Aménagement numérique

L’Allier se lance dans la collecte participative des données géographiques

| Mis à jour le 21/03/2018
Par • Club : Club Techni.Cités

georgejmclittle

Les 3 et 4 mars derniers, le département de l’Allier a organisé une carto-party pour recenser les stations-service et les distributeurs automatiques de billets sur son territoire. L’initiative, une première pour la structure, traduit l’intérêt grandissant des collectivités pour la problématique de la géolocalisations des données.

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Le SIG, un outil d'aide à la décision

On n’est jamais mieux servi que par soi-même. L’adage, bien connu, a été récemment mis en pratique par le département de l’Allier. En effet, faute d’être en possession d’informations essentielles le concernant – notamment la localisation de certains services de proximité au public -, le département a décidé de faire appel à ses habitants pour se constituer une base de données géographiques, plutôt que de recourir à un prestataire.

Les 3 et 4 mars derniers, les habitants de l’Allier se sont donc directement rendus sur le site internet de la collectivité pour compléter la carte collaborative mise en ligne par les services SIG du département, afin d’y signaler la présence des stations-service disponibles sur leur territoire, ainsi que la présence des distributeurs automatiques de billets (DAB). Les lieux en question ont été géolocalisés et commentés par les participants. Les résultats obtenus ont dépassé les espérances de départ. « 597 points ont été recensés. Pour nous, c’est un chiffre énorme », commente Mickaël Cloux, chargé de mission au sein du département.

Une idée qui prend forme

Le cas du département de l’Allier n’est pas isolé. De plus en plus de collectivités territoriales, notamment rurales, ont recours à l’aide de leurs habitants pour se constituer une base de données opérationnelle. Il y a quelques années, la communauté de communes Caux Vallée de Seine avait ainsi organisé une « carto-party », où elle avait demandé à ses habitants de localiser puis de signaler via une application smartphone les places de parking handicapées sur son territoire.

Inspirées des initiatives collectives comme celle d’Openstreet Map, ces « carto-partys » visent à rassembler sur une période de temps réduite un maximum d’informations sur un territoire donné, en demandant à un nombre important de personnes de fournir les informations recherchées. « On part du principe qu’un habitant saura parler de son territoire», résume le chargé de mission.

Des arguments séduisants

L’idée a de quoi séduire, notamment parce qu’elle demande très peu de moyens financiers. « Nos dépenses ont été prises sur les fonds existants, c’est-à-dire que nous avons exploité au maximum les outils dont disposait déjà la collectivité [notamment les logiciels SIG, NDLR] et les moyens humains déjà sur place », détaille Mickaël Cloux. Mais le gain économique n’est pas la seule motivation qui pousse les collectivités à se lancer dans un tel projet. « On s’est demandés s’il serait utile qu’on achète ces données à un opérateur, alors qu’elles ont une vocation publique…», commente-t-il.

Un argument pas si naïf que ça. A l’heure où les entreprises privées rivalisent d’inventivité pour importer l’information aux usagers – on pense notamment à Google avec son application « Google Maps », qui propose aux habitants d’alimenter ses cartes via le système des « local guides » ou encore à Waze, qui propose également un service de géolocalisation des stations essences pour les automobilistes -, il semblerait malgré tout que les initiatives d’ordre public aient, elles-aussi, une valeur ajoutée à apporter aux habitants.

Réelle « plus-value »

Mickaël Cloux en est persuadé. « Dans ces applications très connues, l’information est souvent partielle dans les zones peu denses. Sur les grandes agglomérations, cela ne pose pas de problème et l’information est souvent fiable. Dans les petits villages, en revanche, la qualité de l’information géographique n’est pas encore au rendez-vous. Or, l’idée de cette carte collaborative, c’est aussi d’apporter l’information à tout le monde, y compris dans les zones rurales, très nombreuses dans l’Allier», plaide ce dernier.

Une réflexion plus globale sur le territoire

La carto-party organisée en mars dernier s’inscrivait dans le cadre de la réalisation du schéma d’accessibilité au public (Sd’ap) du département de l’Allier. Celui-ci a été adopté le 12 décembre 2017. « Dans ce document, nous avons listé 17 services qui sont importants pour le territoire. Cela passe par les écoles publiques, les services postaux, les commerces alimentaires, mais aussi les stations-service et les distributeurs automatiques de billets (DAB) » explique Mickaël Cloux, chargé de mission au sein du département.

Les premières enquêtes ont été réalisées en 2014 et 2015 auprès des habitants. La seconde phase, lancée depuis décembre 2017, vise à la constitution d’une base de données fiable pour pouvoir identifier l’ensemble de ces services. « Nous sommes déjà partis sur ces deux services [les stations de recharges thermiques et électriques et les DAG, NDLR] pour la carto-party, car nous ne savions pas à quoi nous attendre. Nous pensons ensuite organiser régulièrement d’autres carto-partys pour mettre à jour ces données », complète le chargé de mission.

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