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SOCIAL
Plaidoyer de la Défenseure des enfants pour les adolescents en souffrance
La Rédaction | France | Publié le 20/11/2007

Dans son rapport 2007 remis le 20 novembre au président de la République, la Défenseure des enfants, Dominique Versini, lance un plaidoyer pour une « véritable prise en charge » des adolescents en souffrance, avec un effort accru pour détecter et prévenir les conduites à risque.

Ce rapport conforte celui de l’Observatoire national de l’action sociale décentralisée (Odas) qui soulignait, le 12 novembre, la part grandissante des adolescents en détresse. « Des dispositifs existent », mais ils sont insuffisants, affirme Dominique Versini. Les Maisons de l’adolescent (MDA) sont au nombre de 18 à ce jour, alors que l’objectif était, en 2004, d’une par département par exemple. A l’écoute des jeunes, le Fil santé jeunes est le seul numéro national gratuit, « mais il est payant à partir d’un portable », dit-elle, et les jeunes sont mal informés sur les lieux où ils peuvent être accueillis.
Le suivi médical pose problème. Les centres médico-psychologiques (CMP), voie d’entrée dans le secteur de la psychiatrie infanto-juvénile, ont des listes d’attente de trois mois à un an, comme en Seine-Saint-Denis. Seize départements manquent de lits d’hospitalisation à temps complet en pédopsychiatrie, à la suite de la fermeture « drastique » des lits décidée il y a vingt ans. On est passé, souligne le rapport, de 5.380 lits en 1986 à 1.604 en 2000. Les structures alternatives (hôpitaux de jour, internats scolaires, accueils familiaux thérapeutiques, etc.) qui devaient être créées pour compenser leur suppression « l’ont été de façon insuffisante ».
Globalement, les institutions médicales, psychiatriques et sociales sont débordées ou inadaptées. La Défenseure des enfants rappelle que 800 postes de psychiatres et 15.000 postes d’infirmiers sont non pourvus en psychiatrie publique, alors que les demandes de soins en pédopsychiatrie ont augmenté de 70% en quinze ans. Le rapport fait état d’un nombre insuffisant de médecins et infirmières scolaires ou d’assistantes sociales.
Pourtant, des initiatives intéressantes voient le jour, souligne Dominique Versini. Par exemple, les « équipes mobiles » à Rennes ou Lille,indique-t-elle.

Le rapport présente 25 recommandations, notamment la mise en place d’un plan national pour résoudre la crise des centres médico-psychologiques et la pénurie des lits d’hospitalisation, la création dans chaque département de « relais » pour l’après-hospitalisation, l’augmentation du nombre de psychiatres mis au concours de l’internat. Etendre l’accessibilité du Fil santé jeunes (0800.235.236), créer un portail grand public pour les jeunes et les parents, multiplier les « équipes mobiles », devraient permettre d’améliorer la prévention. Enfin, elle préconise une meilleure formation des professionnels concernés, sur la psychologie des adolescents. La prévention et la lutte contre la consommation précoce d’alcool et la banalisation du cannabis font l’objet aussi de recommandations (interdiction du sponsoring des soirées festives de jeunes par les alcooliers notamment).

Pour en savoir plus
Consultez le site de la Défenseure des enfants [1]