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100e congrès des maires

Climat : limités par leurs outils, les maires misent sur le bon sens

Publié le 24/11/2017 • Par Arnaud Garrigues • dans : Actualité Club Techni.Cités, France

climat
CC0 Creative Commons
C'est un témoignage concret de la lutte contre le changement climatique et ses effets dévastateurs que les maires ont livré dans le cadre d'une plénière de leur 100e Congrès, le 21 novembre. L'occasion de voir qu'ils ne disposent pas toujours d'outils adaptés pour protéger leur territoire face au changement climatique et de mesurer leur engagement.

Alors que la COP23 vient de se terminer, avec un bilan que seuls les experts peuvent mesurer,  les maires ont tenu à consacrer une plénière de leur 100e congrès aux enjeux climatiques. Car pour les élus locaux, le changement climatique, ce ne sont pas des grands chiffres ou des négociations complexes, c’est du concret, du vécu, de l’humain. Particulièrement pour  les élus ultramarins, qui ont eu récemment à subir des évènements extrêmes, comme à Saint-Martin ou Saint-Barthelemy.

Une trajectoire à +3°C qui fait peur

Pour lancer le débat et expliquer ce qu’est le changement climatique, Robert Vautard, climatologue et membre du Giec a pris l’exemple de la vague de chaleur qu’a connu la France métropolitaine durant l’été dernier. « Nous avons battu un record de chaleur sur l’Europe du Sud avec des températures allant jusqu’à 42°C à Nîmes », a-t-il rappelé.

Les scientifiques ont pu établir que cette vague de chaleur – qu’ils ont baptisé Lucifer – est une conséquence du changement climatique. Ils ont aussi calculé la fréquence avec laquelle cette vague pourrait revenir, en fonction du scénario de hausse de la température et des efforts que nous ferons. Dans les 10 ans à venir, la probabilité du retour de cette vague serait de 12% en prenant la hausse de température actuelle, de 25% avec un scénario de +1,5°C et de 42% avec un scenario +2°C ! « Et tel qu’on est parti, on se dirige vers une trajectoire de 3 degrés… » se désole-t-il.

Des risques variés et à la hausse

« Les vagues de chaleur ne sont pas les seuls phénomènes extrêmes auxquels nous aurons à faire face », prévient-il. Et l’expert de citer ce qui nous menace : une augmentation de 20% des pluies les plus intenses, des crues de la Seine et de la Loire (du fait de pluies sans précédents), une intensification des cyclones dans les saisons tropicales… Avant d’insister sur les sécheresses dans le sud qui « l’inquiète énormément ». Et de conclure : « Nous avons deux défis : atténuer notre impact et gérer l’inévitable. »

A l’entendre, on sent bien que les maires n’ont pas forcément les cartes en main pour préparer leurs territoires, au regard des outils, de la réglementation actuelle et des référentiels qu’ils utilisent. « Les normes telles qu’elles sont définies aujourd’hui ne prennent pas toutes en compte le changement climatique. Sur les crues et les pluies, ces données sont obsolètes», déplore-t-il.

Des référentiels de construction inadaptés

Difficile en effet pour les édiles de savoir comment encadrer les constructions immobilières pour qu’elles soient en mesure de résister à des évènements climatiques amenés à être de plus en plus violents, fréquents et changeants.

Lors de cette plénière, Franck Meyer, maire de Sotteville-sous-le-Val, a pris la parole pour livrer son expérience. Pour réviser son PPRI (plan de prévention des risques inondation), il explique que la règle est de prendre pour référence la crue de la Seine de 1910. Et ensuite de définir des zones bleues et rouges avec des contraintes différentes. « Mais depuis 5 ou 10 ans, nous ne donnons plus d’autorisation de construire en zones bleues (théoriquement constructibles). Est-ce qu’on a raison de le faire ? Comment  faire pour modifier ces règles de l’Etat ? » s’interroge-t-il à titre.

Témoignage similaire d’un autre maire, en Occitanie, qui juge obsolète la règle des crues centennales. « Et c’est  l’Etat qui nous l’imposent », fait-il remarquer. Lui a fait son choix : il prend sur lui de réduire les surfaces constructibles.

Agir dès aujourd’hui pour intégrer le temps long

Plutôt que d’appliquer stricto sensu le droit, le maire privilégie alors le bon sens. Exemple encore avec la maire de Saint-Pierre-des-Corps, Marie France Beaufils, qui a pris des mesures de précaution : « Alors que la loi ne nous l’impose pas, nous avons décidé de n’autoriser les transformations d’habitations que si celles-çi disposent d’une pièce située à un niveau plus élevé que celle de la plus importante inondation connue. Nous essayons de proposer… puis nous imposons. »

Le climatologue Robert Vautard va dans le même sens : « On ne peut plus considérer les risques comme on le faisait avant. Il faut se projeter dans le futur. Notre monde a changé et il faut le prendre en compte pour l’évaluation des risques actuels. »

Gestion de crise : être prêt pour le jour J

Au-delà de la prévention, il faut aussi être en mesure de gérer les crises. Pour Constance de Pelichy, maire de La-Ferté-Saint-Aubin depuis 2014, il n’y a pas eu de temps de formation. Sa commune a dû faire face à deux inondations, coup sur coup, alors que sa commune n’était pas classée en zone inondable. Signe que le changement climatique oblige à des mises à jour.

La crue du 1er mai 2015 qui a frappé sa commune a donné l’occasion à une première répétition. Quelques autres communes du Loiret avaient aussi été frappées, mais les services de l’Etat ont pu prêter mains fortes. Par contre, en juin 2016, face à des inondations bien plus importantes qui ont touché 130 communes sur le Loiret et la Sologne, la situation a été très compliquée à gérer. Et l’élue s’est sentie bien seule, quand les services de l’Etat étaient débordés face aux appels à l’aide de toutes ces communes… « La préfecture n’était pas préparée à gérer la situation », analyse-t-elle. Certaines ont eu des problèmes de réseaux d’eau, d’autres de coupures de routes. « Quand il n’y a pas de plan de sauvegarde dans une commune et qu’on peut pas compter sur les services de l’Etat, c’est très compliquée », témoigne la jeune élue de 31 ans.

Heureusement, reconnaît-elle, sa commune dispose d’un plan  communal de sauvegarde, du fait de la présence d’une entreprise à risque technologique. « J’avais appris les rudiments de la gestion de crise lors d’un exercice de sécurité : tenir un journal de bord, séparer la salle de crise de la salle d’accueil », illustre-t-elle. Quelques conseils précieux pour le jour J.

Se projeter et préparer l’avenir

« On a besoin d’experts, mais on a aussi d’élus qui ont du bon sens. Et c’est une ressource importante à utiliser », souligne de son côté Bernard Lenglet, président de l’Association nationale des élus de bassin (ANEB). Cette dernière va d’ailleurs lancer une expérimentation « la France vu de l’eau » avec l’idée de penser la question de l’eau sur un territoire au-delà de la durée d’un mandat, dans une logique de gestion de projet, sur 20 ou 30 ans. « Il faut se projeter », insiste-t-il.

De son côté, Jean-Luc Rigault, président de l’AdCF, estime qu’ « il faut se préparer à la reconversion économique des territoires en intégrant le changement climatique. C’est une prise de conscience qui doit porter une vision stratégique sur le temps long ». Par exemple en anticipant la fin de la neige dans les stations de ski, en misant sur la création de neige artificielle pendant une période de transition avant de passer à autre chose. Et il appelle également à ce qu’on réfléchisse de manière spécifique à chaque territoire, en permettant un assouplissement  des normes. « On ne vit pas de la même façon à Annecy qu’à Mayotte. Il faut faire confiance aux territoires », conclut-il.

Des enjeux à la hausse, des ressources à la baisse

La question est aussi d’arriver à fixer le niveau de protection que l’on veut atteindre face aux aléas selon Marie France Beaufils, qui est élue mais aussi présidente du Centre européen de prévention de risque d’inondation (Cepri). Il n’existe pas, selon elle, de réponse commune à tous les territoires, mais plutôt une solution propre à chacun d’eux. « Une question qui va être d’autant plus importante avec la Gemapi », ajoute-t-elle. « La prochaine loi de finances qui décide de plafonner le fonds Barnier m’interroge. Pourra-t-on faire face aux travaux de protection et à l’accompagnement des collectivités qui voudront avoir des outils de protection plus important ? Les collectivités, si elles sont aussi fragilisées sur leurs ressources, vont avoir du mal à protéger les habitants », s’inquiète-t-elle.

L’interdépendance entre l’Etat et les collectivités

Ce combat face au climat nécessite qu’il y ait « un couple réel entre un Etat garant et les collectivités gérant. Il faut que la parole de l’Etat soit respectée dans la durée et respecte les aspirations des collectivités. Ça signifie leur faire confiance », martèle André Flajolet , maire de Saint-Venant et président de la commission développement durable de l’AMF.

Face à lui, c’est un Nicolas Hulot qui s’avoue parfois un peu « solitaire » dans son gouvernement qui lui répond. Faisant face aux critiques d’élus sur les problèmes de financement pour les TEPCV et les ponctions sur le budget des agences de l’eau,  il cherche à faire amende honorable. « L’Etat doit être garant de sa parole et prudent des paroles qu’il engage. Votre inquiétude est légitime. C’est un moment particulier et j’ai bien senti que cette relation de confiance était un peu ébranlée. Il faut que je la rétablisse. Sans vous, je n’ai aucune chance de mettre en œuvre mes priorités. Sans l’Etat, vous n’y arriverez pas non plus. Ce sujet doit nous rassembler plutôt que nous diviser », plaide-t-il.

« On a ensemble des défis immenses et d’une complexité rare. Il nous oblige à concilier le court terme et le long terme », conclut-il, en insistant sur le fait qu’il ne faut pas céder à la résignation. Même s’il sent « poindre parfois le risque, qu’après le scepticisme, nous cédions au fatalisme ».

 

A Bora-Bora, on joue sur les vieilles et les nouvelles recettes

Dans l’archipel de Bora-Bora (120 îles, 276 00 hab.), en Polynésie, le décor fait certes rêver. Mais il est menacé par la montée des eaux. Cette collectivité ayant la particularité de disposer d’une pleine autonomie, elle a pu autoriser la construction de maisons à pilotis à l’ancienne, avec des matériaux naturels (normalement interdits, car inflammables), mais qui ont le mérite de résister aux vents violents, et dont le niveau exigé a été revu à la hausse (de 1,5 à 2m). Mais les solutions viennent aussi du futur, puisque face à la rareté de la ressource en eau et l’accroissement des besoins, on va y tester une unité de dessalement d’eau de mer fonctionnant à 100% à l’énergie solaire. Et on se prépare aussi au pire, dans ce lieu de paradis : « Plus de la moitié des atolls sont dotés d’un abri anti cyclonique », explique Gaston Tong-Sang, maire de Bora-Bora.

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