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Culture

Forum d’Avignon : Kurt Salmon propose un nouveau cadre de partenariat entre pouvoirs publics et acteurs privés

Publié le • Mis à jour le • Par • dans : France

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A l’ouverture de la quatrième édition du Forum d’Avignon, le 17 novembre, le cabinet conseil international Kurt Salmon s’est livré à un plaidoyer pour l’investissement dans la culture. Il a présenté une étude qui préconise, entre autres, la généralisation de la notion « d’empreinte culturelle ».

 

Tout en constatant que « la crise financière n’épargne pas la culture », les analystes du cabinet Kurt Salmon prennent à rebours l’inquiétude qui règne parmi les porteurs de projets en affirmant : «Notre conviction est qu’au contraire, c’est le moment d’investir. La culture et les industries culturelles et créatives restent des secteurs porteurs et à fort potentiel : vecteurs à la fois de développement d’activités, d’innovations, de nouvelles compétences, de rayonnement, d’amélioration du cadre de vie, et d’un « mieux vivre » ensemble. »
Leur optimisme se base sur une étude (1) présentée à l’ouverture du Forum d’Avignon (2). Nourri de retours sur expérience et de 45 entretiens réalisés en 2009 et 2010, avec des porteurs de projets européens (dont, pour la France, ceux du Festival d’Aix-en-Provence, de Lille capitale européenne de la culture, du centre Pompidou-Metz, du Grand Versailles Numérique…), ce travail s’attache à démontrer que les initiatives culturelles sont porteuses de retombées économiques, directes et indirectes, mais aussi sociales et d’image.

Gouvernance adaptée -  Les auteurs plaident pour qu’acteurs publics et privés fassent cause commune sur la base d’une gouvernance adaptée aux spécificités de ce secteur. En premier lieu, ils estiment que « la gouvernance doit être exemplaire », et basée sur une méthode commune pour définir les objectifs du projet.
« Le rapport d’évaluation des capitales européennes de la culture a démontré que le fait de se mettre d’accord sur des objectifs constituait un élément fondamental dans le processus de montage de l’événement. En effet, la plupart des villes candidates poursuivaient de nombreux objectifs : développer l’image internationale de la ville et de sa région, mettre en place un programme d’activités culturelles et d’événements artistiques, attirer des visiteurs, renforcer la cohésion sociale… Pour faire aboutir le projet, il importait de parvenir à un consensus sur ces différents objectifs, valables pour chacun des partenaires. »

Les difficultés liées à la durée d’un projet culturel - Cette gouvernance doit aussi permettre de surmonter les difficultés liées au « temps long » qui caractérise l’initiative culturelle et peut être source d’incompréhension pour les contributeurs financiers. Car entre la décision, puis l’investissement initial, et la perception de leurs impacts, s’écoulent parfois jusqu’à une dizaine d’années. « Les retombées ne seront mesurables qu’à moyen ou long terme. En particulier s’il s’agit d’un projet fortement innovant, qui peut mettre du temps à susciter l’adhésion des publics. »

Pour les auteurs, « prendre en compte cette dimension dès le départ est essentiel pour aborder la question de la pérennité, et prévoir comment les ressources et l’organisation devront évoluer dans le futur ; il s’inscrit dans un programme de développement de plus grande envergure et de plus longue durée. »

Evaluation des retombées - Autre source de difficultés à prendre en compte dans la gouvernance du projet, l’épineuse question de l’évaluation : « évaluer les retombées d’un projet culturel reste difficile car il s’inscrit toujours dans une logique de prototype », soulignent les auteurs. Difficile, dans ce cas, de se référer à une grille de lecture unique. Néanmoins, l’étude suggère des critères pour une analyse succincte en croisant des enjeux économiques et sociaux avec une liste de retombées potentielles.

Empreinte culturelle - En matière de facteurs incitatifs en faveur de l’investissement, l’idée la plus novatrice est sans doute la proposition de généraliser la notion d’« empreinte culturelle », définie comme « la contribution à l’environnement culturel dans sa diversité ».
Calquée sur le modèle de l’ « empreinte écologique », elle deviendrait « un élément du bilan social, et permettrait de le valoriser auprès du grand public.

Par ailleurs, pour inciter les investisseurs privés, mais aussi le grand public, à rejoindre des projets culturels, les auteurs proposent aussi de compléter les modes de financement existants par des produits d’épargne adaptés, inspirés, notamment, de l’économie sociale et solidaire.

Création d’une structure public-privé - Enfin, pour favoriser la convergence des méthodes de travail et des cultures professionnelles des différents partenaires, l’étude évoque la création d’une structure intermédiaire mixte réunissant acteurs publics et privés, dans la logique de l’économie mixte, mais sans pour autant en faire un dogme.

L’empreinte culturelle vue par Kurt Salmon, verbatim

Dans le domaine du développement durable, des dispositifs législatifs et réglementaires ont été mis en place, assortis d’indicateurs objectifs. Cela a permis d’orienter l’action des entreprises et des acteurs publics dans ce domaine. De même, un dispositif réglementaire permettant de fixer la notion d’« empreinte culturelle », permettrait, d’une part, d’accélérer les investissements de l’ensemble des acteurs (public et privé) dans les projets culturels, et d’autre part, de valoriser leur action auprès du grand public. Un tel dispositif conduirait les différents acteurs à établir, dans le cadre de leur stratégie globale, un plan d’actions spécifique, impactant toute leur politique d’investissement. Une dynamique pourrait ainsi être enclenchée, promouvant de fait le caractère transversal et universel de la culture.

Par ailleurs, « l’empreinte culturelle » deviendrait un élément de communication, intégré dans le bilan social des entreprises et des institutions. Elle fournirait, via des indicateurs de performance objectifs, une information sur le niveau et la qualité d’engagement de l’acteur sur son environnement culturel.

Financements alternatifs : les trois outils proposés pour drainer les capitaux privés et l’épargne des entreprises

  • le placement d’épargne solidaire

Il serait souscrit auprès de sa banque ou bien via un plan en actions. Une partie des fonds serait investie dans un projet culturel par l’intermédiaire d’un acteur spécialisé : le « financeur culturel ».

  • le produit d’investissement dit « de partage »

Il serait également souscrit via une banque. Une partie des intérêts produits par le placement serait alors reversée, sous forme de don, à une ou plusieurs institutions ou associations culturelles de son choix.

  • la souscription au capital d’un investisseur culturel

100 % de l’épargne serait alors investie dans des projets à fort impact culturel ou/et dans la prise de participations au capital ou/et l’émission de prêts à des sociétés du secteur des industries culturelles et créatives.

Les auteurs de ces propositions estiment que de tels outils pourraient être créés par voie réglementaire, et en « imposant aux établissements bancaires de présenter au moins un fonds dit « culturel » dans les dispositifs d’épargne salariale. » Les épargnants pourraient, « sous réserve de faisabilité juridique », bénéficier de certains avantages culturels, une fois le projet réalisé.

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    Notes

    Note 01 - Entreprendre et investir dans la culture : de l’intuition à la décision, Kurt Salmon, 2011 - Retourner au texte

    Note 02 - Organisé chaque année depuis 2008, avec le soutien du ministère de la Culture, le Forum d’Avignon vise à rapprocher économistes et acteurs culturels pour deux jours de réflexion prospective. Le Forum d’Avignon constitue une sorte de « Davos » de la culture. - Retourner au texte

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