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Travail social

Radicalisation : la nécessaire adaptation des travailleurs sociaux

Publié le 26/06/2018 • Par Emilie Denètre • dans : A la Une prévention-sécurité, Actu experts prévention sécurité, France

Radicalisation adobe stock1
Adobe Stock
Depuis trois ans, les travailleurs sociaux ont dû modifier leurs pratiques pour faire face au nouvel enjeu sécuritaire qu'est la prévention de la radicalisation. Pour certains métiers, la transformation est vécue comme une opportunité.

Cet article fait partie du dossier

Les travailleurs sociaux face à la radicalisation

Marc Solé est assistant de service social depuis plus de vingt ans. Cela fait une dizaine d’années qu’il travaille dans un service d’aide sociale à l’enfance (ASE). Investi dans les instances représentatives de son métier, comme l’Association nationale des assistants de service social (Anas) et le Conseil national de la protection de l’enfance (CNPE), ce professionnel est aujourd’hui référent dans son département des Hautes-Pyrénées sur les questions de laïcité et de valeurs républicaines. Une mission qui lui plaît beaucoup, mais qui, au départ, a suscité chez lui beaucoup de craintes.

C’est en effet un peu « pour se frotter à ses peurs » que Marc Solé s’inscrit, en 2016, au cycle de formation financé par le Commissariat général à l’égalité des territoires (CGET). « Je voulais comprendre ce qui allait nous être demandé. Il était important pour moi de me saisir de ce phénomène de radicalisation dont tout le monde parlait », témoigne-t-il.

Kit de formation

A l’issue de sa formation, « de bonne qualité », Marc Solé fait le choix de devenir à son tour formateur. Il a déjà animé pour ce début d’année 2018 trois formations auprès de ses collègues (professionnels ou bénévoles). « J’ai un kit de formation à suivre que je décline sur deux jours. J’aborde la notion de laïcité sous l’angle historique et juridique, puis nous passons à des exercices avec des mises en pratique. Par exemple, les questions que je traite souvent sont liées aux menus de la cantine ou aux pratiques d’inhumation », détaille-t-il.

En effet, ce type de formation – qualifiée de prévention « primaire » – n’a pas pour but de décortiquer le phénomène de radicalisation, mais plus d’aider les travailleurs sociaux, et les agents en règle générale, à gérer ces problématiques avec leurs publics lorsqu’elles se posent. L’idée étant qu’apporter des réponses posées et des cadres clairs sur les valeurs de notre République peut permettre de désamorcer des situations en amont.

« Il n’y a pas de ciblage d’un public en particulier dans ces formations, mais plus un travail de fond sur la notion de vivre-ensemble et ce que cela implique », se réjouit Marc Solé. Et si ce dernier n’a jamais eu affaire – pour le moment – à des cas de familles ou de personnes semblant se radicaliser, il avoue néanmoins être « assez inquiet » quant à un potentiel risque de dévoiement du travail social avec les missions de « veille » et « signalement » désormais assignées aux travailleurs sociaux.

Un poids sur les épaules

Une situation que résume François Roche, le coordonnateur de la commission « éthique et déontologie » au sein du Haut Conseil du travail social : « Lorsque l’on fait de la prévention primaire, que l’on s’adresse à tous les publics et que l’on porte les soucis généraux autour de la laïcité, on reste dans du travail social et il n’y a aucun risque de dévoiement. A l’inverse, lorsque l’on est face à une situation de péril imminent, de danger pour lequel il est nécessaire de secourir quelqu’un, le travailleur social s’efface devant le citoyen et son obligation légale de sécurité civile.

Dans le cadre de la prévention secondaire, lorsque les travailleurs sociaux ont à connaître des cas un peu délicats mais sans être certains qu’il risque d’y avoir basculement, là cela devient compliqué. » Et c’est justement sur « ces zones grises » que travaille Roland Février. Éducateur de prévention spécialisée, il est aujourd’hui formateur, principalement dans le département de l’Ain, grâce au fonds interministériel de prévention de la délinquance (FIPD). « Nous visons les travailleurs sociaux de première ligne (prévention spécialisée, centres socioculturels, missions locales, PAEJ [points accueil et écoute jeunes, ndlr], médiateurs et adultes relais) et avons constaté qu’ils étaient souvent bien empêtrés avec tout ça. Soit ils faisaient du sursignalement, ce qui n’avait pas de sens ; soit ils restaient dans l’inaction car ils ne savaient pas quoi faire de la patate chaude », constate-t-il.

Aujourd’hui, Roland Février a installé sur son département des « groupes ressources » où « les gens des différents métiers se rencontrent et échangent sur les cas des uns et des autres. Cela permet souvent aux professionnels de dégonfler la pression et de revenir aux fondamentaux ». Car pour Roland Février, le « poids pesant sur les épaules » des travailleurs sociaux est immense, et ce même si, quantitativement, le nombre de cas rencontrés reste minime.

« Ces situations, quand elles se présentent, sont souvent compliquées et mobilisent des équipes entières. La charge mentale est très forte à cause, notamment, de la question sécuritaire et du danger supposé s’il y a passage à l’acte », décrypte Roland Février qui note d’ores et déjà quelques changements dans les pratiques professionnelles : « Je pense que la prévention de la radicalisation nous a rendus plus vigilants, plus pointus et plus rigoureux, notamment dans l’utilisation des mots et sur le partage des informations. Cela ne se fait pas n’importe comment, dans un couloir, entre deux portes. »

Partage d’informations

La question du partage des informations entre les travailleurs sociaux et les services des renseignements alimente en effet une partie des craintes des professionnels. Pourtant, ceux qui travaillent au plus près, voire dans les cellules préfectorales pour la prévention de la radicalisation et l’accompagnement des familles (CPRAF), sont très sereins sur ce débat, un peu comme si le fait de « faire au quotidien » levait en partie les doutes.

C’est le cas de Nicolas Justal, coordinateur du service « appui à la prévention de la radicalisation » dans une association de Saône-et-Loire. « C’est moi qui siège dans la CPRAF et qui fais le lien avec professionnels de terrain, qui sont donc libérés de ces enjeux, détaille-t-il. Et le partage d’informations est très fluide car les éléments intimes sur les personnes en suivi ne sont tout simplement pas évoqués. »

Ce professionnel, ex-éducateur de la protection judiciaire de la jeunesse (PJJ), estime par ailleurs que ce débat autour du partage d’informations lui rappelle celui qui avait émergé autour des conseils locaux de sécurité et de prévention de la délinquance : « A l’époque, nous nous disions : Doit-on entrer dans ces instances où il y aura la police et le renseignement ? Dans les faits, ce qui compte, c’est de garder, pour nous travailleurs sociaux, une entrée éducative et de protection de la personne. »

Un constat que partage Nadège, cheffe de service de prévention spécialisée dans les Bouches-du-Rhône. Pour faire face à la demande publique émanant de la préfecture, son association a créé, dès l’été 2014, un « détachement » composé de volontaires et appelé « cellule d’écoute et d’accompagnement des familles » (CEAF). Une structure ad hoc rattachée directement à la CPRAF.

Comme dans le cas de l’association de Nicolas Justal en Saône-et-Loire, Nadège et ses collègues sont amenés à prendre en charge des personnes signalées comme « radicalisées » à la préfecture, via le numéro vert. Un travail d’accompagnement à première vue éloigné de celui qui peut être mené par la « prèv », mais qui, en réalité, mobilise les mêmes ressorts : « Comme en prévention spécialisée, nous recherchons l’adhésion des personnes suivies, de même que notre travail consiste à interroger les moments de rupture dans leurs parcours et à retisser du lien autour d’elles, ce que nous appelons le filet social. »

Une vigilance accrue

Pour les éducateurs aujourd’hui détachés en CPRAF, cette mission nouvelle – même si elle nécessite des adaptations et une vigilance accrue (travail sous pseudo et, ou entretiens dans des lieux neutres) – apparaît à certains comme une opportunité. « Le fait de partir d’une commande publique et d’une problématique prioritaire et de la ramener à sa pratique professionnelle avec une entrée éducative a été pour moi un véritable moteur dans cette mission expérimentale au départ », conclut Nadège. Du côté de la « prév », ces appels d’offres préfectoraux sur une problématique émergente ont permis de faire valoir des compétences mal (re)connues.

Le département du Nord réfléchit à la création d’une cellule d’écoute pour le personnel

Depuis sa prise de poste, il y a six mois, Patricia Sicard, directrice « projets » à la direction générale adjointe (DGA) de la solidarité du département du Nord, avoue être surprise par le nombre d’appels téléphoniques qu’elle reçoit. « Je suis une ancienne, les travailleurs sociaux me connaissent bien&hellip Et je sens, sur ces enjeux liés à la radicalisation, qu’ils ont beaucoup de peurs et de questions », explique-t-elle.

Pour faire face à ce nouveau défi, elle a donc imaginé la création d’une cellule d’écoute dédiée « pour objectiver les choses et revenir à l’essentiel ». Et de poursuivre : « Je souhaite mettre en place, peut-être avec des intervenants extérieurs, un endroit où les professionnels pourront avoir des temps de partage sur leurs pratiques et leurs émotions. Je crois beaucoup à cette idée de dynamique collective qui permet de mettre sur la table ce qui interroge : par exemple, comment puis-je travailler avec quelqu’un qui refuse de me serrer la main ? » Il n’est pas question ici que de radicalité religieuse, mais plus d’une évolution globale du travail social qui nous bouscule dans nos fonctionnements et qu’il est donc nécessaire de poser. »

 

Près de 1300 agents formés dans les Alpes-Maritimes

« Dès le mois de février 2015, nous avons formé dans le département des Alpes-Maritimes, via des prestataires, près de 1 300 agents, explique Christine Teixeira, adjointe à la DGA chargée du développement des solidarités humaines au CD des Alpes-Maritimes. Nous avons d’abord axé nos formations sur la prévention secondaire, en pointant en priorité les travailleurs sociaux (assistants de service social, éducateurs, mais aussi personnel médicosocial travaillant dans les centres de protection maternelle et infantile) les plus susceptibles d’être au contact de jeunes, d’adultes ou de familles en voie de radicalisation.

Une fois ces agents de première ligne formés, nous avons étendu notre plan d’action en intégrant les agents d’accueil. L’objectif était de faire monter en compétence les assistantes et les secrétaires de manière à leur permettre de réagir correctement si elles devaient être confrontées à des situations d’agressivité. Enfin, nous avons également formé nos collègues qui travaillent dans les collèges, les TOS [agents techniciens et ouvriers de service, ndlr], les cantines pouvant être des lieux de repérage de difficultés de jeunes. Il s’agissait de formations généralistes avec des rappels concernant les questions de laïcité, accompagnées, selon le niveau de technicité, d’un travail sur les logiques de faisceaux, d’indices et de caractérisation de la radicalisation.

Aujourd’hui, sur le volet formations, nous sommes rentrés dans le droit commun, via le CNFPT, mais lorsque des questions remontent, nous n’hésitons pas à créer des formations intra, que ce soit sur des cas pratiques ciblés ou sur le format de groupes de parole. »

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