons imposé un travail conjoint entre archéologues et historiens.
Nous avons organisé des rencontres à la Drac, avec tous les partenaires, afin d’assurer la cohésion de l’ensemble de l’équipe.
Pour ce qui est des aménageurs, en général, je pense que lorsqu’ils connaissent les obligations législatives et réglementaires, ils les respectent et se soumettent donc aux contraintes de l’archéologie préventive. Légitimement, ils essaient aussi de profiter de l’occasion pour faire connaître leurs activités. C’est ce que fait le SIAAP : il communique sur son savoir-faire et ses missions, qui ne sont pas toujours faciles à valoriser.
Au final, les aménageurs, et nous, service public, nous travaillons tous pour nos concitoyens, sur des registres différents.

Notes

Note 01 Le SIAAP est un syndicat constitué de Paris et des trois départements de la petite couronne (Hauts-de-Seine, Seine-Saint-Denis, et Val-de-Marne). Il réunit aussi 180 communes de l’Essonne, du Val d’Oise, des Yvelines et de la Seine-et-Marne, liées au syndicat par convention. Il est administré par 33 conseillers généraux des 4 départements fondateurs. Le terrain du site Seine Aval appartient à la ville de Paris, qui le met gracieusement à disposition du syndicat. Retour au texte

Note 02 Equipe constituée de Pascale Mormiche, professeure à l’Université de Cergy-Pontoise, et de Jean-François Pernot, professeur au Collège de France, auxquels est associé le général Michel Hanotaux, féru d’histoire militaire et proche du Musée de l’Armée. Retour au texte

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