Lagazette.fr

Publicité

ENVIRONNEMENT

FNE fait souffler un brin d’écologie sur la campagne présidentielle

Le collectif d'associations France Nature Environnement a insufflé un peu d'environnement dans la présidentielle à l'occasion de son 36e Congrès où sept candidats sont venus présenter leurs visions et leurs propositions.

Quinze minutes pour chacun, chrono affiché sur écran géant derrière la scène : les candidats ont défilé devant les 2 000 militants de la plus importante fédération écologiste de France (3.000 associations) pour parler nucléaire, agriculture, biodiversité et économies d’énergie dans un exercice s’inspirant du « Pacte écologique » de Nicolas Hulot en 2007.

« Dialogue environnemental » - L’occasion notamment pour François Hollande de décliner une quasi-profession de foi « verte » deux jours après avoir présenté ses « 60 engagements pour la France ». Le candidat PS s’est engagé à « ouvrir une conférence environnementale » s’il était élu pour permettre « un dialogue environnemental au même niveau que le dialogue social ».

Il a annoncé une « loi de programmation de transition énergétique » et rappelé son engagement à réduire de 75% à 50% la part du nucléaire dans la production électrique et la fermeture de la centrale de Fessenheim « dans le quinquennat ».

Avant lui étaient intervenus François Bayrou (MoDem), Eva Joly (EELV), Corinne Lepage (Cap21), Jean-Luc Mélenchon (Front de gauche), Hervé Morin (NC) et Dominique de Villepin (République solidaire).

Le thème récurrent du nucléaire - La question du nucléaire, en débat depuis l’accident de Fukushima, a été le thème récurrent des interventions, Eva Joly et Corinne Lepage évoquant la sortie de l’atome. MM. Mélenchon, Morin et Villepin ont défendu l’idée d’un référendum sur l’énergie alors que M. Bayrou a qualifié le nucléaire d’ »énergie de transition ».

Indépendance politique - Avec des applaudissements nourris, notamment pour la candidate écologiste, les militants ont respecté les consignes du président de FNE qui les avait appelés à ne pas se montrer « irrespectueux vis-à-vis des différents intervenants ». « France Nature Environnement compte dans ses rangs des militants qui votent de manière diverse et nous tenons fermement à notre indépendance vis-à-vis des partis politiques », avait souligné le président Bruno Genty.

Pas question de « noter » les candidats pour FNE, mais les réponses seront « relayées » auprès des membres des associations affiliées à la fédération, soit quelque 850.000 électeurs, en vue de la présidentielle et des législatives. FNE avait soumis aux candidats une série de propositions (l’ »Appel des 3.000″) sur lesquelles les candidats étaient appelés à se positionner.

Une absence de marque - L’UMP, faute de candidat déclaré, n’a pas participé à ce « grand oral ». Mais la ministre de l’Ecologie, Nathalie Kosciusko-Morizet, de passage à la mi-journée pour inaugurer le « village » des associations, en a profité pour vanter le bilan « solide » de Nicolas Sarkozy, probable candidat de l’UMP. « Avec le Grenelle de l’environnement, il est probablement le président de la Ve République qui a le bilan le plus solide en matière d’environnement », a-t-elle déclaré.

« On trouvera l’occasion pour que le président de FNE puisse échanger avec notre candidat », a-t-elle ajouté au cours d’une visite où elle s’est vu offrir une pomme bio, mais aussi un paquet d’algues vertes de Bretagne, un sac sur lequel était brodé « Non au gaz de schiste » et des tracts contre l’aéroport de Notre-Dame des landes, près de Nantes.

Présidentielle : les principales propositions de FNE

FNE a soumis aux candidats à la présidentielle une série de propositions « pour réussir la transition écologique » notamment en « rénovant le dialogue environnemental » et en « investissant sans creuser la dette ». Sept candidats à la présidentielle étaient invités à dire lesquelles de ces propositions ils seraient prêts à intégrer dans leur programme.

Cet « appel des 3.000 pour un contrat environnemental » de FNE (fédération de 3.000 associations) identifie notamment trois « chantiers prioritaires »: agriculture, arrêt du « gaspillage du patrimoine naturel » et lutte contre « la précarité énergétique ». En voici les principales mesures proposées:

  • Nucléaire : diminution de la production d’électricité d’origine nucléaire pour une « sortie effective de ce mode d’énergie entre 2030 et 2035″. Arrêt des travaux de l’EPR de Flamanville et fermeture « progressive » de centrales, dont Fessenheim, Blaye ou Saint-Laurent-des-Eaux.
  • Economies d’énergie : amplifier la rénovation énergétique des bâtiments et réduire la consommation de carburants, les émissions de CO2 et la pollution de l’air en « abaissant les vitesses autorisées sur les autoroutes et en zones urbaines » ainsi que les « éclairages inutiles ».
  • Agriculture : convertir 20% de la surface agricole en agriculture biologique d’ici 2020, interdire les OGM, mettre en place un étiquetage « sans OGM » et supprimer les incitations financières au développement des agrocarburants.
  • Fiscalité: création d’une taxe dissuasive sur les activités très polluantes et d’une contribution climat-énergie (ou « taxe carbone »).
  • Gouvernement : un ministre d’Etat, numéro 2 du gouvernement, et « une feuille de route de la transition écologique » pour chaque ministre afin que chacun intègre les enjeux environnementaux.
  • Démocratie : améliorer l’éducation, la concertation et la participation des citoyens aux décisions concernant l’environnement.
  • Infrastructures : abandonner les « deux projets inutiles et absurdes » d’une piste longue à l’aéroport de Mayotte et de l’aéroport de Notre-Dames-des-Landes, près de Nantes. Globalement, FNE préconise un objectif de « zéro artificialisation nette (NDLR: constructions nouvelles empiétant sur la nature) du territoire en 2025″ pour « stopper le gaspillage des ressources naturelles ».
Publicité

Liens sponsorisés

Tous les fournisseurs

Approfondir le sujet

Haut de page

Article précédent (4/6) Les transports publics vus par cinq candidats à la présidence Article suivant (6/6) Bilan du Grenelle de l’environnement : encore du chemin à parcourir pour le «new deal écologique»

Qu’en pensez vous ? Réagissez à cet article !

Du plus récent / Du plus ancien
  1. Kouto

    31/01/2012, 16h00

    Je remarque qu'il manque beaucoup de candidats.
    Christine Boutin par exemple est représentante du sensibilité politique et elle n'est même pas présente pour répondre à vos questions et donner son point de vue avec l'ensemble des autres candidats.

    Le FNE sélectionne les candidats comme bon lui semble, ce n'est pas vraiment un débat que l'on peut qualifier de démocratique.
    Une imposture pour une organisation comme se déclare le FNE ...

    1. Ajouter un commentaire

        votre e-mail ne sera pas visible