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ENVIRONNEMENT
Parc naturel marin du bassin d’Arcachon : le « oui, mais » du département
Karine Ménégo | Régions | Publié le 16/02/2012

Le conseil général de la Gironde a donné vendredi 10 février 2012 un avis favorable à la création d'un parc naturel marin sur l'aire du bassin d'Arcachon, mais il demande à la préfecture un conseil de gestion plus ouvert.

Cette question de l’équilibre du conseil de gestion entre représentants de l’Etat, des collectivités et de la société civile aura presque monopolisé le débat publique relatif à l’intérêt de la création d’un tel outil de gestion concertée de ces quelques 420 km2 d’espaces naturels sensibles.
Depuis la première réunion du comité de concertation, le 11 juin 2010, le conseil de gestion, qui définira pour 6 ans le plan d’actions du parc naturel marin (PNM), a changé deux fois de composition… sans parvenir au consensus recherché par les services de l’Etat.

Le projet initial, conçu par le prédécesseur du préfet Stefanini, prévoyait 12 sièges pour les collectivités territoriales, sur un total de 47. La composition proposée à l’enquête publique close vendredi 10 février 2012 élargit le conseil de gestion à 60 membres et donne 25 de ces voix aux collectivités concernées.
Si l’on ajoute les 6 voix accordées aux services de l’Etat, le monde politique à la majorité absolue, donc les commandes du PNM.
Ce que dénonce, notamment, la fédération d’associations écologistes, la SEPANSO 33.

Or, le 10 février, à l’issue d’une commission permanente, le conseil général de la Gironde annonce donner un avis favorable au préfet en vue de la création de ce PNM, mais demande également « une modification de la configuration des représentations au conseil de gestion, de manière plus cohérente et équitable entre les institutions et les partenaires socioéconomiques ».

Le département de la Gironde préconise de revenir à un conseil de gestion plus modeste, 49 voix contre les 60 proposées, qui donne plus de pouvoir aux professionnels et aux usagers de la mer ainsi qu’aux personnalités qualifiées.

Les différentes propositions de composition pour le conseil de gestion

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Des engagements pas reniés – En 2010, « mon prédécesseur s’était heurté à une très forte opposition des élus. Pour la contourner, il avait proposé que la représentation Etat et collectivités territoriales soit au moins de la moitié des sièges. Je n’ai pas renié ses engagements », explique le préfet, Patrick Stefanini.
« Aucun des collèges n’a la majorité ; et la gouvernance Etat – élus locaux n’est pas un bloc unique : il n’est pas évident que les élus soient toujours sur la même longueur d’ondes ».

Des associations écologistes et de plaisanciers estiment que cette inflation du conseil de gestion est une façon pour les élus réticents au projet de parc marin d’empêcher ce dernier de bien assurer ses missions de préservation des biodiversités et de développement économique du bassin d’Arcachon.

Un décret avant les échéances électorales ? La préfet Stefanini estime que le décret de création du PNM peut être pris « avant les prochaines élections » par le ministère de l’Ecologie (MEDAD), « s’il le souhaite ».