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[ÉDITORIAL] ACTION PUBLIQUE 2022
Fonction publique : l’art de la guerre
Jean-Marc Joannès | Dossiers d'actualité | France | Publié le 09/02/2018 | Mis à jour le 16/02/2018

Maîtriser le calendrier, toujours garder l’initiative… Après ces deux techniques, le gouvernement vient de mettre en pratique un troisième précepte qui, lui aussi, s’inspire de l’« Art de la guerre » de Sun Tzu : user de l’effet de surprise.

Chess.

Maîtriser le calendrier, toujours garder l’initiative… Après ces deux techniques, le gouvernement vient de mettre en pratique un troisième précepte qui, lui aussi, s’inspire de l’« Art de la guerre » de Sun Tzu : user de l’effet de surprise. Le 1er février, douze ministres et secrétaires d’Etat se sont réunis pour le comité interministériel de la transformation publique. Un grand raout, annoncé comme le premier point d’étape du programme Action publique 2022 (AP 2022). Un « point d’étape » ? C’est surtout un coup médiatique et tactique particulièrement réussi !

Plan de départs volontaires

En annonçant une nouvelle mesure à inclure dans la démarche AP 2022, un plan de départs volontaires des agents, le gouvernement a pris de court tout le monde. Même si certaines collectivités ont déjà expérimenté des départs volontaires d’agents, cela relève politiquement du coup de maître. « Volontaire », cela sonne très soft : point de casse humaine à l’horizon ! Cela parle au plus grand nombre… bien plus que la « décorrélation du point d’indice ». Rendre leur liberté aux agents sous statut, en compensant par plus de contractuels, c’est aussi très positif : l’occasion de communiquer sur la mobilité et la « respiration » nécessaires à notre fonction publique.

Financement

Sur le fond, le principe de « plan » de départs volontaires confirme que l’objectif d’AP 2022, c’est d’abord la réduction des effectifs. Et que le gouvernement veut rapprocher le régime des fonctionnaires de celui des salariés du privé. Avec le recours à davantage de contractuels, l’exécutif assume que le contrat ne devra plus être une dérogation au statut, mais bien une alternative pour les employeurs.

De nombreuses oppositions se sont exprimées immédiatement, au risque d’être qualifiées de réfractaires à l’innovation et arc-boutées sur la défense d’avantages (la garantie de l’emploi ?). Il n’empêche, ces annonces appellent des précisions : comment un plan de départs volontaires sera-t-il financé et mis en œuvre ? Concernera-t-il la territoriale et ses milliers d’employeurs territoriaux ? Quel serait le coût, financier et managérial, d’un recours massif aux contractuels… qui ne manqueront de se « vendre » au plus attractif, voire au plus offrant ?

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