Déjà inscrit(e) ?

Mot de passe oublié ?

Identifiant et/ou mot de passe non valides

Nous n’avons pas reconnu votre email, veuillez indiquer un email valide, utilisé lors de la création de votre compte.

Un message avec vos codes d'accès vous a été envoyé par mail.

Pas encore inscrit(e) ?

Inscrivez-vous pour accéder aux services de LaGazette.fr et à la gestion de vos Newsletters et Alertes.

M'inscrire gratuitement
Club prévention sécurité

Déjà inscrit(e) ?

Mot de passe oublié ?

Identifiant et/ou mot de passe non valides

Nous n’avons pas reconnu votre email, veuillez indiquer un email valide, utilisé lors de la création de votre compte.

Un message avec vos codes d'accès vous a été envoyé par mail.

Pas encore inscrit(e) ?

Inscrivez-vous pour accéder aux services de LaGazette.fr et à la gestion de vos Newsletters et Alertes.

M'inscrire gratuitement

icon Club prévention sécurité

Prévention de la radicalisation

Qui sont les jeunes radicalisés ?

Publié le 30/03/2018 • Par Emilie Denètre • dans : A la Une prévention-sécurité, Actu experts prévention sécurité, France

radicalisation djihad jeunes
stop-djihadisme.gouv.fr
Une semaine après les attaques de Carcassonne et Trèbes, deux sociologues viennent de publier leurs travaux - au long cours - sur le processus de radicalisation chez les mineurs. De cette étude, il ressort plusieurs profils de radicalisés et quelques surprises. Une mine pour les travailleurs sociaux confrontés à ces questions sur le terrain.

Lors de l’hommage au colonel Beltrame aux Invalides, le 28 mars, le chef de l’État, tout en saluant « l’esprit français de résistance » de ce gendarme qui s’est sacrifié pour sauver la vie d’une otage, a ainsi appelé « chaque citoyen à un regain de vigilance et de civisme face à l’islamisme souterrain ».

En première ligne dans ce labeur quotidien, on retrouve –en parallèle des services de renseignements et parfois même en amont – les travailleurs sociaux. Et dans ce sens, l’étude des sociologues Laurent Bonelli et Fabien Carrié, de l’Université de Nanterre, peut être éclairante.

4 profils de « radicalité »

Les chercheurs ont travaillé 18 mois, ont épluché 133 dossiers de mineurs suivis par la Protection Judiciaire de la Jeunesse (PJJ), ont mené 57 entretiens avec des professionnels et assisté à 6 audiences de mineurs poursuivis pour association de malfaiteurs en lien avec une entreprise terroriste (AMT).

« Nous avions affaire à une extraordinaire variétés des comportements (conversion à un islam rigoriste, insultes à policiers, départs en Syrie, préparations d’attentats, etc.) tous regroupés sous le même vocable ‘radicalisation’ » a ainsi constaté Laurent Bonelli. « Pour opérer une classification, nous avons alors décidé de revenir aux causes, afin de comprendre ce que les actes signifiaient pour ceux qui les avaient commis ». Dès lors, les chercheurs ont travaillé sur deux questions-pivot : est-ce que cette appropriation du registre subversif de la radicalité se fait individuellement ou dans le cadre d’un groupe ? Est-ce qu’elle structure fortement les identités ou pas ?

Quatre registres de radicalité ont été ainsi identifiés par les sociologues :

  • La radicalité apaisante (cadre individuel, identité forte) ;
  • La radicalité rebelle (cadre individuel, identité faible) ;
  • La radicalité agonistique (cadre collectif, identité faible) ;
  • La radicalité utopique (cadre collectif, identité forte).

Les plus « engagés », un public inconnu de la PJJ

Des registres de « radicalité » qui ne drainent pas le même public.

Dans le premier, celui de la radicalité « apaisante » (religiosité, sympathie pour le djihad mais peu de passages à l’acte), les chercheurs ont pu identifier une majorité de jeunes filles qui « utilisent le religieux pour mettre en ordre le désordre familial. On retrouve dans ces familles des vies brisées, des violences sexuelles, de l’alcool, etc. » note Laurent Bonelli.

Dans le cas de la radicalité « rebelle », les chercheurs évoquent à l’inverse des familles plutôt encadrantes. Le registre subversif de la radicalité est alors utilisé par les jeunes « pour s’opposer à la famille ». « Vous avez des ‘engagements en miroir’, avec un père militaire français en opération extérieure par exemple » détaillent les sociologues. Dans ce groupe, les actes repérés par la justice sont des faits de violences, des discours radicaux ou des préparatifs d’attentats, mais sans grande organisation.

Dans le groupe des « agonistiques » (essentiellement des garçons), repérés pour des actes d’apologie du terrorisme et de provocations, les sociologues identifient l’essentiel du public « habituel » de la PJJ : des gamins suivis depuis longtemps par les institutions, souvent en échec scolaire, vivant dans des familles peu structurantes et se socialisant dans la rue au contact des bandes. Pour Laurent Bonelli : « le registre de la radicalité est ici utilisé de manière stratégique pour déstabiliser les institutions. S’il y a passage à l’acte, cela se fait sur le tard, lorsque le jeune s’est épuisé dans la délinquance et dans la rue ».

Enfin, et c’est là la surprise de cette enquête de terrain, ce sont parmi les « utopiques », des jeunes majoritairement inconnus des institutions et de la PJJ, que l’on détecte les passages à l’acte les plus sérieux (préparations d’attentats et départs en Syrie). Les chercheurs décrivent en effet des familles très structurantes, dont les parents souvent immigrés de première génération « ont joué à fond la carte de l’assimilation en francisant par exemple leurs noms ». Des parents qui appartiennent aux classes populaires supérieures et qui se montrent soucieux que leurs enfants « réussissent » à l’école allant jusqu’à organiser la vie familiale autour de ce projet. Or, notent les sociologues, tous ces enfants radicalisés  vont à un moment ou à un autre se heurter à un échec/ une douleur scolaire, souvent lors du passage du collège (où ils étaient de très bons élèves) au lycée. « On a alors affaire à des gamins qui vont venir substituer au projet parental de réussite par l’école, celui du djihad. Ils transposent dès lors toutes leurs capacités scolaires et cognitives vers ce but, pour se revaloriser car leur monde, leur projet initial, vient de s’effondrer » détaille Fabien Carrié.

Ne pas sur-réagir face à certains comportements

Face à ce constat, les chercheurs notent l’importance pour la justice et les institutions de bien identifier ces « radicalités différentes qui n’appellent pas les mêmes réponses institutionnelles ». « Le défi est de produire une désescalade institutionnelle pour ramener ces actes à leur juste valeur » note Laurent Bonelli.

Dans le cas des « agonistiques », judiciarisés pour des faits d’apologie du terrorisme, une sur-réaction de la justice peut renforcer les mineurs « dans leur logique de révolte et dans leur posture radicale ». De même, les chercheurs s’interrogent sur le suivi des « utopiques » en prison, « où ils risquent de devenir des ‘victimes’ de par leur méconnaissance totale des codes de la rue et de la délinquance. Pour survivre, ils peuvent être amenés à se radicaliser encore plus ».

Cet article est en relation avec le dossier

Réagir à cet article Vous avez une question ? Posez-la à notre juriste

Nos offres d'emploi

Plus de 1000 offres d'emploi !

TOUTES LES OFFRES D'EMPLOI

Aujourd'hui sur le Club prévention-sécurité

Nos services

Prépa concours

CAP

Évènements

Gazette

Formations

Gazette

Commentaires

Qui sont les jeunes radicalisés ?

Votre e-mail ne sera pas publié

Club prévention sécurité

Déjà inscrit(e) ?

Mot de passe oublié ?

Identifiant et/ou mot de passe non valides

Nous n’avons pas reconnu votre email, veuillez indiquer un email valide, utilisé lors de la création de votre compte.

Un message avec vos codes d'accès vous a été envoyé par mail.

Pas encore inscrit(e) ?

Inscrivez-vous pour accéder aux services de LaGazette.fr et à la gestion de vos Newsletters et Alertes.

M'inscrire gratuitement
 
En poursuivant votre navigation sur ce site, vous acceptez l'utilisation de cookies pour vous proposer des services et offres adaptés à vos centres d'intérêt. OK En savoir plus X