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Politiques culturelles

Gentrification : mais à quoi jouent les villes avec leurs artistes ?

Publié le 08/12/2017 • Par Emilie Denètre • dans : Dossiers d'actualité, France

Artistes sur le site de Cap Gaillard, à Montreuil
Artistes sur le site de Cap Gaillard, à Montreuil ©Macadam Canvas
« Utilisés » par les villes pour revitaliser des espaces délaissés et peu attrayants, les artistes se retrouvent souvent relégués en bordure du chemin, dès que la « gentrification » tant attendue se produit. Pour le sociologue Fabrice Raffin, ce sont « des acteurs de la ville comme les autres», qui ont bien du mal à faire entendre leurs voix.

Cet article fait partie du dossier

Gentrification : le nouveau visage des villes

Cela fait près de 17 ans qu’ils sont installés au Cap Gaillard à Montreuil, dans la ceinture « rouge » parisienne. Une quarantaine d’artistes aujourd’hui contraints de quitter leurs ateliers urbains pour faire de la place à une centaine de logements, une résidence pour personnes âgées et une crèche.

Béatrice Peltier, membre du collectif « Macadam Canvas », qui réunit des artistes plasticiens au Cap Gaillard, décrit le phénomène de « gentrification » à l’œuvre à Montreuil : « Aujourd’hui Montreuil a changé, vous ne pouvez plus faire dix mètres sans trouver un trou et une grue ; ça construit à tout va car les gens ont envie de venir vivre ici ! ».

Vente à une foncière

Au départ pourtant, au début des années 2000, l’hôtel d’entreprises « Cap Gaillard » de Montreuil, géré par la Semimo B (1) était loin de faire le plein. « D’où l’idée de louer ces espaces vides à des artistes », se souvient Béatrice Peltier, qui estime qu’à ce moment-là, « la ville et le département ont pris conscience de l’intérêt que pouvait revêtir cette implantation d’artistes à Montreuil en termes d’image ». Les collectifs bénéficient, alors, de vastes ateliers, de baux protecteurs (commerciaux ou professionnels pour certains), et de loyers abordables.

Le problème c’est que quelques mois plus tard, la Semimo B – en recherche de liquidités – va céder cet actif à une foncière, une société commerciale chargée de faire fructifier son portefeuille immobilier en vue de distribuer des dividendes. Si tout se passe bien pendant plusieurs années – malgré cette vente -, tout bascule fin 2016 lorsque « La Foncière de Paris » décide de vendre sa parcelle en vue de transformer l’immeuble.

Après discussions avec le promoteur, la ville obtient en sus des appartements classiques, les projets « petite Enfance » et « personnes âgées », ainsi que des logements sociaux et des espaces d’activité. «  Un vrai projet de vie à l’échelle d’un îlot », commente Gaylord Le Chequer, adjoint au maire (PCF), en charge de l’urbanisme.

Quant aux artistes, si la mairie n’a plus la main  – « parcelle privée, propriétaire privé », rappelle l’élu – elle tente depuis ces derniers mois de trouver une solution à chacun. Pas si simple.
« Nous craignons que certains d’entre nous soient laissés sur le carreau et soient obligés de cesser leurs activités », soupire l’artiste Béatrice Peltier.

« Conquistadors précaires »

Guillaume Lasserre est chargé de mission Arts visuels au département des Hauts de Seine. Observateur de la vie culturelle, il a décrit sur son blog, hébergé par Médiapart, l’artiste comme « un conquistador précaire ».

« Je pense que l’on pourrait aussi comparer ces artistes à des moutons, chargés de manger toutes les mauvaises herbes, avant d’être déplacés par le fermier dans un autre pré… », ironise-t-il avant de poursuivre : « j’ai écrit sur mon blog, pour dénoncer la précarité de ces artistes, notamment ceux qui ne sont pas ‘mainstream’ [dans le  courant dominant, ndlr] et qui vivent vraiment chichement. Mais je pose également cette question : est-ce que les pouvoirs publics sont encore les maîtres du jeu ? Est-ce que les vrais décideurs sont toujours les élus locaux ? ».

Les artistes, acteurs comme les autres

« On croit souvent à tort que ce sont les politiques qui font la ville ; la ville est le résultat d’une négociation constante entre plusieurs acteurs, les politiques étant souvent dans un rôle d’arbitre entre divers intérêts économiques, sociaux, culturels, etc. » répond Fabrice Raffin, socio-anthropologue spécialiste de la culture, des arts et des territoires, et maître de conférence à l’Université de Picardie Jules Verne.
Et pour ce chercheur « les artistes –même s’ils ne le voient pas forcément comme cela- sont des acteurs urbains comme les autres ! » Des acteurs finalement faiblement dotés face aux intérêts économiques et sociaux, qui priment le plus souvent pour les collectivités. « Si vous évoquez le mot développement territorial devant un politique, il comprend ‘développement économique et emplois’ » constate Fabrice Raffin.

La ville-arbitre

Déplacés au gré d’une « gentrification » qu’ils ont concouru à faire naître, les artistes des quartiers parisiens intra-muros – comme Belleville – ont ainsi cédé la place… tout comme une majorité de ceux de la petite couronne (Sèvres, par exemple).

Un phénomène naturel alors ? « Socialement naturel », corrige le sociologue, qui souligne au passage la difficulté de certains collectifs ou artistes à faire valoir devant les décideurs publics leurs savoir-faire et leurs apports potentiels à la construction de la ville.

« Ennui généralisé»

Quant à savoir, si certaines villes ayant « rejeté » leurs artistes toujours plus loin en périphérie s’en mordent aujourd’hui les doigts, Fabrice Raffin sourit : « Toutes ! L’image de la France à l’étranger est catastrophique. Nos villes de périphérie parisienne dégagent une idée d’ennui généralisé avec une culture policée de villes dortoirs ! Les formes culturelles proposées ne correspondent pas aux attentes de la population en termes de vie nocturne et d’événementiels… contrairement à Berlin par exemple. »

Et le chercheur de citer l’exemple inattendu de la ville de Genève, qui,  dans les années 1990,  a arbitré – dans un quartier en particulier – en faveur d’un collectif d’artistes pour « garder une mixité sociale et culturelle et s’est positionnée contre des banques qui avaient tendance à tout envahir ». Preuve que les collectivités-arbitres ont bel et bien encore une carte à jouer.

« Ne pas laisser faire la loi du marché »

Alexie Lorca, adjointe au maire en charge de la Culture et Gaylord Le Chequer, adjoint au maire en charge de l’Urbanisme

La ville est-elle en mesure de faire des propositions aux artistes du Cap Gaillard ?

Alexie Lorca : Oui et nous leur avons déjà proposé des relocalisations. L’OPH de Montreuil nous a dressé une liste des lieux qui pouvaient être mis à disposition des artistes, mais c’est vrai qu’il faut de la hauteur sous plafond et que ce n’est pas simple.

Gaylord de Chequer : nous sommes en capacité de faire des propositions mais, ce ne seront pas des solutions « idéales » tout de suite pour tous. Nous essayons de gagner du temps avant de trouver des solutions plus pérennes. Mais la ville accompagne ces artistes dans une vraie démarche partenariale.

D’autres artistes de Montreuil se trouvent-ils dans la même situation que ceux du Cap ?

Alexie Lorca : Oui. Lorsque nous sommes arrivés aux affaires en 2014, nous nous sommes rapidement rendu compte que plusieurs collectifs étaient dans ce cas-là, où risquaient d’y être… suite à la pression immobilière réelle sur les villes de la petite couronne. Nous avons des propriétaires privés qui louent à des artistes et qui souhaitent revendre leurs parcelles pour faire des opérations immobilières. Nous travaillons donc en amont, sur le PLU notamment, pour avoir des leviers sur les promoteurs.

Gaylord de Chequer : Il faut savoir que la ville ne vend pas ses actifs, au contraire elle les préserve. Ensuite pour les parcelles privées, nous intervenons effectivement pour poser des contraintes notamment en termes de restitutions de surfaces aux artistes, et ce à des prix accessibles. Ce qui se passe sur Cap Gaillard montre la détermination de la ville à agir et à ne pas laisser faire la loi du marché. Les artistes ont été chassés de Paris, nous voudrions éviter qu’ils ne se retrouvent dans la deuxième et la troisième couronne.

Références

Notes

Note 01 société d’économie mixte de Montreuil Retour au texte

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