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Devoir de réserve et internet : Et du côté des entreprises du secteur privé ?

Publié le 05/12/2011 • Mis à jour le 05/01/2012 • Par Gaëlle Ginibrière • dans : Dossiers Emploi

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Laetitia Puyfaucher, présidente de l’agence en stratégie éditoriale Word Appeal, invite les entreprises à s’appuyer sur leurs salariés pour accroître leur notoriété sur le net. Elle est coauteure, avec Ludovic Boursin, de « Le média humain. Dangers et opportunités des réseaux sociaux pour l’entreprise », éditions Eyrolles, juin 2011.

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Cet article fait partie du dossier

Déontologie des fonctionnaires : des obligations en évolution

 

Quand on pense réseaux sociaux et entreprises privées, ce sont plutôt des cas de licenciement pour dénigrement de la société ou de recruteurs qui traquent des informations sur des candidats qui viennent à l’esprit…

Cette perception est erronée. Les licenciements à la suite de propos tenus sur Facebook ou sur un blog existent, il y en a eu au sein du groupe Accor ou de Michelin, mais ils sont très rares au regard du nombre de salariés de ces entreprises et de la masse des utilisateurs des réseaux sociaux. En revanche, ils ont connu un traitement médiatique retentissant. Pourquoi ? Parce que les réseaux sociaux sont dans une phase « adolescente » et que, pour l’instant, les utilisateurs y recourent pour se démarquer de leur entreprise. Ces licenciements, regrettables pour les personnes, ont une valeur exemplaire pour tous les salariés. Mais ceux-ci sont souvent les premiers fans de leur entreprise sur Facebook.

D’où votre idée d’appuyer la communication des sociétés sur les salariés…

C’est une formidable opportunité pour les entreprises de créer le média humain, c’est-à-dire de faire parler d’elles sur les réseaux sociaux par l’intermédiaire de leurs collaborateurs.

Les salariés ne risquent-ils pas d’être mis sous surveillance ?

La plupart du temps, les informations publiées par les collaborateurs des sociétés qui font appel à mon agence ne correspondent pas à ce que celles-ci ont défini en matière de communication. Sans mettre à mal l’image de celle-ci, certains propos peuvent la ternir. Schématiquement, 50 % des tweets sont cohérents par rapport à ce que la marque veut dire, les autres ne le sont pas. Je n’ai pourtant jamais vu les responsables hiérarchiques concernés s’emparer de ces écarts de langage pour en sanctionner les auteurs. D’ailleurs, en étant à l’écoute de leurs collaborateurs, les entreprises peuvent avoir une vue plus juste de ce qui se passe.

Que préconisez-vous pour faire face aux dérapages ?

Il s’agit de sensibiliser les salariés aux enjeux de ces pratiques par le biais de formations et de cycles de conférences, et d’émettre des règlements internes ou des chartes de bonne conduite. Les collaborateurs doivent être libres de jouer ce rôle de média humain ou pas. Dans ma société, par exemple, j’ai indiqué à mes collaborateurs qu’ils étaient les bienvenus pour animer les tweets de l’agence. Je les suis sur ce réseau quand ils « tweettent ». En revanche, s’ils en transmettent pendant le travail et depuis l’entreprise, je leur demande de mentionner qu’ils font partie de l’agence. Toutefois, il n’y a aucune obligation. Il ne s’agit pas d’encadrer, mais de poser des règles de bonne conduite.

Cette démarche serait-elle envisageable dans les collectivités ?

De plus en plus de maires sont sur Twitter. J’ai l’impression que, progressivement, tous les secteurs vont être concernés.

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