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Fonction publique

Noblesse d’Etat : le tableau au vitriol de Marylise Lebranchu

Publié le 05/07/2018 • Par Jean-Baptiste Forray • dans : A la une, France

marylise lebranchu
PATRICIA MARAIS
Entendue par la commission d’enquête sénatoriale sur la haute fonction publique, l’ancienne ministre de la Fonction publique, de la Réforme de l’Etat et de la Décentralisation a dénoncé la domination des grands corps. En bonne place dans son viseur : la direction du Budget, coupée des réalités territoriales.

 

Ministre de la Fonction publique, de la Réforme de  l’Etat et de la Décentralisation, Marylise Lebranchu a été au cœur de la machine gouvernementale quatre ans durant (2012-2016). Une période marquée par un big-bang territorial, un coup de rabot historique dans les concours financiers de l’Etat et quelques changements de pied élyséens mémorables…

Fidèle au bon vieux précepte chevènementiste selon lequel « Un ministre, ça démissionne ou ça ferme sa  gueule », Marylise Lebranchu a épousé la courbe sinusoïdale des réformes. Aujourd’hui dépourvue de toute responsabilité publique, elle a retrouvé sa liberté de parole et sa finesse d’analyse.

Répondant à l’appel de la commission d’enquête sénatoriale sur les mutations de la haute-fonction publique et leurs conséquences sur le fonctionnement sur les institutions de la République, Marylise Lebranchu décrit l’Etat de l’intérieur. Dans sa ligne de  mire : la domination de grands corps de l’ENA (L’inspection générale des finances, le Conseil d’Etat et la Cour des Comptes). Une passionnante plongée au cœur de l’administration centrale. Morceaux choisis.

« L’impossible réforme des grands corps »

« La haute fonction publique reste très pyramidale. Comme dans un grand groupe, ceux qui prennent la décision sont les plus éloignés du produit final. On n’a pas réglé le problème de ce que j’appelle l’impossible réforme des grands corps. Lors d’un conseil des ministres, j’ai proposé d’enlever deux postes dans le classement de sortie à l’ENA, l’un à la Cour des Comptes, l’autre au Conseil d’Etat pour les flécher vers le ministère de  l’Environnement et le Secrétariat général de  la modernisation de l’action publique qui avaient de forts besoins. Le Président m’a dit ‘Bien sûr, il faut le faire’. Cela n’a jamais été fait, parce que dans ces cas-là, il y a des coups de fil entre le directeur de cabinet, le secrétaire général de l’Elysée, celui en  charge du Gouvernement… Quand j’ai souhaité, à la sortie de l’ENA, que les lauréats des grands corps exercent 4 ou 5 ans dans les territoires, si possible dans une collectivité, j’ai vu aussitôt le mur se lever. L’Inspection générale des finances, le Conseil d’Etat, la Cour des Comptes et tous les  chefs de corps se sont dressés. J’ai réuni leurs représentants. Lors de cette réunion, la seule personne qui se sentait intruse, c’était moi. Naturellement, cela ne s’est pas fait non plus. Sur les textes sur la décentralisation, dont tout le monde connaît la courbe sinusoïdale, je me demandais parfois comment les choses se construisaient… Cela n’a pas empêché un haut fonctionnaire de me dire que j’étais en train de déstabiliser la République. »

«L’enfer pour obtenir la liste des plus hautes rémunérations »

« Ministre de la fonction publique, je croyais qu’il fallait trois minutes pour que j’obtienne la liste des plus hautes rémunérations… Et bien non. Cela a été l’enfer. Le secrétaire général du Gouvernement vous rappelle en vous demandant si c’est vraiment utile, si vous avez vraiment besoin de ça… Toute rémunération publique doit être publique ! Il y a eu aussi la bagarre de la « RH Etat ». Le secrétaire général du gouvernement considérait que c’était son dossier. Le ministère de l’Intérieur estimait que c’était à lui de faire ça. Du coup, le comité interministériel à la modernisation de l’action publique s’est arrêté… Au final, c’est la direction du Budget qui rabote.  En un peu moins de quatre ans, je n’ai eu que trois ou quatre discussions interministérielles. Le ministère de la Réforme de l’Etat devrait être ministre d’Etat pour convoquer ses collègues en interministériel. »

« Une méconnaissance totale des collectivités »

« Il y a une pensée unique de la dépense publique. Les collectivités, pour Bercy, sont une machine à dépenser, pas à gérer des compétences. Il y a une méconnaissance totale des collectivités territoriales à la direction du Budget. On croit qu’elles sont d’une très grande richesse parce qu’elles ont des gros dépôts au mois de décembre. Mais c’est simplement parce qu’elles sont entre le débat d’orientation budgétaire et le budget primitif ! Il n’empêche, quand on parle de donner de nouvelles responsabilités aux élus locaux, ces fonctionnaires répondent : ‘Ils ne sauront pas faire’. Je regrette que l’INET n’ait pas été enthousiaste sur le rapprochement avec l’ENA. Quand on rapproche les jeunes et les moins jeunes quand ils sont en formation, on a une chance qu’ils se connaissent ensuite. »

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Noblesse d’Etat : le tableau au vitriol de Marylise Lebranchu

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MURAKAMI

06/07/2018 10h08

Ce qui se passe dans la haute fonction publique doit aussi se passer, dans une moindre mesure, aux échelons inférieurs.
Je travaille dans la fonction Publique d’état, le Ministère de la Justice. Tout est toujours compliqué, opaque, une organisation Kafkaïenne. Un exemple, j’ai demandé à effectuer une PMSMP ( période de mise en situation en milieu professionnel) pour découvrir une autre fonction. C’est le parcours du combattant, des informations contradictoires, des délais à rallonge. En définitive, j’ai contacté l’organisme de formation avec lequel j’étais en formation , le CNAM, pour ne pas le citer, et en une semaine la convention était signée. C’est à ce genre de détails que l’on reconnaît l’efficacité d’une organisation.

Espiègle

06/07/2018 11h12

Quand elle était questeur de l’Assemblée, elle n’a évidemment rien fait pour mettre fin à l’opacité des rémunérations des fonctionnaires de l’AN…

Mx

06/07/2018 02h13

Élus locaux, c’est tous les jours que nous sommes confrontés à la complexité du fonctionnement. Fiscalité, urbanisme, social… tout est complexe et prend un temps fou. La complexité technocratique nous plonge dans des situations ubuesques. Tout le monde en convient mais rien ne change. Résultat : démotivation, travail au noir, économie parallèle, fuite des compétence, les jeunes fuient, les gens deviennent agressifs… Ne pas prévoir c’est déjà pleurer. Bon courage pour la suite des évènements. Moi, aux prochaines élections, je ne me présenterai plus. Je pars à la pêche…

Chancellierletellier

06/07/2018 04h38

Fonctionnaire de catégorie A depuis trente ans fonctionnaire d’Etat d’origine affecté en ministère et au niveau déconcentré ayant exercé pendant plusieurs années en territoriale pour mon plus grand profit et affecté dans des administrations centrales je confirme le constat de Mme LEBBRANCHU qui me parait bienveillante par rapport à la réalité vécue de l’intérieur.

Le parisianisme et la coupure entre échelon centrale et déconcentré entre fonction publique d’Etat et FPT n’a jamais été aussi béante.

Un seul exemple éclairant, j’ai entendu à ma grande stupéfaction, un très haut fonctionnaire d’Etat parmi les plus brillants et sorti dans la botte,répondre ceci à une question posée sur les problématiques d’interaction entre l’Etat et les collectivités posées par un représentant de la Lozère s’entendre dire: » je ne peux vous répondre, Monsieur, je ne sais pas où se trouve la Lozère, cette question n’est pas de mon niveau. »

Il est clair que c’est une vraie réforme de l’ENA qui est une des voies possibles pour éviter ce type d’ arrogance ignorante de la noblesse d’Etat qui ferait sourire, si elle n’était pas consternante dans la situation dans laquelle est placée le pays.
Il est clair qu’il est nécessaire de prévoir des mobilités de sortie d’élèves d’ENA autres que celles factices entre les grands ministères la Cour des comptes et le Conseil d’Etat qui permet au mieux d’avoir eu l’expérience frissonnante d’avoir franchi la Seine et du stage ENA qui est assez protocolaire.

Il faudrait que chaque élève de l’ENA soit contraint d’ effectuer une mobilité de trois ans minimum en territoriale sous l’autorité d’un DGS ou en administration déconcentrée de l’Etat sous l’autorité d’un préfet d’un directeur régional ou d’un directeur départemental interministériel à l’issue de son premier poste d’affectation.

De manière symétrique les élèves de l’INET pourrait devoir effectuer systématiquement une mobilité dans les administrations centrales comme chefs de bureau ou en administration préfectorale.

merci à la Gazette d’avoir lancé ce débat essentiel

Bill50

09/07/2018 07h22

Pas complétement faux. J’ai rejoint la FPE il y a quelques années pour découvrir un monde ancien. Les grands corps méprisent tout le monde à commencer les gens qui travaillent pour eux. En revanche, ils ne se rendent pas compte qu’ils sont devenus incapables de gérer quoique se soit. À force de faire du stratégique, ils ont perdu pied avec la technique et le travail de fond. L’IGF méprise la territoriale. Pour la Cour des comptes c’est un peu moins vrai car ils en recrutent et se rendent compte du pragmatisme des territoriaux qui font avancer les dossiers là où eux bloquent.
Pour la territoriale, le manque d’humilité des élus, les danseuses, les recrutements de potes et de clients ainsi que la dégradation du niveau intellectuel de l’élu moyen va coûter cher. Ils donnent raison à leurs adversaires.

Manolita

11/07/2018 07h24

J’ai pu constater malgré tout que des collectivités territoriales commençaient à s’intéresser à la venue d’énarques dans leurs effectifs – malheureusement pas en raison.de leurs compétences*-mais pour justifier les rémunérations exorbitantes de leur cabinet puisque le directeur de cabinet de quelque collectivité territoriale que ce soit ( petite moyenne ou grande commune , communautés de communes , communauté d’agglomération) perçoit 90% du salaire le plus élevé de sa collectivité ….il y a donc un intérêt évident à y accueillir un enarque avec  » un peu de bouteille »et
Un niveau de rémunération suffisamment important pour recompenser la fonction politique du dircab et de ses collaborateurs……et tant pis si cet énarque n’a pas eu – à l’inverse des administrateurs sortis de l’INET- une culture solide des territoires
Les effets pervers de ce mode de fonctionnement brident l’intérêt et la défense des territoires au profit d’intérêts personnels
* si c’était ceux qui avaient une haute valeur ajoutée qui acceptaient ces deals ça se saurait …..ils sont en train de se multiplier……. Non pas en Bretagne ou en Auvergne mais sur le pourtour méditerranéen et en Corse !

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