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[100e congrès des maires] Mon maire, ce héros !

Prêtre, avocat, artiste… Ils côtoient le maire et nous parlent de leur expérience

Publié le 17/11/2017 • Par Brigitte Menguy Delphine Gerbeau Isabelle Raynaud Jean-Baptiste Forray Julie Clair-Robelet • dans : Dossiers d'actualité

100e congres_WEB_V2
La Gazette/Pascale Distel
Prêtre, journaliste, préfet, gendarme ou chef d’entreprise, ils sont des interlocuteurs réguliers du premier magistrat de la commune. Ils livrent leur regard sur ce partenaire pas toujours commode.

Cet article fait partie du dossier

100e congrès des maires : mon maire, ce héros

Premier bailleur, souvent, premier employeur, parfois, de sa commune, le maire demeure une personnalité incontournable du paysage institutionnel français. Au fil des financements croisés, il entretient une multitude de relations avec les représentants de toutes les couches et sous-couches du millefeuille territorial (patron de région, président de département, élu de syndicat intercommunal…). Dans les méandres de l’organisation administrative, il se veut le porte-voix de ceux qui n’en ont pas, le relais devant les autorités supérieures.

Figure d’autorité

Le maire se pose en médiateur. Dans un monde où la gouvernance a pris le pas sur les modes de gouvernement centralisé, il trouve une vraie utilité. Le maire reste aussi une figure d’autorité vers laquelle convergent tous les corps constitués. Représentant de l’Etat sur ses terres, le maire apparaît à sa façon, pateline, comme le symbole d’une République vivante dont la laïcité n’est pas un obstacle au dialogue avec les dignitaires religieux. Le premier magistrat s’avère, enfin, comme un partenaire pas toujours commode du pouvoir central.

Une personnalité appréciée pour sa proximité et son sens du contact, qui peut se montrer rugueuse quand on la chatouille d’un peu près. Certains représentants de la presse peuvent en témoigner. Du prêtre au journaliste, en passant par le préfet et le chef d’entreprise, tous ces corps de métier passent leur maire à la moulinette. Un regard empreint de tendresse. Au-delà des soubresauts de la réforme territoriale et de la société, il demeure en effet la personnalité politique la plus appréciée des Français, sondage après sondage.

[Sommaire] Le maire vu par :

Le prêtre : « L’élu et moi-même travaillons tous deux pour le bien des personnes »

abbe-damien-verleySon église est située en face de la mairie de L’Isle-en-Dodon, autant dire que l’abbé Verley(1) croise quotidiennement son voisin le maire. Il rencontre beaucoup plus rarement les édiles des autres communes, mais au moins une fois par an pour la fête du village, durant laquelle la célébration de la messe est toujours un moment incontournable. Lors des commémorations, la laïcité est un temps mise de côté : là aussi, l’abbé Verley est présent en soutane au côté des maires avec leur écharpe. Mais c’est lors d’événements exceptionnels que se nouent des relations plus personnelles. « Pendant une tempête de neige, nous avons dû reloger de nombreux voyageurs bloqués dans la gare avec un maire à tendance communiste. Ca a été une belle collaboration, et nous en avons gardé des relations très amicales », se souvient le curé. Au lendemain des attentats du Bataclan, il a organisé une veillée dans l’église du village. Tout le conseil municipal s’est retrouvé là, entouré des habitants. « La relation à la laïcité dans les campagnes est très particulière, admet-il. Les rites républicains et religieux se mélangent. » L’abbé coopère également avec la commune de Boulogne-sur-Gesse pour l’accueil de deux familles de chrétiens migrants d’Irak.

Damien Verley voit un point commun entre le maire et lui-même, chacun un pilier du territoire : « Nous travaillons tous deux pour le bien commun des personnes : le maire sous un biais administratif, et moi sous l’angle religieux. »

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L’avocat : « Quotidiennement, il affronte au mieux des difficultés, au pire des reproches »

bluteauPour un avocat, défendre un maire est une expérience originale. « Dans la plupart des cas, il ne s’agit pas de les représenter personnellement, mais de défendre un dossier qui concerne leur commune », explique Philippe Bluteau(2), qui a fait des maires sa clientèle privilégiée. Selon lui, « le maire est aujourd’hui le contremaître de la République ». A la fois trop puissant pour qu’on le délaisse, mais pas assez pour satisfaire toutes les demandes, le maire est, dans l’imaginaire des Français, cet héritier des seigneurs féodaux, assez proche des gens sans toutefois détenir toutes les clés du pouvoir. « Le rapport à leur commune ne ressemble à aucun autre : ce n’est pas celui d’un parent à son enfant ni celui d’un chef d’entreprise à sa boîte, ni celui d’un préfet à son administration. C’est un peu des trois à la fois », constate l’avocat, qui perçoit chez les édiles une affection profonde pour leur territoire. Une raison qui explique aussi comment ils acceptent la charge de travail, parfois même à titre bénévole. « C’est un travail dur, à temps complet où ils affrontent quotidiennement au mieux des difficultés, au pire des reproches », résume-t-il.

Dans ses souvenirs de rencontres avec ces élus du quotidien, Philippe Bluteau se remémore un maire qui lui avait confié « dormir comme un bébé » depuis son élection. « Je dors par cycle de deux heures puis je me réveille en criant », lui avait-il expliqué, non sans humour, pour illustrer l’angoisse permanente qu’il ressentait vis-à-vis de ses responsabilités.

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Le gendarme : « Il existe bien plus qu’une relation administrative entre nous »

MARC WATIN-AUGOUARD

« Un soutien dans les situations dramatiques. » Voici comment le général Marc Watin-Augouard(3), directeur du centre de recherche de l’Ecole des officiers de la gendarmerie nationale, perçoit le maire. Depuis 1975, année où il est nommé commandant de peloton à Satory, dans les Yvelines, il a connu plus d’une cinquantaine de maires. Il se souvient des « longues nuits » avec eux sur le théâtre de drames.

L’ancien conseiller pour la sécurité de Nicolas Sarkozy au ministère de l’Intérieur constate qu’« un assassinat, un hôtel qui brûle à la suite d’un incendie criminel, la mort de plusieurs enfants dans une rivière créent des liens plus solides que n’importe quelle réunion de travail ». Il a ainsi gardé pendant de longues années des relations avec le maire de Montreuil-Bellay (Maine-et-Loire), bien après son départ de la compagnie de Saumur, qu’il dirigea de 1984 à 1987. « Il y a bien plus qu’une relation administrative entre nous, car maire et gendarmes sont les premiers appelés sur des catastrophes. Nous ne sommes pas dans une relation de prestation de service, mais, d’une certaine manière, dans le partage d’une douleur. Le maire est toujours présent, à n’importe quelle heure du jour et de la nuit, car il est le responsable de la sécurité publique sur son territoire. Il aide à régler des problèmes d’état civil pour les victimes, à trouver des solutions d’hébergement… » Marc Watin-Augouard estime que « le gendarme sans le maire, c’est comme un mécanisme d’horloge dans lequel il manque un engrenage : le système ne peut pas être à l’heure ».

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Le chef d’entreprise : « Il prend son bâton de pèlerin, il mouille la chemise »

yves-BaillyEn tant que PDG du fleuron de la papeterie vosgienne et patron du club de foot d’Epinal, Yves Bailly(4) entretient des liens étroits avec les édiles de son voisinage. Au fil des ans, il a développé une complicité empreinte de respect avec Michel Heinrich (LR), le premier magistrat de la ville, chef-lieu de son département. L’enjeu n’est pas mince. Composée de 330 salariés, son entreprise, Norske Skog Golbey, représente 250 millions d’euros de chiffre d’affaires. En tant que président de l’agglo, le maire d’Epinal anime le tissu économique. Il a été l’un des boosters du cluster Green Valley. Il a aussi monté une société d’économie mixte. « Michel Heinrich ne joue pas les pompiers. Il connaît les enjeux de notre entreprise et de notre stratégie de diversification », salue Yves Bailly. Coups de fil, déjeuners communs, participation aux mêmes instances économico-administratives… : les contacts entre les deux hommes sont fréquents.

Député jusqu’au printemps dernier, l’édile a ouvert des portes à Paris au chef d’entreprise, du ministère de l’Industrie à l’Ademe. Tous deux parlent la même langue. « A sa manière, le maire est aussi un entrepreneur du territoire, juge Yves Bailly. Il prend son bâton de pèlerin. Il mouille la chemise », se félicite-t-il. Si Michel Heinrich est un peu moins fanatique de foot que son prédécesseur, Philippe Séguin, il voue tout de même une passion au club d’Epinal. Aussi, quand l’équipe locale évolue à l’extérieur, Yves Bailly ne manque pas d‘envoyer un SMS à monsieur le maire pour lui donner le résultat du match.

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Le sous-préfet : « Les maires ruraux se sentent perdus dans le marasme législatif »

Jean-Charles-JOBARD«Perdus. » C’est le premier qualificatif qui vient à Jean-Charles Jobart(5), sous-préfet de Condom, dans le Gers, quand on lui demande de parler des maires d’aujourd’hui. « La France souffre de la maladie de l’uniformité : toutes les communes de France sont soumises aux mêmes obligations juridiques, mais n’ont pas les mêmes moyens ! » déplore-t-il. Compétent sur un territoire rural de près de 150 communes, Jean-Charles Jobart visite et reçoit les élus quand ces derniers sont dans l’impasse. « Les maires ruraux se sentent perdus dans le marasme législatif. Ils ne peuvent pas tout maîtriser et n’ont pas les ressources en interne », ajoute-t-il. A l’instar de ce maire qui avait laissé pendant deux ans un immeuble privé sans héritier menaçant ruine dans son village, sans agir en tant que garant de la sécurité publique. « Ils n’ont pas toujours les bons réflexes juridiques, mais ils sont courageux et ne comptent pas leurs heures pour le bien de leur commune. »

« Ils ont un sentiment d’appartenance très fort qui les lie à leur commune », explique le sous-préfet, qui entend aussi les maires se plaindre que, progressivement, l’intercommunalité les dépossède de leurs compétences. « Ils voient peu à peu leurs pouvoirs fondre comme neige au soleil au profit des communautés de communes et craignent de ne plus voir d’administrés toquer à leur porte. » Le premier magistrat « uniquement bon à gérer le cimetière » semble être le sort redouté par le maire rural d’aujourd’hui…

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La journaliste localière : « Je me suis retrouvée à boire un thé à 2 heures du matin avec le maire d’Auxerre »

JOURNALISTE-Veronique-Selles«Le maire est l’interlocuteur principal pour les informations des communes, il est important d’avoir des relations correctes avec lui ou avec elle », commence Véronique Sellès(6), journaliste du quotidien régional « L’Yonne républicaine ». C’est notamment le cas lorsqu’un fait divers touche une commune : l’édile est alors en contact avec les policiers ou les gendarmes et peut être un lien avec les familles de victimes. Mais les situations ne sont pas forcément dramatiques. « Je me suis retrouvée, l’été dernier, à prendre un thé à 2 heures du matin avec le maire d’Auxerre. Deux enfants qui avaient disparu d’un mariage venaient d’être retrouvés, la fête pouvait enfin commencer ! »

Néanmoins, tout ne se passe pas toujours bien… Pour certains maires, que les informations soient publiées dans le journal sous un angle qui ne les avantage pas ne plaît pas toujours. « A une époque, les élus de Vézelay avaient du mal à comprendre que nous n’étions pas leur journal municipal. Rien que le fait que j’assiste au conseil municipal énervait le maire parce que je sortais des informations ! Les dates des conseils ne paraissaient plus dans nos pages, et si, par le plus heureux des hasards, des opposants m’alertaient sur leur tenue, le maire n’avait rien trouvé de mieux que de déclarer la séance à huis clos pour que je ne puisse pas y assister. Je n’avais jamais vu cela ! On a parfois des explications un peu franches avec le maire, pendant lesquelles il peut demander qu’on retarde l’évocation d’un sujet, mais là, il avait coupé toute relation. »

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L’artiste : « Nous parlons urbanisme, théâtre, architecture »

francois-delaroziereNantes, Calais, Toulouse, La Roche-sur-Yon, Reims, Marseille, ainsi que Séoul, Liverpool, Yokohama ou Pékin… La ville est le terrain de jeu de François Delarozière(7). A la tête de la compagnie La Machine, qu’il a fondée en 1999, le scénographe-metteur en scène conçoit des spectacles de rue et des installations. « Comme je travaille dans l’espace public, je ne peux rien faire si je ne convaincs pas le maire », explique l’artiste.

Un sésame d’autant plus précieux qu’il a besoin de l’implication des services municipaux pour les déambulations de ses gigantesques créatures fantastiques.
Les discussions avec le maire s’engagent sur la base d’une « pré-étude » avec dessins, chiffrages des coûts et calendrier. « Nous parlons urbanisme, théâtre, architecture… » confie François Delarozière. L’enjeu ? Que le maire accepte de « bousculer le spectateur citoyen au coin de la rue, là où il ne s’y attend pas », une façon de « contribuer à l’aménagement urbain par l’art, qui aide à changer les villes. Cela suppose que le maire admette de partager le risque artistique d’une proposition unique. Si c’est le cas, nous arrivons toujours à trouver un point d’accroche commun. »
Le scénographe doit « s’arranger » des contraintes de sécurisation des événements culturels, de plus en plus prégnantes. Quant à « la saturation de l’espace public » (axes de circulation, commerces et mobilier urbain), l’artiste n’a de cesse d’interpeller les édiles à ce sujet : « Ne laissez pas disparaître les places publiques dans vos cités, ce sont des lieux de création. »

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Thèmes abordés

Notes

Note 01 Ordonné prêtre en 2014, Damien Verley a d’abord été curé de la paroisse de Grenade-sur-Garonne (Haute-Garonne). Il est, depuis 2015, à la tête de l’ensemble Notre- Dame-des-Coteaux qui compte 64 paroisses, dont L’Isle-en-Dodon et Boulogne-sur-Gesse. Retour au texte

Note 02 Diplômé de Sciences-po, Philippe Bluteau est avocat au barreau de Paris depuis janvier 2006. Spécialiste de la sphère publique, il exerce principalement pour les élus locaux une activité de conseil juridique et de défense. Retour au texte

Note 03 Ancien inspecteur général des armées gendarmerie, Marc Watin-Augouard a exercé des fonctions de commandement à Satory, à Saumur, en Champagne-Ardenne, dans le Nord… Il a aussi conseillé Nicolas Sarkozy et Dominique de Villepin au ministère de l’Intérieur, de 2002 à 2005. Retour au texte

Note 04 Soutien au maire d’Epinal lors des dernières municipales, Yves Bailly est le PDG de Norske Skog Golbey, une entreprise qui possède la plus grosse unité d’Europe de fabrication de papier journal. Il préside aussi aux destinées du club de foot local. Retour au texte

Note 05 Premier conseiller des tribunaux administratifs et des cours administratives d’appel, sous-préfet de Condom depuis juin 2016, Jean-Charles Jobart a fait ses classes comme sous-préfet d’Ambert, dans le Puy-de-Dôme. Retour au texte

Note 06 Journaliste à « L’Yonne républicaine » depuis 1992, Véronique Sellès est passée par la plupart des agences du département. Elle a reçu le Prix Varenne en 2011 pour une série d’articles sur la mythique Nationale 6. Retour au texte

Note 07 Après un compagnonnage avec Royal de Luxe, il fonde en 1999 sa propre compagnie, La Machine. Son parcours est jalonné de créations fantastiques, animaux mécaniques géants, pour des spectacles de rue et des installations urbaines. Retour au texte

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