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Société numérique

« L’administration n’a pas moins de capacité d’innovation que les entreprises » – Henri Verdier

Publié le 17/05/2018 • Par Gabriel Zignani Romain Mazon • dans : France

henri-verdier
fabien calcavechia
Henri Verdier, directeur interministériel du numérique et du système d'information de l'Etat français est au coeur de la transformation numérique du secteur public, jusqu'à l'opendata, puisqu'il est également administrateur général des données (AGD). La Gazette l'a longuement interviewé, sur l'ensemble des dossiers à l'ordre du jour des collectivités. Deuxième volet d'une série qui en compte trois : l'innovation publique.

Quel bilan tirez-vous des différentes démarches d’innovation que vous avez initiées ?

Positif. Contrairement à ce qui se dit parfois, l’administration n’a pas moins de capacité d’innovation que les entreprises. Les initiatives que nous avons lancées ont atteint leurs objectifs initiaux, et ont de plus en plus de succès. Le programme de startups d’État et un bon exemple. Il y a cinq ans, nous avons prototypé la méthode pour refaire data.gouv en méthode agile. Aujourd’hui, 53 start-ups d’État sont en cours de développement, et 4 ou 5 ont plusieurs millions d’utilisateurs réguliers, comme « La Bonne Boîte » que je cite souvent. Des incubateurs similaires voient le jour dans les ministères et dans les collectivités, comme Paris, le Pas-de-Calais ou le Calvados.

De même, pour les entrepreneurs d’intérêt général : la première année, nous avions une promotion de 12 personnes, cette année ils sont 25 !
Enfin, nous devrions inaugurer, avant l’été, la Base Adresse Nationale, achevée ; un projet lancé il y a trois ans, pour lequel nous avons soutenu la collaboration de l’IGN, de la Poste et d’Openstreetmap…

Même si la route est longue, la culture du partage des données, des standards ouverts, des développements agiles, de l’autonomie des projets de l’internalisation des compétences progresse de plus en plus profondément dans l’État.

Est-il plus facile d’innover dans le secteur privé que dans le secteur public ?

Innover dans l’Etat est à la fois plus difficile et moins difficile qu’on l’imagine. D’un certain point de vue, l’État, qui se reconnaît les devoirs d’égalité, de continuité et de mutabilité, qui a des agents très engagés, des alliés, une pensée de la souveraineté, est assez armé dans la révolution numérique. Car finalement, les géants du numérique pensent un peu comme des Etats.

Quand Lionel Jospin déclare, en 1997, à Hourtin (Gironde), que la France va passer du Minitel à internet, il y a 50 000 internautes en France. Il y a incontestablement, au sein de l’État, une certaine avidité à faire du neuf et à redistribuer les cartes.

D’un autre côté, l’État a des règles de fonctionnement qui le pénalisent. Ses fonctions RH ou budgétaires par exemples n’ont pas été conçues pour favoriser l’innovation. Ce qui reste difficile dans l’aventure des start-up d’État, par exemple, c’est d’institutionnaliser la logique de l’expérimentation et de l’amélioration continue : « on commence petit, mais si ça marche il faudra investir davantage ». De même, s’il n’est pas si compliqué que cela de recruter des contractuels, il est très difficile de recruter des contractuels atypiques. Or, dans le numérique, nous n’avons pas encore de référentiel. Les écoles de la fonction publique n’enseignent pas l’intelligence artificielle ou la blockchain.

Récemment, cependant, les choses ont considérablement évolué. Il y a un fort consensus aujourd’hui en faveur de l’opendata, de l’innovation ouverte, d’une informatique « plateforme » et agile, d’une transparence des algorithmes et des codes… Ça a été assez rapide pour une institution de 2 500 000 personnes. L’État bouge !

S’il n’est pas si compliqué que cela de recruter des contractuels, il est très difficile de recruter des contractuels atypiques. Les écoles de la fonction publique n’enseignent pas l’intelligence artificielle ou la blockchain.

Et dans les collectivités, quel est votre regard ?

Les collectivités aussi bougent, mais nombre d’entre elles étaient déjà extrêmement créatives et dynamiques. Elles ont en outre un avantage, c’est qu’elles sont plus « servicielles » que l’État : elles délivrent des repas, collectent les ordures, distribuent l’eau potable… et peuvent rapidement tester des nouveautés et s’adapter ; les stratégies fondées sur la donnée peuvent y avoir un grand impact.

Pour les startups de territoires, est-ce que ne va pas se poser la question du passage à l’échelle ?

Une « start-up » a toujours vocation à grandir et à s’améliorer. Il faut parfois savoir la refinancer, même si nous avons assez de recul maintenant pour pouvoir affirmer que ces méthodes baissent considérablement le coût des projets informatiques. Mais le problème ne sera pas forcément un problème de passage à l’échelle budgétaire. La culture d’amélioration permanente demande une attention particulière, et presque une sorte de « force d’âme »… Faire un projet viable en six mois, ce n’est pas si difficile. Mais relancer sans cesse de nouvelles itérations, se remettre systématiquement en cause… Il faut incontestablement de la fermeté.

Comment réagir à l’arrivée de certains acteurs privés sur le champ du service public ?

C’est une question compliquée. D’une part, notre stratégie de plateforme part bien du présupposé que, dès qu’une administration fait quelque chose, tout le monde doit pouvoir s’en saisir : les autres administrations, et si possible l’économie numérique et le citoyen.

D’autre part, cette stratégie consiste à dire que derrière les données publiques, il y a beaucoup de services possibles. Quand l’État voit naître, grâce à ses données, de nouveaux services, il ne peut que s’en réjouir. Cela prolonge et amplifie son effort. Nous encourageons donc l’enrichissement du service public par les initiatives privées, qu’elles soient à visées commerciales ou non.

Pour autant, il nous faut combattre de nouveaux types de « fraudes », comme celles de gens qui essayent de faire payer pour des services qui existent gratuitement. Et nous devons conserver notre capacité à garantir une forme de souveraineté et donc la capacité de décision de l’action publique.

On a pu voir, cependant, certains abus de ces initiatives privées, ou parfois, le remplacement de l’action publique…

Evidemment, s’il y a des fraudes ou de l’arnaque, ce n’est pas acceptable. La réglementation en la matière va d’ailleurs être durcie.

Et cela devient inacceptable lorsqu’il y a menace de perte de souveraineté : si les données des Français se retrouvent à l’étranger, si un acteur prend une telle position dominante qu’il peut nous dicter ses propres règles d’innovation… Nous y faisons attention, en nous assurant que les ressources qui permettent d’innover restent des communs. Pour être concret, si demain l’État est obligé de passer par un acteur tiers pour, grâce à ses fonds cartographiques, calculer la taxe foncière, il y a recul du service rendu aux Français, et de notre sécurité. C’est pourquoi, par exemple, il faut que l’État conserve le cadastre.

Aujourd’hui, la bataille de l’autonomie de l’État et des collectivités, et de l’action publique en général, se situe surtout au niveau de ces « couches profondes » : les données sur lesquelles on calcule l’impôt, les prestations sociales…

Mais cette double attention ne doit pas nous empêcher d’encourager toutes les innovations et de veiller à en faire bénéficier les Français. C’est l’une des ambitions de la stratégie d’État plateforme : stimuler la créativité autour des ressources de l’État.

Est-ce que la transformation de l’Etat n’est pas souvent orientée à son bénéfice et beaucoup moins à celui de ses partenaires ?

On essaye de l’éviter, mais ce type d’erreur est humaine. La tentation de se focaliser sur son périmètre, et de sous-estimer les externalités négatives, est assez banale. Les gens ont tendance à exporter la complexité vers l’extérieur, dans le privé comme dans le public. La DINSIC, par ses missions interministérielles sur le cadre stratégique du SI de l’État, vérifie les grands projets informatiques et est donc appelée à surveiller ces risques. Ils nous arrive de devoir recadrer un projet. Mais l’État n’est pas pire que les autres en la matière.

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