logo
Adresse de l'article https://www.lagazettedescommunes.com/118195/hotel-dieu-clermont-ferrand-en-appelle-a-la-ministre-de-la-sante-dans-son-duel-face-au-chu/

URBANISME
Hôtel-Dieu : Clermont-Ferrand en appelle à la ministre de la Santé dans son duel face au CHU
Pablo Aiquel | Régions | Publié le 15/06/2012 | Mis à jour le 18/06/2012

Deux ans après son déménagement, le CHU assure avoir trouvé un acheteur pour ses 5 hectares de terrains et bâtiments au cœur de Clermont-Ferrand, mais la ville répond qu’elle « ne laissera pas massacrer ce patrimoine » et en appelle à la ministre de la Santé, Marisol Touraine.

L’annonce a fait l’effet d’une bombe : le directeur du CHU de Clermont-Ferrand, Alain Meunier, a révélé le 13 juin 2012 au quotidien régional La Montagne [1] que l’offre d’un promoteur privé pour le rachat de la quasi-totalité de l’Hôtel-Dieu, pour 25 millions d’euros, avait été retenue en accord avec l’agence régionale de santé.

Même si « aucun acte ou promesse de vente n’a été signée », la réponse ne s’est pas fait attendre : « Je ne laisserai pas faire : il s’agît de 5 hectares en hyper-centre, il est hors de question d’accepter un projet qui n’offre aucune garantie financière, architecturale et environnementale », tonne l’adjoint à l’urbanisme et président du pays du Grand Clermont, Dominique Adenot, qui espère trouver une entente avec le CHU dans les prochaines semaines. En attendant, le maire de Clermont-Ferrand, Serge Godard, a sollicité audience auprès de la ministre chargé de la Santé, Marisol Touraine.

Cinq ans de réflexion – La ville de Clermont-Ferrand n’a pas appris hier que le site de l’Hôtel-Dieu allait être disponible. En 2007, le CHU a décidé de transférer les services de la polyclinique de ces bâtiments anciens au cœur de la ville, situés à quelques centaines de mètres de la place de Jaude, vers le CHU-Estaing. Le déménagement a eu lieu en 2010.

S’appuyant sur l’estimation des domaines – s’élevant à 30 millions d’euros -, le CHU comptait vendre l’ensemble de l’Hôtel-Dieu pour financer en partie ses nouvelles installations. « Nous avons travaillé sur plusieurs projets, dès 2007, notamment concernant une médiathèque universitaire ainsi qu’une médiathèque communautaire. Et nous discutons avec le CHU depuis toujours. Mais ils ne veulent rien entendre. Ils veulent un chèque de 30M€, c’est un prix fantaisiste », explique Dominique Adenot, qui récuse complètement les modes de calcul des domaines, « surévalués souvent de 20% à 30%. »

Clermont-Ferrand compte-t-elle exercer son droit de préemption ? « Nous n’avons aucun document de la part du vendeur. La ville ne dit jamais à l’avance ce qu’elle va faire tant qu’il n’y a pas de déclaration d’intention d’aliéner (DIA) ni de prix », souligne Dominique Adenot.

Un architecte de renom – La ville de Clermont-Ferrand avait organisé, en 2009, un concours public européen d’urbanisme réservé aux jeunes architectes [2] de moins de moins de 40 ans, pour commencer à imaginer ce que pouvait devenir l’Hôtel-Dieu. Désormais, c’est un architecte de renom que la ville veut à ses côtés.

Christian de Portzamparc (Cité de la Musique, Tour granite La Défense, etc.) participera au projet « pour assurer à l’ensemble de ce qui va se faire sur ces 5 hectares une grande cohérence architecturale, grâce à un architecte mondialement connu, qui apportera une qualité, une notoriété, dont Clermont-Ferrand a besoin », a annoncé Dominique Adenot, qui compte également sur l’EPF-SMAF, dont il est vice-président, pour porter le foncier.

Voilà des arguments qu’ils devraient évoquer avec la ministre de la Santé, Marisol Touraine, dont ils espèrent qu’en tant que ministre de tutelle des hôpitaux publics, elle saura « faire entendre raison » à la direction du CHU clermontois.