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TRANSPORTS
La « mobilité » du futur bientôt dévoilée
Claudine Farrugia-Tayar | A la une | Actu prévention sécurité | Actualité Club Techni.Cités | France | Publié le 13/04/2012 | Mis à jour le 18/04/2014

Yves Krattinger, président de l’IDRRIM (Institut des routes, des rues et des infrastructures pour la mobilité) et de la commission Aménagement du territoire et transports à l’ADF (Assemblée des départements de France), a dévoilé mercredi 11 avril 2012 les premiers résultats d’une enquête prospective menée à l’horizon 2050.

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Le développement urbain devra se faire autour des pôles de services, à proximité des transports en commun dédiés.

Supervisée par le directeur général de l’IDRRIM, Marc Tassone, cette réflexion doit contribuer à fixer les orientations stratégiques des associations d’ingénieurs territoriaux (AITF, ADSTD) et du réseau scientifique (Certu, IFSTTAR, USIRF …).

Il s’agit d’anticiper les nouvelles attentes des usagers en termes de besoin de mobilité, de sécurité, de services et d’information. L’objectif est aussi de cerner les évolutions liées aux contraintes énergétiques, aux économies de ressources non renouvelables, et aux changements climatiques.
Et surtout d’avoir une veille sur les sauts technologiques (voiture électrique, conduite automatique) de manière à préfigurer la route « de 5e génération ».

Gouvernance – « La première exigence est la mise en cohérence des schémas de gouvernance et des enjeux de consistance territoriale », estime Yves Krattinger.
« Le Grand Paris est-il une nécessité ou un mirage ? » s’interroge-t-il aussi, au vu des premières conclusions de l’enquête, indiquant que « la demande de mobilité va considérablement ralentir dans les années qui viennent… »

La ville du futur – L’enquête a pris pour point de départ la théorie de la ville compacte, développée dans l’analyse de Newman et Kenworthy en 1989. Trois grandes tendances semblent se dessiner :

  1. la nécessité de prendre en compte l’accessibilité des personnes dépendantes, dans l’espace urbain ;
  2. l’augmentation du prix de l’énergie,
  3. le ralentissement de la croissance.

Territoires ruraux – Il faudra favoriser le développement urbain autour des pôles de services, à proximité des transports en commun dédiés : transport à la demande, scolaire et navettes mises en place par les entreprises.

TIC – « Les TIC vont transformer le rapport au travail », met en garde Yves Krattinger, qui préconise d’optimiser les infrastructures existantes – routes, lignes RER –, et de favoriser le développement du transport fluvial et des hubs portuaires.
Dans l’aérien, il faudra traiter en priorité les goulets d’étranglements des plates-formes aéroportuaires de Nice et Paris.

Mutualisation des moyens – Reste que l’organisation de la mobilité pourrait aussi considérablement évoluer à l’avenir : un système de coopératives pourrait se mettre en place, avec une mutualisation des compétences techniques.

Telle est la vision des ingénieurs territoriaux, très préoccupés par la raréfaction des ressources, tant financières qu’énergétiques…
« Il faudra aussi augmenter les exigences de gouvernance et de transversalité dans l’action publique », conclut Yves Krattinger.

L’IDRRIM rendra publics tous les résultats de l’enquête courant avril. Quant au concept « route de la 5e génération », il sera présenté lors du prochain Club technique Gazette-TechniCités qui aura lieu à Lille, le 30 mai prochain, dans le cadre des Assises nationales de l’ingénierie territoriale.