PRÉVENTION DES RISQUES
La France a besoin "de se forger une culture du risque", a affirmé la ministre de l'Ecologie, Nathalie Kosciusko-Morizet, jeudi 19 janvier 2012 à Bordeaux, lors des premières assises nationales sur les risques naturels.
« La France est plutôt bonne » sur la gestion des risques, « on a des bons dispositifs mais savoir que ça peut arriver et savoir comment on réagit quand ça arrive, on peut être meilleurs là-dessus », a fait valoir la ministre pour conforter l’organisation de ces assises nationales tous les deux ans. « Partager l’info, les expériences, une culture du risque, c’est l’objectif de ces assises », a-t-elle dit devant un parterre d’élus, de scientifiques, de représentants associatifs qui, durant deux jours, débattront sur les risques naturels tels les inondations ou les tremblements de terre.
Savoir être réactifs - « Il faut que nous forgions cette culture du risque qui est une mémoire de ce qui s’est passé et une façon de savoir être réactifs », a-t-elle martelé, rappelant les catastrophes comme la tempête Xynthia en 2009 sur la façade Atlantique ou les incendies de forêt à la Réunion.
« Sur Xynthia on s’est rendu compte qu’il y avait un risque submersion pas assez pris en compte en France », a-t-elle développé, citant l’alerte submersion mise en place en octobre et déjà activée à trois reprises, notamment lors de la tempête Joachim de décembre en Bretagne.
Risques littoraux - La ministre a annoncé l’élaboration en cours de plans de prévention des risques littoraux, précisant que « 303 communes en France ont été présentées comme prioritaires ». Reconnaissant que ces plans « entraînent un certain nombre d’interdictions de constructions, de modifications des règles d’urbanisme qui ne sont pas faciles à faire accepter », elle a martelé qu’ »il faut être cohérent ».
« On ne peut pas d’un côté dire qu’avec le changement climatique, le niveau de la mer va s’élever de peut-être un mètre jusqu’à la fin du siècle, et, de l’autre, ne rien changer aux plans locaux d’urbanisme, faire comme si de rien n’était alors que l’on construit pour un siècle ».
Le rôle des maires - « Les premiers acteurs de la gestion du risque » sont les maires, a-t-elle dit, reconnaissant que « ce n’est pas simple pour un élu qui doit développer son territoire avec une demande forte de logements et d’équipements publics ». « Des assises comme celles-là permettront de l’aider à ne pas être seul (…) face à une pression des aménageurs, de la population pour avoir une bonne politique de gestion du risque ».
« Le cumul des risques, c’est quelque chose sur lequel nous devons agir », a poursuivi la ministre, citant l’exemple de Fukushima où une catastrophe naturelle a entraîné une catastrophe nucléaire par « effet domino ».