SÉCURITÉ
Les bars de nuit et discothèques de Strasbourg qui ont signé la "Charte de la nuit" avec la mairie proposent depuis dix-huit mois des éthylotests à leurs clients, une mesure devenue obligatoire partout en France le jeudi 1 décembre, mais qui n'a rencontré qu'un succès limité en Alsace.
“Dans le cadre de la Charte de la nuit, on propose depuis déjà plusieurs mois des éthylotests, mais aussi des préservatifs gratuits aux clients qui le demandent”, se félicite Rachid Siaaliti, patron d’un bar de nuit à Strasbourg. Dans son établissement les éthylotests sont en évidence près de la sortie. “J’ai déjà vu quelques personnes que cela a freinées, mais elles restent une minorité”, note M. Siaaliti. “Je ne vous cache pas que beaucoup de gens jouent avec ou, comme c’est gratuit, en prennent pour les mettre dans leur voiture”, ajoute Rachid Siaaliti, dont l’établissement accueille environ 250 personnes les soirs de fin de semaine.
Distribution à la demande - Jacques Chomentowski, autre propriétaire de bar de nuit et président des débitants de boisson de Strasbourg, est également satisfait de la Charte, signée par une soixantaine d’établissements. Mais il est lui aussi dubitatif sur l’utilisation des éthylotests par ses clients. “Chez moi les éthylotests ne sont pas visibles, on ne veut pas que cela devienne un jeu. Mais de grandes affiches précisent qu’on peut en demander”, explique-t-il.
Pas de pouvoir de police - “Sur 250 clients dans une soirée, seulement cinq ou dix prennent des éthylotests, regrette-t-il. La loi ne change pas grand-chose, c’est une bonne mesure mais le plus important c’est que les gens se responsabilisent”. M. Chomentowski souligne aussi que les débitants de boisson n’ont “aucun pouvoir de police” : si les clients veulent prendre le volant alors même qu’ils sont alcoolisés, les propriétaires de bars ne peuvent rien faire.
A la mairie, la conseillère municipale Elisabeth Ramel, chargée de la charte pour la qualité de la vie nocturne, se félicite du “très bon accueil” réservé par les clients et les exploitants à la mesure, et assure que 10.000 éthylotests ont été distribués en un an.
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