fibre optique

Orange et SFR avancent pour généraliser la fibre hors grandes villes

| Mis à jour le 22/07/2013
Par • Club : Club Techni.Cités

Les opérateurs Orange et SFR ont annoncé lundi 14 novembre 2011 avoir conclu un accord pour équiper 9,8 millions de foyers situés dans des zones moins densément peuplées que les grandes villes, et où leurs projets de développement se recoupaient souvent. En se partageant le déploiement de la fibre optique dans 10 millions de foyers en dehors des grandes villes, Orange et SFR avancent vers l'objectif de connecter 60 % des logements français d'ici 2020 mais le problème du financement du réseau dans les zones rurales reste entier.

« Ce n’est pas la fin de l’histoire mais un immense pas en avant pour la fibre dans le pays », a résumé à l’AFP Pierre Louette, directeur général adjoint d’Orange. « On n’a jamais eu de doute sur le fait que tout le monde se précipiterait dans les coeurs des villes. On était déjà plus circonspect pour les périphéries et les villes moyennes, et ce sont elles qui sont couvertes aujourd’hui » par cet accord, a-t-il souligné.

SFR connectera 2,3 millions de ces logements et France Télécom-Orange 7,5 millions. Les opérations concrètes de déploiement débuteront entre 2012 et 2015, pour s’achever au plus tard en 2020.

1,3 milliard d’euros investis par SFR - Pour l’opérateur  SFR, ce déploiement représente un investissement de « 1,3 milliard d’euros sur 10 ans en capex net (investissements corporels et incorporels) », selon Philippe Capron, directeur financier de Vivendi. Le « capex » net, a-t-il souligné, représente « le capex brut moins ce que nous vendons à Orange et aux autres opérateurs qui souhaitent être présents sur cette zone ». Cela représente « grosso modo 130 millions par an » qui vont s’ajouter aux investissements que Vivendi va continuer à effectuer dans les zones très denses et « qui s’élèveront en moyenne de 70 à 100 millions par an. Pour le total de ces deux zones vous pouvez donc compter sur une moyenne de 200 millions d’euros (d’investissement) net par an », a-t-il ajouté.

En 2011, Vivendi « aura dépensé 120 millions pour déployer la fibre dans des zones denses, et progressivement ce chiffre devrait baisser pour s’établir entre 70 et 100 millions », a souligné M. Capron.

De son côté, Orange a affirmé qu’il « n’impacte pas à la hausse » l’investissement global de 2 milliards d’euros prévu par l’opérateur historique pour le chantier fibre d’ici 2015.

17 millions de logements - L’Autorité de régulation des télécoms, l’Arcep, a qualifié l’accord « d’avancée décisive » : « En 2020, si l’on ajoute les déploiements dans les zones très denses, environ 17 millions de logements (soit 60 % des foyers français) seront éligibles à la fibre optique », a-t-elle souligné.

Alors que dans les grandes villes les réseaux sont déployés de manière concurrente, l’accord prévoit que dans ces zones moins denses, l’un des deux opérateurs sera pilote pour le déploiement de la fibre, et que l’autre bénéficiera d’un droit d’usage sur le réseau.

Les deux opérateurs se sont également engagés à « être commercialement présents » sur les zones de l’accord, afin de pouvoir présenter au moins deux offres concurrentes au consommateur.

Conditions -  « Nous avons énoncé des conditions aux opérateurs, qui ont été entendues à ce stade, mais nous restons vigilants sur la mise en oeuvre concrète de l’accord », a indiqué à l’AFP l’Autorité de la concurrence.
Parmi ces conditions figurent notamment le fait qu’Orange et SFR doivent proposer un « système ouvert, où la concurrence subsiste bien, et qui permet l’accès d’autres opérateurs aux offres de gros ».

Reste la question du déploiement de la fibre dans les 40 % de foyers restants, situés pour la plupart dans des zones rurales ou reculées. « Ils seront rendus éligibles à la fibre optique, à partir de 2012, par des déploiements associant les collectivités territoriales et les opérateurs, qui nécessiteront des financements publics d’origine locale, nationale ou européenne », a souligné l’Arcep.

Rôle prépondérant pour les collectivités - « Ce sont des zones à habitat plus dispersé, des zones plus chères, et à ce titre elles vont pouvoir bénéficier de milliards d’euros mis sur la table par l’Etat français mais aussi par l’Europe. En tant qu’opérateur, nous interviendrons aux côtés des collectivités territoriales, qui auront cette fois le rôle prépondérant », a résumé Pierre Louette.

Le gouvernement a mis en place en juillet un « premier guichet de subventions de 900 millions d’euros » et le Fonds d’aménagement numérique du territoire prendra ensuite le relais.
Le but de l’Etat est de couvrir 100 % des foyers en fibre optique d’ici 2025, une couverture estimée à 24 milliards d’euros par l’Arcep.

Mises en garde de l’Avicca - A l’annonce de cet accord, Yves Rome, le président de l’Avicca, a formulé plusieurs mises en garde, dans un communiqué. Il relève tout d’abord que « ce « Yalta » d’une partie du territoire français s’est effectué sans aucune concertation avec les collectivités concernées » et s’est affranchi du programme national Très haut débit qui prévoyait « au contraire un label, départageant le meilleur candidat, suite à une procédure transparente, avec avis de la collectivité. L’octroi des aides de l’Etat (fonds national pour la société numérique) devait être accordée au mieux-disant, conditionné à un certain nombre d’engagements de déploiements. Le non respect des engagements devait être sanctionné par le retrait des aides octroyées ».

Pour Yves Rome, cet accord, et le soutien qu’il a reçu du ministre de l’Industrie, montre « que l’encadrement de l’initiative privée par l’Etat se relâche, au détriment des mécanismes qui auraient pu donner un minimum d’assurances aux élus sur la qualité de la couverture ».
L’Avicca s’inquiète également des conséquences de cet accord sur la capacité des collectivités territoriales « d’établir des réseaux d’initiative publique sur tout territoire, et d’organiser des péréquations entre zones rentables et non rentables pour diminuer les besoins d’argent public ».

Enfin,  l’Avicca « demande aux deux opérateurs de s’engager solennellement vis-à-vis des élus qu’ils ne demanderont jamais, directement ou indirectement, de subventions pour assurer la couverture complète des habitants, services publics et petites entreprises, sur les communes qui seront effectivement couvertes par l’initiative privée ».

Commentaires

2  |  réagir

17/11/2011 05h35 - Hervé

Franchement, avant de penser au tout « fibre optique », il faudrait penser à mettre en place le débit théorique de 18Mo dans les communes.

Nous simples utilisateurs, télétravailleurs, auto-entrepeneurs, indépendants, nous sommes des laissés pour contre.

Me concernant, je suis passé de 18Mo à 6Mo suite à mon déménagement de 3km (2.3km pour être exact) !

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17/11/2011 03h09 - olivier

Le titre de l’article porte à confusion : les opérateurs n’iront que dans les grandes villes… Au terme de l’accord ils se partagent juste les zones pavillonnaires et autres quartiers péri-urbains. Mais le chiffre d’ores et déjà connu de 3500 communes FTTH ne bouge pas.

La question de la desserte des petites villes et zones rurale est donc entière.

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