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Centres-villes

Bouchers et fromagers bac +5 : comment la nouvelle économie urbaine change les centres-villes

Publié le 12/07/2018 • Par Marie-Pierre Bourgeois • dans : France

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Mathieu Ripp creative commons
Des artisans anciens cadres de La Défense, des commerces de bouche haut de gamme qui fleurissent dans toutes les métropoles... La nouvelle économie urbaine est-elle en train de changer le visage de nos centres-villes ? Eléments de réponse avec le journaliste Jean-Laurent Cassely qui vient de publier une note sur le sujet pour la Fondation Jean-Jaurès.

Jean-Laurent Cassely, chroniqueur à Slate, s’intéresse à l’émergence d’une nouvelle génération de diplômés qui multiplient l’ouverture de petits commerces haut de gamme en centre-ville. Un phénomène dont il tiré un livre, La Révolte des premiers de la classe et une note pour la Fondation Jaurès qui montre en quoi cette nouvelle économie urbaine modifie le visage des métropoles. Cette dernière est joliment intitulée La nouvelle économie urbaine de proximité : la carte, le territoire et les fromagers bobos.

On assiste dans les métropoles françaises à l’émergence de commerces de proximité tenus par d’anciens cadres. « Mon boucher a fait Sciences-Po » expliquez-vous ainsi dans votre ouvrage “La révolte des premiers de la classe”. En quoi ce phénomène des diplômés qui se reconvertissent dans des métiers manuels, souvent alimentaires, change-t-il le visage des centres-villes ?

En 2014, quand je me suis lancé dans l’écriture de mon livre, je pressentais que les reconversions radicales, du type cadre sup’ de la Défense devenu fleuriste après un CAP, existaient. Je pense que le phénomène s’est accéléré ces dernières années et qu’il a désormais attend sa vitesse de croisière. L’Association pour l’emploi des cadres (APEC) estimait en 2015 que 14 % des jeunes diplômés étaient en reconversion, sans préciser de quel type de métiers il s’agissait.

Cette situation, au-delà d’être le révélateur de la perte de sens du travail de bureau, révèle comment le nouvel artisanat est un produit de la métropolisation : les cadres et les professions intellectuelles se concentrent massivement dans les grandes zones urbaines et elles sont donc les premières impactées quand ces derniers décident de changer de vie, d’autant que c’est dans ces cœurs métropolitains que réside leur clientèle.

Plus largement, la façon dont la classe créative revient à des métiers manuels crée un vrai bouleversement des filières jusqu’à l’agriculture. Si l’approvisionnement des commerces de bouche monte en gamme, il faut que les filières agricoles se réinventent et développent une production répondant aux normes de consommation désormais en vogue : localisme, naturalité, authenticité.

Est-ce que ce phénomène du « hipster pâtissier » comme vous l’appelez infuse également dans les villes moyennes ?

Non, on n’assiste pas vraiment aujourd’hui à un retour des petites boutiques de bouche tenues par des sur-diplômés. Ce qui est à l’œuvre ressemble plus à un phénomène d’hybridation entre petits commerces et zones commerçantes en périphérie. Dit plus simplement, des entreprises vont vouloir installer de la street food, collant en tout point à ce qui se fait à Paris ou à Lyon, mais à l’intérieur des centres commerciaux.

Donc le plan Action cœur de ville lancé par Jacques Mézard dans l’optique de refaire venir des petits commerces dans les communes de taille moyenne tombe à côté de sa cible ?

Les gens vivent de moins en moins dans les villes-centre et les centres-villes et ce n’est pas l’installation d’un restaurant de burger en face de la mairie qui va inverser la tendance. Mais la montée en gamme des commerces, elle, arrive partout. Ce phénomène va avoir des déclinaisons propres à chaque territoire épousant leurs spécificités mais il est encore tôt pour entrevoir lesquelles.

Plus largement, on peut s’interroger sur cette sacralisation du cœur de ville qui ressemble parfois lui-même à un centre commercial à ciel ouvert. L’homogénéisation des commerces et la multiplication des franchises se sont développées depuis longtemps dans les cœurs de ville.La distinction entre centres-villes et zones commerciales périphériques ne tient donc pas forcément, dans la mesure où chacune s’inspire de l’autre. Les centres piétonniers avec des commerces de bouche ne représentent que quelques pour cent du territoire français.

L’hyper centre-ville parisien ou lyonnais est une exception française et non la norme. Le cœur commerçant bat de fait dans les centres commerciaux et non pas en face des mairies.

Y a-t-il une responsabilité des élus locaux dans ce phénomène ? Nombreux sont ceux à dénoncer le mal que les hypermarchés en périphérie ont fait aux petits commerces alors même qu’ils leur ont accordé des permis de construire dix ou quinze ans plus tôt.

L’imaginaire français fait une très large place à l’opposition entre villes et ruralité et il existe une vraie réticence à voir le paysage de notre pays tel qu’il est aujourd’hui et à s’interroger en profondeur sur notre mode de vie. Chacun se renvoie la balle aujourd’hui : les élus locaux accusent les promoteurs des centres commerciaux qui renvoient eux-mêmes la responsabilité aux habitants qui réclameraient un mode de vie adapté à l’habitat individuel.

Je pense que le débat sur la « France moche » est à présent un peu dépassé. La question n’est plus celle des responsabilités mais plutôt de savoir comment on vit demain avec ce phénomène. Nous faisons aujourd’hui la fête dans des friches industrielles, peut-être ferons-nous demain des apéritifs dans des friches commerciales à l’abandon. Ce sont ces changements d’usage et de façon de concevoir les espaces d’achat qu’il faut aujourd’hui penser.

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