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Sécurité civile

Pourquoi les incendies en forêt vont se multiplier

Publié le 12/06/2018 • Par Isabelle Verbaere • dans : Actu experts prévention sécurité, France

incendie
Flickr / cc by bertknot
Plusieurs facteurs pourraient faire le lit d'incendies de massifs très intenses à l'instar de ceux qui ont ravagé le Portugal l'été dernier : le changement climatique, mais aussi l'urbanisation en zone à risque qui se poursuit, malgré les mises en garde répétées des experts.

Cet article fait partie du dossier

Feux de forêt : comment éviter le scénario du pire

Un total de 2 670 hectares brûlés, six communes touchées, 37 millions d’euros de dégâts : l’incendie qui a ravagé les communes au nord de Marseille, le 10 août 2016, était hors norme, à l’image de ceux qui ont touché le Portugal où ils ont fait plus de 100 morts en deux jours, en 2017.

« Je n’avais jamais vu un feu aussi rapide et intense à la fois, et donc difficile à maîtriser, souligne Vincent Pastor, expert en feux de forêt pour le service départemental d’incendie et de secours [Sdis] des Bouches-du-Rhône. On estime qu’un incendie est catastrophique lorsqu’il parcourt 200 hectares en une heure.

Il en a dévasté 780 en moins de deux heures et a progressé par des sautes de plus de 800 mètres. Les flammes ont atteint jusqu’à 50 mètres de haut. Il a produit jusqu’à 10 000 kilowatts au mètre carré, c’est l’équivalent d’un petit réacteur nucléaire. »

Autre fait marquant : ce feu s’est déclaré en zone urbaine sur la commune de Rognac (11 900 hab.) et s’est propagé par les haies, de maison en maison, jusqu’aux portes de Marseille. « Plus de 37 kilomètres du front de flammes étaient au contact des habitations », précise Sébastien Lahaye coordinateur du projet européen « Fire-in » au pôle « Safe » à Aix-en-Provence. Les pompiers ont eu à protéger 1 900 logements, 180 ont été abîmés par les flammes, 26 complètement détruits.

Des conditions météorologiques de plus en plus extrêmes

Et pourtant, la stratégie d’attaque des feux naissants adoptée par la France en 1987 a fait ses preuves : les surfaces brûlées ont diminué de moitié et 95 % environ des incendies parcourent moins de cinq hectares, ce qui a pu donner un faux sentiment de sécurité.

« Mais cette stratégie de lutte ne suffit plus lorsque les conditions météorologiques sont extrêmes », poursuit Sébastien Lahaye. Ce qui s’est produit en 2003, année au cours de laquelle les incendies ont fait dix victimes et brûlé 61 400 hectares. « Ceci avait été considéré, à l’époque, comme un événement isolé, attribué à la sécheresse et à la canicule exceptionnelles, pointe Thomas Curt, directeur de recherche sur les incendies de forêt, de l’Institut national de recherche en sciences et technologies pour l’environnement et l’agriculture (Irstea) d’Aix-en-Provence.

Opérations de débroussaillement en pagaille

Les étés 2016 et 2017 ont été aussi très secs et chauds : cela nous confirme le rôle des changements climatiques en cours sur le développement de grands incendies dans notre pays. » En 2017, 24 500 hectares ont brûlé, c’est sept fois plus qu’en 2013. Autre conséquence : la saison des feux s’allonge, elle commence dès juin et s’achève en septembre. Mais la Haute-Corse a été ravagée par des feux importants en janvier 2018 ! Le changement climatique élargit aussi le risque : 32 départements sont identifiés par le code forestier comme particulièrement exposés, à ce jour. Mais il concerne désormais des régions plus au nord et/ou en altitude.

« Auparavant il n’y avait pas autant de feux et surtout si près des habitations, constate Bernard Mathieu, maire de Serres, dans les Hautes-Alpes. Un feu très important a menacé le village en septembre 2014. Il a fallu évacuer les touristes du camping. Heureusement, il a été arrêté à temps, grâce à l’intervention de moyens aériens très importants : douze avions trackers et Canadairs.

La commune, depuis, a lancé des opérations de débroussaillement sur les terrains communaux et incite les habitants à faire de même. » Une évolution constatée par la zone de défense et sécurité Sud (Paca, Occitanie et Corse), chargée, entre autres, de mobiliser des sapeurs-pompiers de départements voisins lors des gros incendies.

Les zones menacées vont s’étendre

« Habituellement, les Alpes-de-Haute-Provence et les Hautes-Alpes pouvaient fournir des moyens pour renforcer ceux de la frange littorale, remarque le colonel Gérard Patimo, chef d’état-major interministériel adjoint. Cela n’a pas été le cas les deux derniers étés car ils étaient confrontés à un risque important à couvrir chez eux. Il a donc fallu qu’on s’organise avec des départements du Sud-Ouest comme l’Ariège, les Hautes-Pyrénées. »

Les préfets de six départements qui ne sont pas particulièrement exposés, ceux de l’Aveyron, de la Haute-Loire, du Finistère, de la Savoie, du Rhône et de l’Isère, estiment que la fréquence des feux de forêt s’est accrue, de façon assez marquée, ces quinze dernières années. Les zones sensibles pourraient s’étendre de 30 % d’ici à 2040, notamment le long du littoral atlantique jusqu’en Bretagne, comme le montre une étude de 2010. Bref, le risque d’incendie de grande envergure avec des conséquences dramatiques augmente. Et le changement climatique n’est pas seul en cause.

Des boisements en perpétuelle extension

L’évolution de la forêt a aussi de quoi inquiéter. D’abord, elle ne cesse de gagner du terrain, surtout sur le grand arc méditerranéen. Cette extension atteint 2 % par an en Corse, par exemple. Sa surface a été multipliée par trois en un siècle dans le Var, pour couvrir aujourd’hui 62 % du département. « L’essentiel des boisements dans le Sud-Est concerne des terres délaissées par le pastoralisme et l’agriculture », note l’Institut national de l’information géographique et forestière.

De plus, la forêt s’étoffe et accumule du combustible. « En effet, cette forêt est sous-exploitée, pointe Eric Rigolot, directeur de l’unité de recherches écologie des forêts méditerranéennes de l’Institut national de la recherche agronomique (Inra) d’Avignon. Les prélèvements annuels, 61 millions de mètres cubes, sont largement inférieurs à l’accroissement biologique, qui atteint 130 millions de mètres cubes. »

Dans le Sud-Ouest, les problèmes sont différents. Près de 1 000 hectares de pins ont été détruits par un feu très violent à 55 kilomètres au nord de Bordeaux, en avril 2017. « Il s’agissait de plantations, réalisées après la tempête de 1999 qui a ravagé les landes de Gironde, analyse Jean-Marc Antonini, directeur opérationnel du Sdis des Landes. Les forêts jeunes sont plus vulnérables car les arbres y sont plus serrés et les branches basses plus près du sol : l’embrasement est plus rapide et se propage plus facilement. Dans les Landes, la forêt a aussi été replantée après la tempête Klaus de 2009. Et l’on se dit que l’on n’est pas à l’abri d’années difficiles ».

D’importantes négligences

Cette situation est d’autant plus inquiétante que les principales mesures de prévention « ont été largement négligées », comme le pointe le rapport de la mission interministérielle d’évaluation relative à la défense de la forêt contre l’incendie, publié en avril 2016. « La gestion de l’interface habitat-forêt constitue un des points faibles majeurs de l’action de prévention, malgré les recommandations fortes des missions interministérielles de 2003 et 2010.

Le mitage de la forêt par l’habitat, dans un contexte de forte pression démographique et urbaine [se poursuit] », dénoncent ses auteurs. Ainsi, 200 000 maisons sont situées dans cette zone à risque dans les Bouches-du-Rhône. « Dans le Sud-Est, on continue à construire sur des terrains qui ont brûlé plusieurs fois, au milieu de forêts de pins, fermées, embroussaillées, qui n’ont pas été nettoyées depuis des décennies, dénonce Thomas Curt. Le mitage des milieux naturels par l’urbanisation a progressé de 10 % en dix ans dans les départements des Bouches-du-Rhône et de Haute-Corse, par exemple. »

Résultat : le moindre incendie aujourd’hui menace une maison, un lotissement, un camping&hellip Et les moyens de lutte contre les feux sont de plus en plus absorbés par la protection de ces enjeux, au détriment de la défense de la forêt. D’autant que l’obligation légale de débroussaillement est très insuffisamment respectée par les particuliers. Or, les maires sont responsables de son application, du point de vue de l’exécution et du contrôle, depuis 2001. Ils disposent de pouvoirs de police renforcés et d’outils juridiques de coercition pour y parvenir.

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Commentaires

Pourquoi les incendies en forêt vont se multiplier

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François

13/06/2018 08h38

Merci pour cet intéressant article qui montre que le « réchauffement climatique » n’est pas seul en cause mais que l’extension du boisement, la sous-explotation, le manque d’entretien, l’étalement urbain sont aussi en cause…
Et si on aidait la filière bois à valoriser ses produits, notamment pour le chauffage ?

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