Les écoquartiers : ébauche d’une définition

| Mis à jour le 22/07/2013
Par • Club : Club Techni.Cités

Nous avons connu les grands ensembles, les villes nouvelles, les ZAC et autres formes d’encadrement des aménagements urbains. Les années 2010 s’annoncent comme la décennie des éco-quartiers. Mais de quoi s’agit-il ?

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Les écoquartiers : quelle approche méthodologique ?

L’analyse des deux termes formant l’expression éco-quartier traitée en référence aux premiers exemples réalisés dans le nord de l’Europe fournit quelques points de repère. Le mot quartier introduit une notion d’échelle caractérisant une surface urbaine correspondant à quelques ilots homogènes par leur architecture et leur population.

Le dimensionnement des écoquartiers historiques ne nous permet hélas pas de qualifier ou même de quantifier cette notion de manière précise. En effet, aux extrêmes, on dénombre 250 habitants sur 1,7 hectare dans l’ensemble Bedzed à Beddington en Grande-Bretagne, alors que le quartier Vesterbro à Copenhague, au Danemark, en accueille 34 000 sur 35 ha.
Critère sensible dans la définition d’un projet urbain, la densité représente un deuxième facteur d’incertitude, avec seulement 95 habitants à l’hectare dans le quartier Vauban de Fribourg (Allemagne) et 970 hab./ha à Vesterbro.

Le préfixe « éco » renvoie au terme écologie, que son étymologie définit comme la science de la maison (du grec oikos : maison et logos : science). Dans le langage courant et selon le dictionnaire Larousse, l’écologie désigne « Les travaux relatifs à l’action des conditions physiques de l’environnement sur les êtres vivants (facteur abiotique) et sur l’action que ces derniers exercent en retour sur leur environnement » (facteur biotique).
Plus concrètement, un éco-quartier est censé être conçu et construit selon les règles d’une architecture et d’un urbanisme « durables ».

Ainsi, la « piste éco » s’avère plus riche d’enseignements que celle du quartier, pourtant a priori plus simple et plus précise. Le référentiel « Ecoquartier » élaboré par le MEDDTL confirme le prima des dimensions environnementales dans la définition d’un éco-quartier.

8 paramètres déterminants – Si la France ne figure pas parmi les pays pionniers en matière d’écoquartiers, elle est semble-t-il en train de rattraper son retard par un grand nombre de projets récemment livrés ou en cours et par l’impulsion apportée par l’appel à projets EcoQuartier.

Dans l’esprit du Grenelle de l’environnement, Jean-Louis Borloo, l’ancien ministre du Développement durable, a lancé le Plan Ville durable en octobre 2008. Dès 2009, le premier appel à projets EcoQuartier s’est inscrit dans ce programme (en parallèle avec la démarche Ecocité, l’appel à projets « Transports Collectifs en site Propre » et une conférence nationale, associée à des groupes de travail, sur le thème « Restaurer et valoriser la nature en ville »).

Pour apprécier la pertinence des réponses au premier appel à projets en 2009, le référentiel EcoQuartier distingue huit critères principaux :

  1. une gestion durable de l’eau,
  2. un traitement optimum des déchets,
  3. une biodiversité urbaine,
  4. l’utilisation de modes de transport doux » (vois piétonne, pistes cyclables, tramway, etc.),
  5. la production locale d’énergies renouvelables,
  6. des formes urbaines denses,
  7. un recours à l’éco-construction (incluant l’utilisation d’éco-matériaux),
  8. une mixité sociale et fonctionnelle.

Cette liste place les préoccupations environnementales au cœur du sujet puisque seule la question de la mixité sociale et fonctionnelle relève plus de problèmes « sociétaux » et politiques que directement écologiques. Quoi qu’il en soit, les caractéristiques architecturales et constructives du bâti, souvent perçues comme les plus significatives, ne doivent pas occulter des enjeux plus larges, en particulier ceux de la gestion durable de l’eau, de la biodiversité et des transports.

De plus, ce dernier domaine doit être abordé à deux niveaux complémentaires :

  1. facilités de déplacement à l’intérieur de l’éco-quartier,
  2. et qualité des liaisons entre l’écoquartier et son environnement urbain ou périurbain.

Au-delà de la maitrise de chaque paramètre, la qualité globale d’un écoquartier se joue dans la prise en compte des interférences entre chaque champ de réflexion et d’intervention. Ainsi, s’agissant des transports, il est évident que ce sujet est « impacté » par les notions de densité et de mixité fonctionnelle : la réunion dans un périmètre relativement compact d’un large éventail de « fonctions urbaines », comme le logement, les services publics, les commerces, les lieux de travail, etc. limite directement l’ampleur des déplacements nécessaires dans la vie quotidienne des habitants.

De même, la présence de voies piétonnes, de pistes cyclables, de transports en commun « propres » réduit la dépendance des uns et des autres à l’automobile.

L’optimisation des choix sera parfois délicate entre des options plus ou moins contradictoires, comme l’illustre la recherche légitime d’une densité élevée, alors que dans le même temps on peut juger pertinent de ne pas dépasser une hauteur de R+4 pour s’affranchir de la nécessité d’installer des ascenseurs dans les immeubles.

Bref, l’éco-quartier apparait aujourd’hui comme un catalyseur prometteur pour dynamiser la réflexion et l’action des professionnels du cadre bâti soucieux de servir un nouveau projet de société basé sur une harmonie enfin trouvée entre « les conditions physiques de l’environnement » et les comportements humains. Il va sans dire que ces notions générales seront hiérarchisées et adaptées en fonction des situations géo-climatiques locales pour conférer à chaque lieu une qualité de vie optimale.

Ainsi, la création d’écoquartiers représente sans doute une opportunité historique à ne pas négliger pour affronter dans les meilleures conditions la complexité des problématiques de l’aménagement du territoire dans les prochaines années.

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Commentaires

2  |  réagir

18/07/2011 07h15 - rt

La référence au référentiel du MEDDTL date un peu :

l’appel à projets 2011 repose sur une nouvelle grille, dans laquelle les questions de gouvernance, de cadre de vie, de mixité sociale et fonctionnelle, d’intégration dans le territoire, etc… ont toute leur place.

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28/06/2011 10h03 - Anne Courtillé

Très intéressants ces articles qui permettent de se faire une bonne idée de ce concept parfois mis à toutes les sauces pour des réalisations pas si éco-quartiers!
Il ne suffit pas d’annoncer éco-quartier pour qu’il y ait éco-quartier… il y a des abus!
Merci.

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