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[Interview] Ecole

Jean-Michel Blanquer : « Il faut cesser d’opposer enjeux urbains et ruraux »

Publié le 31/08/2018 • Par Delphine Gerbeau Romain Mazon • dans : A la une, France

jean-michel-blanquer
Patricia Marais/La Gazette
Jean-Michel Blanquer, le ministre de l’Education nationale, de la jeunesse et de la vie associative, veut mettre l’accent sur l’école primaire durant le quinquennat, notamment au travers du Plan mercredi, et compte bien sur les collectivités pour l’épauler dans cette mission. « Il y a énormément à faire pour le dialogue avec les élus », affirme-t-il.

La possibilité du retour à la semaine de quatre jours pour les élèves de maternelle et de primaire a été largement utilisée par les communes. En avez-vous été étonné ?

D’abord, il est important de rappeler que rien n’a été imposé : c’est une liberté qui a été offerte, et les maires le savent bien. Ce qui m’a paru primordial dès le début était de reconnaître que les réalités de terrain étaient différentes d’un endroit à l’autre, et qu’il fallait laisser aux communautés éducatives parents, professeurs, commune, en lien avec l’Education nationale  le soin de décider. D’autant plus que la situation que j’ai trouvée était très inégale : seulement 40 % des élèves de France prenaient part aux activités périscolaires, et il y avait une hétérogénéité des rythmes puisque 20 % des communes avaient opté pour le vendredi après-midi libéré. Donc il n’y avait ni égalité de fonctionnement, ni homogénéité, ni qualité généralisée. Cela ne m’a pas étonné de voir que de nombreuses communes rurales ont fait le choix de revenir à la semaine de quatre jours dès la rentrée dernière, et que de grandes villes ont décidé de rester à quatre jours et demi.

Désormais, il faut sortir de ces débats stériles, car ils se focalisent autour des mauvaises questions. Aucune étude scientifique ne démontre la supériorité d’une approche sur l’autre. Il est bon de continuer à bénéficier d’un système de choix car nous avons ainsi une variété voulue et non une hétérogénéité subie. Le grand enjeu est de réussir une semaine de cinq jours, avec un mercredi riche pour les enfants, d’où le fait que j’insiste particulièrement, en cette rentrée, sur le périscolaire, et donc sur le Plan mercredi, comme complément des rythmes scolaires. Je crois beaucoup à l’alliance de l’Education nationale et des communes pour un temps périscolaire de haute qualité en France.

jean-michel-blanquer

Mais ce choix donné aux communes du rythme scolaire ne pose-t-il pas un problème d’égalité ?

Des sujets nécessitent une homogénéité nationale, d’autres une responsabilisation locale. Je fais confiance aux acteurs pour être capables de définir ce qu’il y a de mieux pour les enfants de leur territoire, pour se concerter entre communes voisines. L’homogénéité n’est pas un objectif, au contraire, il s’agit d’accepter la mixité des rythmes qui a toujours caractérisé notre vie scolaire. Il n’y avait aucune raison de rigidifier les règles du jeu, c’est pour cela qu’on a remis de la souplesse, mais au service de l’égalité, et de la qualité.

Dans la période 2012-2016, qui couvre celle où la semaine de quatre jours et demi a été imposée, nos résultats ne se sont pas améliorés, mais plutôt dégradés. L’enquête Pirls, qui mesure les résultats en français des élèves de CM 1, correspond exactement à cette génération-là. La semaine de quatre jours et demi n’est donc, en aucun cas, le remède miracle. Le vrai débat porte sur la qualité des contenus scolaires et périscolaires, ce qui renvoie à tous les défis et rebonds pédagogiques que j’ai souhaités, et à la cohérence que nous tissons entre les deux. C’est l’esprit du Plan mercredi : celui-ci contient non seulement une aide financière accrue, mais aussi un label de qualité, un gage de coopération entre les communes et l’Education nationale, l’administration de la jeunesse et de la vie associative et les acteurs associatifs, sportifs et culturels locaux.

Toutes les communes auront-elles accès au Plan mercredi ?

Le Plan mercredi doit venir en aide prioritairement aux communes qui en ont besoin. Celles qui ont depuis longtemps des personnels dédiés, qui sont bien organisées, et c’est le cas des grandes métropoles, seront soutenues pour continuer dans ce sens. Mais le vrai impact, c’est de venir en appui aux communes rurales, aux communes périphériques, pour leur apporter un concours financier, mais aussi une ingénierie. C’est justement là qu’intervient le sujet de l’égalité : les moyens financiers viennent se concentrer sur les endroits qui en ont le plus besoin. Un travail de terrain sera mené par les inspecteurs de l’Education nationale et les recteurs, cela relève d’une appréciation au cas par cas, et du dialogue entre les communes et l’Education nationale.

Toutes les communes peuvent bénéficier du Plan mercredi, quelle que soit leur organisation du temps scolaire, à la condition de s’inscrire dans la charte qualité de ce plan. Les collectivités fonctionnant sur quatre jours sont éligibles concernant les heures qui ne sont pas déjà bonifiées au titre d’un contrat « enfance-jeunesse » ; les collectivités conservant une organisation du temps scolaire comprenant cinq matinées sont éligibles pour les nouvelles heures.

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Avez-vous des inquiétudes sur la poursuite du dédoublement des classes de CP et CE1 en REP+ et REP ?

C’est l’une des mesures les plus importantes pour les élèves de notre pays, car elle s’attaque à la racine de la première des inégalités sociales : l’inégalité devant le langage et la maîtrise de l’écrit. La première année, elle a concerné 60 000 élèves, grâce à des communes qui ont pleinement joué le jeu. Nous avons atteint 89 % de dédoublement physique, et, dans les 11 % restants, beaucoup d’expériences intéressantes avec deux maîtres par classe ont été menées.

A la rentrée, nous changeons d’échelle, nous passons à 190 000 élèves qui bénéficieront de la mesure. Tout ceci a demandé des efforts aux communes, mais j’ai constaté sur le terrain qu’elles les faisaient avec beaucoup de volontarisme. Malgré ce changement d’échelle, nous constatons cette bonne volonté, ce qui me conduit à être assez optimiste sur le pourcentage de classes dédoublées physiquement, qui devrait dépasser 80 %. Cette mesure a souvent enclenché des cercles vertueux, des travaux dans les écoles, des réflexions sur le bâti scolaire, qui vont au-delà du simple dédoublement des classes. Les communes concernées ont pu bénéficier du soutien de l’Etat, elles ont été accompagnées par les recteurs et les préfets, et elles ont agi tout simplement pour la réussite des enfants.

Les communes rurales craignaient des fermetures liées à ce dispositif, que répondez-vous ?

Nous portons une attention extrêmement forte au milieu rural, il faut éviter d’opposer enjeux urbains et ruraux. Il n’y a pas eu de vases communicants. Nous créons 3 880 postes à l’école primaire en cette rentrée, et la mesure de dédoublement des CP en REP absorbe environ 3 000 de ces postes. Nous avons aussi pu compenser les effets de la baisse démographique en milieu rural. Tous les départements ruraux auront, à la rentrée, une amélioration de leur taux d’encadrement. N’opposons donc pas urbain et rural, mais ayons une stratégie partagée, c’est mon message principal aux maires ruraux. Je suis sensible à leur questionnement autour de la baisse démographique, qui est bien réelle. Il y a là un vrai sujet : comment contribue-t-on à un rebond démographique rural en France ? L’Education nationale doit apporter sa pierre, de différentes manières, notamment en disposant d’écoles primaires attractives en milieu rural. Cela se traduit dans certains cas par des RPI (regroupements pédagogiques intercommunaux, ndlr), dans d’autres cas par la sauvegarde d’une école avec peu de classes, en insistant sur des modernisations comme le haut-débit, qui joue un rôle fondamental pour l’école. Cela s’accompagnera aussi d’un plan « internat », qui concerne surtout les niveaux collège et lycée, et qui contribuera à donner de la vitalité au milieu rural.

Une nouvelle génération de conventions ruralité devrait être mise en place, qu’est-ce qui va changer ?

Le sénateur Duran a poursuivi la mission qu’il avait commencée sur ce sujet et il a fait un très bon travail. Une nouvelle étape doit être franchie pour toucher tous les départements ruraux, et pour que les conventions possèdent un contenu le plus riche possible. Il faut sortir du psychodrame annuel de la carte scolaire pour arriver à élaborer une vision pluriannuelle partagée, documentée, avec les moyens nécessaires pour de belles stratégies en milieu rural. Je lancerai prochainement une mission intitulée « territoires et inégalités », qui permettra de repenser l’éducation prioritaire, et d’avoir une vision qui englobe enjeux urbains et ruraux. Les inégalités existent partout, simplement les remèdes peuvent être différents. Cette finesse d’analyse et de réponses est visée par notre stratégie. Cette mission sera confiée à Ariane Azéma et Pierre Mathiot.

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Le comité Action publique 2022 a proposé d’aller vers un transfert des compétences scolaire et périscolaire à l’intercommunalité, quel est votre avis ?

L’intercommunalité est pertinente, a fortiori si l’on regarde les enjeux de périscolaire, de politique de la jeunesse. Mais je ne suis pas adepte d’une automatisation forcenée, il faut regarder les réalités de terrain, inciter quand c’est nécessaire, préserver la compétence des communes quand c’est justifié. La tendance vers l’intercommunalité s’affirme et elle est bonne quand elle suscite de l’adhésion localement, quand les maires ne se sentent pas dépossédés.

Quelle est votre stratégie pour le numérique à l’école ?

Notre stratégie repose sur le diptyque protection – ambition. Elle commence par la protection des données de nos élèves et leur protection contre les mauvais usages numériques. C’est un enjeu très important, et l’une de ses traductions est l’interdiction du téléphone portable à l’école et au collège dès la rentrée. Ambition signifie, notamment, prendre en compte les bénéfices pédagogiques aussi bien dans les temps scolaires que périscolaires, et accompagner les communes dans ce domaine. Le comité des partenaires du numérique pour l’école est là pour travailler sur ces questions, pour avoir une vision partagée des enjeux, des moyens mis en soutien des communes pour ce développement numérique.

Beaucoup de choses ont été faites depuis quinze  ans sur l’équipement informatique. Mais, s’il y a bien une leçon à tirer, c’est que l’on ne doit pas commencer les raisonnements par l’équipement : il doit venir à l’appui d’une finalité. Le temps est passé où l’on pouvait avoir un plan « tablette » à l’échelle d’un département. C’est désormais une systématicité de la stratégie numérique pour chaque école et chaque établissement, et, ensuite, une appréciation des conditions matérielles qui permettent de mettre en place cette stratégie.

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