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Sécurité - 15/04/2008
Projet de logiciel de police : le syndicat de police Synergie n’est pas choqué

Synergie (second syndicat d'officiers de police) a indiqué le 15 avril "ne pas être choqué" par la mise en oeuvre d'un nouveau logiciel police/gendarmerie, baptisé Ardoise, qui suscite des critiques d'associations le jugeant discriminatoire.
"Le but n'est pas de créer un fichier discriminatoire mais de mieux cibler victimes et auteurs par type d'infraction", a indiqué Christophe Gesset, l'un des responsables du syndicat.
"Il n'y a pas de quoi être choqué", a-t-il ajouté, "c'est un outil testé actuellement dans les services (de police et de gendarmerie) qui entend être plus rapide, plus synthétique et mieux ciblé".
Ardoise doit remplacer à terme l'actuel logiciel de rédaction de procédure (LRP) et doit être commun aux forces de police et de gendarmerie, selon lui.
L'existence de ce fichier a été révélée par l'hebdomadaire Marianne le 12 avril qui en publie un fac-similé.
Ce logiciel, selon ses concepteurs, est réputé "unifier" le traitement des infractions. Il met en évidence un certains nombre de données et de profils, classés par rubriques, "afin de cerner" la victime ou le présumé auteur des faits classés par rubriques.
Les rubriques sont par exemple "mineur en fugue", "sans domicile fixe", "personne âgée", "permanent syndical", "homosexuel" ou "transsexuel".
Le Collectif contre l'homophobie a saisi le 14 avril la Haute autorité de lutte contre les discriminations (Halde) et la Commission nationale de l'informatique et des libertés (Cnil) afin de s'opposer à la mise en oeuvre par le ministère de l'Intérieur d'un logiciel qu'il juge litigieux.
Le Collectif se montre "particulièrement inquiet" face "au risque de constitution de fichiers catégoriels que ce logiciel pourrait permettre". "Nous n'accepterons pas que (la ministre de l'Intérieur) Michèle Alliot-Marie autorise l'utilisation de ce logiciel car il peut donner lieu à des dérives de sinistre mémoire", dit le collectif.

Avec l’AFP