Le maire de Paris Bertrand Delanoë affirme dans une tribune au Monde édité le 1er décembre 2008 que le Service minimum d'accueil (SMA) des enfants en cas de grève dans les écoles est "dangereux" pour la sécurité des élèves. "A l'épreuve des faits, l'accueil des élèves s'est avéré insatisfaisant et même dangereux", écrit Bertrand Delanoë, en réponse au président Nicolas Sarkozy qui avait distingué le 27 novembre 2008, lors du congrès des maires de France (AMF), le maire "de bonne foi" qui n'arrive pas à appliquer le SMA de celui pour qui l'opposition à la loi est "un acte militant". Pour Bertrand Delanoë, qui demande au président "un minimum de bonne foi", "le constat (de cette dangerosité) s'est imposé de façon plus implacable encore à la veille du fort mouvement de grève du 20 novembre" dans l'éducation nationale. "Aucune ville, même dirigée par l'UMP", n'est parvenue à organiser le SMA à cette occasion, affirme-t-il, "sauf a minima, pour sauver les apparences, en ouvrant un petit nombre d'écoles pour un nombre très réduit d'enfants". "Laisser croire qu'il suffirait, dans les grandes villes, de faire appel à n'importe quel adulte volontaire ou à des parents d'élèves pour prendre en charge quinze enfants pendant une journée entière relève de la démagogie ou de l'irresponsabilité", poursuit-il. C'est pourquoi, ajoute-t-il, "à l'instar de tant d'autres élus, quelle que soit la dimension de leur collectivité, j'ai refusé de faire courir le moindre risque aux enfants".
Bertrand Delanoë estime par ailleurs que Nicolas Sarkozy comme son ministre de l'Education Xavier Darcos "se dispensent d'offrir une réponse opérationnelle à la seule question qui vaille : la sécurité des élèves, qu'ils soient parisiens ou d'une commune rurale". Le maire de Paris demande à l'Etat de prendre "enfin ses responsabilités", "en assumant un dialogue exigeant avec les élus", sans estimer que "leurs réserves traduisent un état d'esprit obtus". Nicolas Sarkozy avait directement visé Bertrand Delanoë lors du congrès de l'AMF, lançant : "On ne peut pas demander la même obligation de service à un maire d'une commune rurale et au maire de la capitale de la France ou d'une grande ville de un ou deux millions d'habitants". "Je comprends parfaitement le sentiment d'injustice que peut avoir un maire traîné devant le tribunal administratif par son préfet parce qu'il a peu de moyens, qu'il a fait son possible et qu'il n'y est pas arrivé. Je suis tout à fait prêt à revoir ça", avait-il promis. Mais "ce que je n'accepte pas -et je le dis aux élus de gauche comme de droite- c'est qu'un élu de la République dise qu'il n'appliquera pas la loi de la République. Personne n'est au-dessus des lois", avait-il insisté.
Avec l’AFP
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