EMPRUNTS TOXIQUES
La ville d'Asnières-sur-Seine (Hauts-de-Seine), qui a contracté des emprunts toxiques, a annoncé mercredi 14 décembre 2011 qu'elle allait porter plainte au pénal contre Dexia Crédit Local pour "publicité trompeuse" et "pratique commerciale trompeuse".
« Aucune proposition de la banque Dexia ne permet aujourd’hui d’envisager une sortie positive à un coût raisonnable de la spirale de ces produits hautement spéculatifs, dont les taux d’intérêt peuvent s’envoler au grè des variations des marchés des changes et des bourses mondiales », a expliqué la ville.
Dexia, qui détient 87 % de la dette de la commune qui s’élève à près de 17 millions d’euros (dont 78,92 % de produits toxiques), a fait signer à la ville « des montages très hasardeux basés sur les écarts entre le taux de change du yen et du dollar ou sur le taux des emprunts obligataires des collectivités locales américaines », ajoute-t-elle. Le conseil municipal d’Asnières doit donner jeudi 15 décembre 2011 l’autorisation au maire d’engager au nom de la ville ces actions judiciaires.
Le maire PS d’Asnières-sur-Seine, Sébastien Pietrasanta, estime que les « Asniérois ne doivent pas être les victimes d’une banque dont les spéculations hasardeuses ont conduit déjà l’Etat, à deux reprises, à intervenir pour éviter sa faillite ». Il « appelle tous les élus à faire de même afin que les dirigeants de cette banque acceptent enfin de reconnaître leur responsabilité dans la crise financière des collectivités locales qui pourraient se traduire dans les années à venir par des baisses substantielles des investissements ».
Une commune des Yvelines, Rosny-sur-Seine, qui avait elle aussi contracté des emprunts bancaires toxiques, avait été la première à déposer plainte au pénal contre Dexia Crédit local, fin septembre à Versailles, pour « escroquerie en bande organisée » et « tromperie ». La commission d’enquête de l’Assemblée sur les emprunts toxiques doit présenter jeudi 15 décembre son rapport.