|
Cet article fait partie du dossier RGPP : quels effets pour les collectivités ? |
RÉFORME DE L'ÉTAT
© AFP
Sommaire du dossier
Auditionné dans le cadre de la mission d’information du Sénat sur les conséquences de la Révision générale des politiques publiques (RGPP) pour les collectivités territoriales le 13 avril 2011, Alain Rousset, le président de l’Association des régions de France, s’est montré assez provocateur.
Selon lui, « la RGPP, c’est un peu la tondeuse à gazon, qui rase de façon uniforme et indifférenciée tous les services de l’Etat. Les régions l’ont vécue avec agacement, dans le sens où dans le même temps l’Etat revient sur des compétences dont il a perdu l’ingénierie, et pour lesquelles il n’apporte aucun financement, comme le développement économique ou l’apprentissage ».
« En maîtrise d’ouvrage directe, l’Etat a perdu toute son ingénierie. Par exemple, pour la réhabilitation des universités on a recouru au PPP, qui coûte extrêmement cher, faute de compétences en interne », regrette Alain Rousset.
« Pas sa place au niveau régional »
Le président de l’ARF prône le retour à une organisation rationnelle des services, qui supprime les doublons : « l’Etat a plus vocation à être présent au niveau du département, notamment sur les questions de sécurité, mais au niveau régional, il n’a pas sa place ».
La Mission d’évaluation et de contrôle de l’Assemblée a débuté une série d’auditions sur l’impact des mesures mises en œuvre dans le cadre de la RGPP pour réduire la masse salariale de l’Etat. François-Daniel Migeon, directeur général de la modernisation de l’Etat, a ainsi mentionné le 13 avril le lancement prochain de modules « conduite du changement » pour les cadres dirigeants à l’ENA, assurés par sa direction (DGME), et que d’autres étaient en préparation dans les IRA et à l’ENM.
La plus grande difficulté en matière de RGPP a trait au management public, selon lui : « Avec cette ambition de transformation très profonde, avec la vitesse avec laquelle il était nécessaire de le faire, ce qui est important, c’est qu’à chacun des niveaux de management soit prise en compte la nécessité de piloter la réforme », a-t-il souligné, rappelant la création de l’Ecole de la modernisation de l’Etat. « Les managers doivent apprendre à incarner l’évolution des structures afin d’aider les agents à passer le cap ; ils doivent devenir des points de repère pour leurs équipes », a-t-il insisté.
Article précédent (7/15) RGPP : l’éloignement de l’expertise de l’Etat douloureux pour les élus des petites villes Article suivant (9/15) RGPP : l’AITF sceptique sur le nouveau rôle des départements en ingénierie publique
Qu’en pensez vous ? Réagissez à cet article !
Bercybeaucoup
15/04/2011, 08h21Le président de l'ARF souligne l'aveuglement du gouvernement. En matière de réforme des collectivités, il est vrai qu'il fait montre d'amateurisme également. A ce titre, le blog du président d'une grande interco. du sud de la France est éloquent (bernardgranié-territoiresdindustrie.fr)
Ajouter un commentaire