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Réforme fonction publique

Jeu de stratégie autour de la fonction publique : les collectivités et la territoriale pourraient payer la note

Publié le 27/02/2018 • Par Bénédicte Rallu • dans : A la une, A la Une RH, France, Toute l'actu RH

casinoclry2CC
Flickr CC by clry2
L’intersyndicale réunissant sept des organisations syndicales (OS) représentatives dans la fonction publique (CGT, FO, FSU, CFTC, CFE-CGC, Solidaires, FA) cherche à mobiliser les troupes en vue de la journée de grève et de manifestations du 22 mars. La méthode et la multiplication des annonces gouvernementales, notamment la réforme de la SNCF, compliquent la mise au point de leur stratégie. Les collectivités et la territoriale pourraient en pâtir !

Trois semaines après l’annonce d’une journée de mobilisation pour le 22 mars, sept des neuf organisations syndicales représentatives de la fonction publique (CGT, FO, FSU, CFTC, CFE-CGC, Solidaires, FA) ont renouvelé leur appel à la grève et à manifestations, lors d’une conférence de presse le 27 février. Elles tentent de créer un mouvement « au moins aussi fort que la journée de mobilisation du 10 octobre dernier, si ce n’est plus ».

Des réunions bilatérales qui n’ont pas convaincu les OS

Depuis le premier comité interministériel de la transformation publique du 1er février et l’annonce de la réforme de la fonction publique, des réunions bilatérales entre le gouvernement et les OS se sont tenues tout au long du mois de février.

Elles n’ont pas convaincu les syndicats… Ceux-ci attendent avec impatience la réunion plénière promise par le gouvernement. Celle qui doit déterminer le cadre de discussion des quatre chantiers de réforme : la rencontre devrait avoir lieu aux alentours du 9 mars (alors qu’un conseil commun de la fonction publique est également prévu à ce moment-là). Les OS attendent aussi une proposition de calendrier des discussions que la DGAFP est chargée de rédiger. Un document qui se fait attendre…

Dialogue compliqué avec le gouvernement

Les dernières semaines ont continué de donner le sentiment aux OS que le gouvernement ne s’installait pas dans une véritable posture de dialogue à leur égard. Lors de la conférence de presse de l’intersyndicale de ce 27 février, la CGT fonction publique, par la voix de son secrétaire général, Jean-Marc Canon, a illustré l’attitude du gouvernement par le fait que celui-ci n’ait pas répondu au préavis de grève déposé par la centrale.
« Un préavis oblige légalement les parties à négocier, a-t-il fait remarquer. A ce  stade, nous n’avons eu aucun contact à ce sujet… ». Avec la journée de mobilisation du 22 mars, les OS cherchent à « obliger le gouvernement à ouvrir des discussions sur la fonction publique ».

Dans l’entourage du ministre et du secrétaire d’Etat à l’Action et aux comptes publics, on tente de désamorcer, en insistant sur la concertation avec les OS qui doit se dérouler jusqu’à la fin de l’année et sur la nécessaire écoute des différents besoins RH émanant des employeurs publics (collectivités, hôpitaux, Etat).

L’épreuve de la pédagogie

Surtout, en multipliant les annonces de réformes dans un contexte d’échéances électorales favorables, le gouvernement abat ses cartes, très stratégiquement,  et complique le jeu des OS représentatives de la fonction publique, comme des employeurs territoriaux.

En réaction aux annonces gouvernementales sur la SNCF, les syndicats de cheminots ont embrayé et annoncé eux aussi un mouvement social pour le 22 mars. Il  pourrait rendre invisible le mouvement dans la fonction publique et ainsi créer des confusions.

Les OS de l’intersyndicale fonction publique ont reconnu qu’elles allaient devoir faire preuve de « pédagogie »  pour expliquer les spécificités de leurs revendications tout en souhaitant des temps de « convergence entre les différents mouvements » (cheminots, EHPAD…). Les syndicats s’appuieront en partie pour cela sur la pétition pour la défense de la fonction publique, des services publics, du pouvoir d’achat, de l’emploi et des conditions de travail qu’ils viennent de lancer. Ils y voient un « outil pour aller à la rencontre des agents et leur expliquer les enjeux ».

Par leur mouvement unitaire, les sept OS, sur les neufs organisations représentatives de la fonction publique, réunies dans l’intersyndicale tentent aussi de surmonter leurs éventuelles différences que ne va pas manquer de révéler la campagne pour les élections professionnelles du 6 décembre.
Au nom des enjeux majeurs du combat qui s’annonce : au-delà  du statut général de la fonction publique qui serait menacé, ces OS considèrent que le « projet qui se dessine » à travers les annonces du gouvernement, remet en cause un  certain modèle de société et les valeurs de la République.

Aux employeurs territoriaux de prendre part au jeu

Dans ce mouvement sur la fonction publique, la voix de la territoriale exprime déjà difficilement sa spécificité. Mais il est aussi une autre voix que l’on peine à entendre : celle des employeurs territoriaux.

Le président de la République et le gouvernement l’ont bien compris. Et n’ont de cesse, depuis la conférence des territoires de juillet dernier, de déclarer vouloir leur accorder davantage de marges de manœuvre, notamment dans la gestion de leurs agents. Tout en étant parfaitement conscients de la complexité, pour 55 000 employeurs, de strates et de taille de collectivités différentes, de s’accorder sur de tels sujets.

« A eux d’améliorer leur prise de décisions pour éviter qu’elles ne coûtent cher. C’est une forme de responsabilisation. Nous voulons leur accorder un choix de liberté supplémentaire », entend-on dans l’entourage du ministre et du secrétaire d’Etat à l’Action et aux comptes publics.
Les OS, de leur côté, se voient expliquer que la non réponse du gouvernement sur le prochain rendez-vous salarial serait en partie due au fait que les employeurs territoriaux y mettraient de la mauvaise volonté…

Quant aux employeurs territoriaux, ils continuent de discuter avec le gouvernement… en ordre dispersé.

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Henri Tanson

28/02/2018 06h53

La question qui se poserait serait : faut-il un mouvement général, ou bien, des actions séparées ?
Si on pose la question c’est qu’on n’a pas compris le problème…
Ce gouvernement n’a aucune volonté ni aucunes raisons de négocier quoi que ce soit, dans la mesure où il ne fait qu’appliquer les Directives de Bruxelles. Ainsi, quand on évoque des « négociations », c’est juste de la comédie : vous êtes écoutés, et puis tout continue comme prévu.
Donc, la vraie et seule bonne action, c’est un mouvement unitaire, de grande ampleur, pour faire comprendre au gouvernement que nous ne sommes pas dupes et que nous n’acceptons plus que l’on nous impose une politique qui défend les intérêts de Bruxelles et pas ceux des Français. En fait, nous voulons un retour de la démocratie !
C’est pas gagné.
Et ça devrait se traduire par un rejet massif de l’UE et un référendum sur le FREXIT.

Remsou

28/02/2018 09h01

C’est volontaire de mettre en parallèle le titre : « jeu de stratégie » avec une image du « jeu de la roulette »?
Roulette qui symbolise l’essence même des jeux de hasard…

ce qui est bien avec la loterie, c’est qu’il y a toujours 1 gagnant!
Bon, à la roulette, comme dans tous les jeux de casino, c’est souvent la banque qui gagne…

et en même temps, comme disait la pub : « 100% des gagnants ont tenté leur chance »,
en oubliant négligemment de préciser que 100% des perdant aussi…

Fermeture de service, à qui le tour? Mesdames, Messieurs, faites vos jeux ! …

Murakami

28/02/2018 09h29

Oui effectivement, il va falloir faire preuve de beaucoup de pédagogie pour expliquer pourquoi à la SNCF on peut partir à la retraite à 52 ou 57 ans alors que dans le privé c’est 62 ans, que la retraite est calculée , dans les trois fonctions publiques, sur la base des 6 derniers mois alors que dans le privé sur les 25 dernières années!
Ce n’est pas remettre en cause un certain modèle de société et les valeurs de la République mais simplement la justice sociale que mettent en avant, à longueur de journée, les syndicats mais que bien sur , tout comme les politiques , ils ne veulent pas s’appliquer à eux mêmes ou aux personnes qu’ils représentent. Il est nécessaire que TOUT LE MONDE fasse des efforts. Ce n’est pas en tapant sur l’Europe ou en se repliant sur nos frontières en évoquant la spécificité française que la situation va évoluer.

Aurcads

01/03/2018 09h53

Sauf que la plupart des cheminots doivent maintenant cotiser 43 ans pour avoir leur retraite à taux plein, et que l’argument du calcul sur les 6 derniers mois est juste insupportable quand on sait que non seulement il s’agit du seul traitement de base (hors primes) qui est pris en compte, mais en plus que maintenant les taux de remplacements sont désormais équivalents entre secteur privé et public !

C’est vraiment dommage de répéter tout ce qu’on entend ou lit, sans se renseigner un minimum…mais ça vous occupe, preuve qu’opposer des pans entiers pourtant comparable de la classe moyenne entre eux, au motif qu’ils auraient des avantages qui relèvent en réalité du fantasme, fait le jeu de nos dirigeants, y compris Européens.

Quelle naïveté…

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