SÉCURITÉ
La ville de Nice étend la vidéo-verbalisation pour lutter contre le stationnement anarchique en double file, de nouvelles caméras visant aussi à étoffer un vaste dispositif de surveillance policière qui laisse dubitatif le procureur de la République, Eric de Montgolfier.
Ainsi cinq nouvelles rues dans le centre et dans le quartier du port – identifiées comme étant des points d’embouteillages récurrents car systématiquement encombrées de voitures garées en double file – seront équipées de caméras vidéo le 1er décembre, a annoncé mercredi 30 novembre 2011 la mairie. Pour ne pas brusquer les contrevenants, adeptes d’une solide tradition niçoise, seuls des PV virtuels seront envoyés en décembre, entrée en matière avant le début d’une verbalisation effective à partir du 2 janvier.
15 zones de vidéo-verbalisation - « Il ne s’agit pas de verbaliser mais d’abord de changer les comportements en prévenant mieux les automobilistes », expliquent les services du député-maire de la ville Christian Estrosi, qui entend améliorer la sécurité routière et le trafic tout en réduisant la pollution. Entre la phase préventive d’un mois et le début des hostilités, le nombre d’infractions chute généralement de 3 à 1, précise la mairie. La ville comptera désormais 15 zones de vidéo-verbalisation, mises en place progressivement depuis novembre 2010. L’objectif est d’en activer un total de 25 d’ici fin 2013.
Des caméras à double emploi - Ces caméras dissuasives ont un double emploi puisque les images archivées peuvent aussi servir à des enquêtes policières en cas de délits ou crimes sur la voie publique. Elle s’inscrivent donc dans un dispositif totalisant désormais 624 caméras de sécurité déployées à travers la ville de 345.000 habitants et qui lui confèrent le titre de commune la mieux équipée de France par habitant. Christian Estrosi a récemment annoncé l’extension du dispositif à 744 caméras pour la mi-2012.
Pour autant, le procureur de la République à Nice, Eric de Montgolfier, se montre dubitatif sur leur utilisation par la justice ou leurs vertus préventives. « Je ne suis pas convaincu que ça soit efficace. Ca mériterait d’être mesuré, peut-être pendant une période de trois ans », commente M. de Montgolfier. « C’est une marche forcée, un vrai concours! », critique le procureur qui « préférerait avoir des hommes et des femmes sur la voie publique ».