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Politique de la ville

Emmanuel Macron promet de « ramener l’Etat dans les quartiers »

Publié le 14/11/2017 • Par Hervé Jouanneau Isabelle Raynaud • dans : A la une, A la Une prévention-sécurité, Actu prévention sécurité, France

Emmanuel Macron Politique de la ville
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Pas de plan banlieue ni d’annonces spectaculaires. Mais une « mobilisation nationale pour les villes et pour les quartiers » qui ne sortiront de l’ornière que par "le retour de l’Etat" et l’émancipation de ses habitants. Telle est en substance la réponse que le chef de l’Etat a apporté le 14 novembre à Tourcoing aux maires de banlieues en colère. Un comité interministériel des villes, initialement prévu en décembre, devrait se tenir en février 2018 pour entériner une série de mesures.

Un mois après le coup de gueule des élus de banlieue lors des Etats-généraux de la politique de la ville, le président de la République est donc sorti de son silence pour fixer la feuille de route de « sa » politique de la ville.

Une intervention attendue par les élus et les professionnels des quartiers prioritaires, qui n’ont cessé d’enchaîner les mauvaises nouvelles depuis cet été. En juillet, un décret publié en catimini entérinait dans le même temps une coupe sombre dans certaines dotations aux collectivités et un coup de rabot de 11% dans l’enveloppe dédiée aux contrats de ville.
Une autre polémique éclatait à la rentrée, avec la réduction drastique des contrats aidés et l’annonce de la diminution des APL de 50 euros.

Dans ce contexte, Emmanuel Macron se savait attendu.
Après avoir convié, lundi 13 novembre, plusieurs maires à l’Elysée pour un déjeuner de travail, puis s’être déplacé dans la foulée à Clichy-sous-Bois, ville symbole de la relégation, le chef de l’Etat s’est livré, le mardi 14 novembre à Tourcoing, à un discours fleuve d’environ une heure vingt pour exposer ses « convictions profondes » et sa double priorité de « ramener le droit commun dans les quartiers » et « d’émanciper les habitants ».

L’occasion aussi, pour le chef de l’Etat, de passer en revue l’ensemble de la politique menée par le gouvernement sur des chantiers aussi lourds que la sécurité, la formation, l’emploi, la lutte contre les discriminations, mais aussi les transports, la réussite éducative ou encore la culture. Un « plan de bataille » tous azimuts destiné, selon ses propres mots, à changer d’ici la fin du quinquennat « le visage de nos quartiers » et à réussir « la rénovation morale, parce que le coeur du défi de civilisation qui est le nôtre, le coeur de la bataille que nous conduisons pour notre République se joue là, dans les quartiers, dans les villes ».

Des financements sanctuarisés, un « plan de bataille » pour février

Soucieux de rassurer des élus échaudés par les coupes sombres dont ils font l’objet depuis cet été, le chef de l’Etat a réaffirmé la promesse gouvernementale de sanctuariser les moyens de la politique de la ville. « Personne ne perdra le moindre crédit » a-t-il lancé, annonçant au passage que la dotation de solidarité urbaine (DSU) serait même revue à la hausse pour atteindre 90 millions d’euros l’année prochaine.
«C’est une mobilisation de toute la nation qui seule peut répondre au défi immense de la politique de la ville», a-t-il insisté. Une mobilisation qui « doit être celle du gouvernement, des collectivités territoriales, des associations, des entreprises, des intellectuels», a-t-il ajouté en rappelant que 5,5 millions de personnes sont reparties dans 1 514 quartiers les plus pauvres où le chômage est trois fois plus élevé que la moyenne nationale.

Cette mobilisation, « les ministres auront à la construire, et je veux remercier Jean-Louis Borloo d’avoir accepté de remettre les gants pour aider à la bataille », a-t-il glissé sans plus de précisions devant l’ancien et toujours très populaire ministre de la ville de Jacques Chirac, de plus en plus présent ces derniers mois sur ces questions.

De même, le président entend bien s’associer aux élus et aux habitants car « l’Etat ne sait pas tout » et qu’il y a besoin de « co-construire les solutions ». Ainsi, les travaux  feront l’objet tous les 3 mois d’une réunion à l’Elysée avec « des acteurs multiples de la politique de la ville, des acteurs de terrain » et d’un « Conseil présidentiel de la ville où il y aura des représentants des quartiers, des femmes et des hommes (…) une quinzaine d’engagés auprès de moi (…) qui suivra un peu l’action faite au quotidien, m’alertera, sera également un relai et participera à ces réunions trimestrielles ».

Le plan de mobilisation débouchera en février 2018 sur des « actions concrètes » à l’occasion d’un rendez-vous qui pourrait prendre la forme d’un comité interministériel des villes, initialement prévu en décembre. « Je veux que nous mettions le maximum de moyens sur quelques dizaines de quartiers particulièrement en difficulté qui concentrent toutes les problématiques », a-t-il annoncé, sans précisions, promettant une évaluation avec des indicateurs transparents.

Annonce originale : un « accélérateur d’associations conduira à avoir une plateforme unique mettant en ligne les bonnes initiatives et permettant d’apporter le financement pour les démultiplier dans tous les territoires où elles sont pertinentes, de les évaluer, d’arrêter les financements sur celles qui ne marchent pas, mais de pouvoir mutualiser les bonnes pratiques ».

Rénovation urbaine : les 10 milliards d’euros confirmés, un nouveau président à l’ANRU

Chantier fondamental de la politique de la ville, Emmanuel Macron a réaffirmé que « l’Etat sera au rendez-vous des engagements budgétaires pour redonner une ambition à l’ANRU, dix milliards d’euros sur les prochaines années, avec une mobilisation de l’Etat, la mobilisation d’Action logement, et la mobilisation des bailleurs sociaux ». Et de féliciter au passage la nomination du maire de Clichy-sous-Bois, Olivier Klein, à la tête de l’ANRU.

Autre préoccupation ressassée pendant le discours présidentiel : la considération aux habitants et la nécessité de « redonner cette dignité au quotidien, qui consiste à avoir un environnement beau, digne de sa vie, qui donne ce sentiment d’appartenance, parce que, on vit justement dans un espace au quotidien qui correspond à ce qu’on souhaite pour soi ».

Sécurité : la police de sécurité du quotidien dans les quartiers, lutte « indispensable » contre la radicalisation

Parmi les priorités assignées à son « plan de bataille », le chef de l’Etat s’est longuement étendu sur la sécurité dans les quartiers jugée « indispensable si l’on veut restaurer la crédibilité de la République pour ceux qui y vivent ». S’agissant des moyens, Emmanuel Macron, a rappelé la création de 10000 emplois de policiers et de gendarmes au cours des 5 prochaines années, avec « un effort dans les quartiers les plus en difficultés ». Et de préciser que « ce sont aussi dans ces quartiers que sera expérimenté la police de sécurité du quotidien », mesure sécuritaire phare du chef de l’Etat, dont la doctrine est actuellement soumise à concertation et dont le diagnostic préalable de territoire associera les conseils citoyens.

En outre, « les centres de loisirs jeunesse de la police nationale accueilleront des jeunes de 9 à 17 ans en décrochage scolaire, et bénéficieront d’un apprentissage des règles » a-t-il ajouté. De même, le réseau des délégués cohésion police-population formera une autre structure composée de policiers retraités chargés de renforcer le lien entre la population, les acteurs de terrain et les services de police.

Cette réorganisation s’accompagnera également de la réforme des procédures pénales, qui a déjà été annoncée pour le printemps prochain, et qui donnera par exemple la possibilité aux forces de l’ordre de sanctionner immédiatement la consommation de cannabis, à l’image des infractions au code de la route. « C’est beaucoup plus efficace et pragmatique et cela désengorgera les tribunaux qui aujourd’hui croulent sous les procédures de moindre importance, là où la délinquance est déjà trop élevée ».

De même, comme il s’y est déjà engagé, cette PSQ devra permettre, sous le contrôle du juge et sous 48 heures, « d’éloigner les jeunes dont on sait qu’ils produisent des nuisances et rendent la vie des quartiers insupportables ».

Sur la lutte contre la radicalisation « qui mine les quartiers », le président a prôné « une réponse exigeante, rigoureuse et parfois autoritaire de fermeture de structures inacceptables, de rétablissement des comportements républicains ». L’action du gouvernement passera notamment par un plan national de lutte contre la radicalisation et une quinzaine de plans locaux négociés avec les élus et assortis de moyens.

« La radicalisation, elle s’est installée car la République a démissionné et parce que nous avons laissé dans de trop nombreuses communes et quartiers des représentants d’une religion transfigurée, déformée, qui portent la haine et le repli, apporter des solutions que la République n’apportait plus », a déclaré Emmanuel Macron, citant la disparition des écoles ou l’aide aux personnes âgées, et refusant néanmoins de confondre « les quelques milliers de radicalisés et les millions d’habitants des quartiers populaires ».

Relance des emplois francs et lutte contre les discriminations à l’embauche

Dispositif mis en place par François Hollande entre 2013 et 2015, les emplois francs seront relancés à partir du 1er janvier selon des règles simplifiées. « Quand une entreprise prend, en CDD de plus de deux ans, ou en CDI, une personne qui vient d’un quartier politique de la ville à la recherche d’un emploi, on aide l’entreprise », a justifié le chef de l’Etat, qui a annoncé une aide aux employeurs de 5000 euros par an sur trois ans (soit 15000 euros) pour un CDI et 2500 par an sur deux ans (soit 5000 euros) pour un CDD de plus de six mois ».

Le dispositif sera expérimenté sans critère d’âge dans les quartiers prioritaires de Seine-Saint-Denis, dans l’agglomération de Val-de-France (Val-d’Oise), du territoire Grand Paris sud (incluant Grigny et Evry), de l’agglomération de Cergy, d’Angers, de Marseille ainsi que de la Métropole de Lille.

L’accès à l’entrepreneuriat sera facilité avec la restructuration de l’Agence France entrepreneur qui doit être « une véritable banque publique d’investissement dans les quartiers pour accompagner celles et ceux qui souhaitent investir, créer, innover sur la durée ».

Pour lutter contre les discriminations à l’embauche, Emmanuel Macron annonce par ailleurs des enquêtes de l’Inspection du Travail contre la discrimination à l’embauche et souhaite généraliser la méthode du « testing », c’est-à-dire l’envoi de deux CV identiques à une entreprise en incluant dans l’un des CV des critères potentiellement discriminants (âge, adresse, nom de famille, sexe). Ces tests pourraient être publiés afin d’afficher sur la place publique les employeurs mauvais élèves.

Enfin, « un grand plan de formation des dirigeants publics et privés à la lutte contre les discriminations sera aussi lancé pour faire évoluer les mentalités et les pratiques ».

Priorité aux contrats aidés dans les quartiers pauvres

Concernant les emplois aidés, le Président a indiqué que les quartiers politique de la ville font partis des secteurs prioritaires pour l’octroi de contrats aidés. Emmanuel Macron a néanmoins réaffirmé la volonté du gouvernement de les bloquer à 200 000 par an. « Il n’est pas sain, selon les cycles électoraux, de monter à 500 000 ou 600 000 les emplois aidés, en les plaçant comme des petits pains auprès des collectivités ou des maires pour arranger les chiffres du moment », a-t-il affirmé.

Reprenant le discours répété par le gouvernement depuis l’été, le Président s’est attaqué au fonctionnement même de ces contrats : « Un contrat aidé, ce n’est la bonne solution que s’il n’y a pas une formation à la clé, qui permet de trouver un emploi. Qui veut un contrat aidé ? Que ceux qui les défendent les prennent ! Ils n’en voudraient pas eux-mêmes ! »

 

 

Petite enfance : plan de construction de crèches

Emmanuel Macron, accusé de parler des quartiers prioritaires pour effacer une image de « président des riches », a affirmé ne pas savoir « ce que ça veut dire avoir une politique pour les riches », mais est néanmoins revenu sur la présentation du plan de lutte contre la pauvreté des enfants et des jeunes, présenté mi-octobre : « Dans les quartiers, cette pauvreté, elle a un visage. Ou plutôt deux visages : souvent celui de femmes seules et le visage de leurs enfants. »

Il a rappelé la mesure présente dans le projet de loi de financement pour la Sécurité sociale pour 2018, actuellement discuté au Sénat. Pour aider les familles monoparentales, dont un tiers vit sous le seuil de pauvreté, le plafond du complément de libre choix de mode de garde est augmenté de 30%. A partir d’octobre 2018, les familles monoparentales qui recourent à un assistant maternel, une garde à domicile ou une micro-crèche pourrait toucher jusqu’à 138 euros par mois en plus.

Le Président a ajouté une annonce : celle de budgets pour créer de nouvelles places de crèches dans les quartiers prioritaires et l’intégration « systématique » de crèches pour les futurs plans ANRU. « Le retrait de l’Etat a créé des situations dramatiques », a souligné Emmanuel Macron.

Jeunesse : renforcement des internats et plan national pour le permis de conduire

Si la plupart des mesures annoncées visent à « ramener l’Etat dans les quartiers », Emmanuel Macron a également fait une deuxième priorité de l’émancipation des habitants, qui passera « d’abord et avant tout par l’Ecole ».

Rappelant les engagements de dédoublement des CP qui s’est fait dès cette rentrée en REP+, il a confirmé que ce dédoublement se poursuivrait en CP, CE1, en REP et REP+ au cours du quinquennat. « Et nous accompagnerons les collectivités, a juré le président, ce sera intégré dans les programmes ANRU, mais on ne baissera rien de cette ambition, on investira, pour les plus grandes collectivités, pour accompagner les communes les plus importantes et les agglomérations, ce sera dans la contractualisation », envisagée avec les 319 plus grandes d’entre elles.

Autres engagements pris : l’aide aux devoirs à l’école, l’aide aux stages de 3e, le renforcement de l’orientation au lycée, la réouverture des internats de la République et des internats de l’excellence « dans les zones rurales et dans les zones urbaines ou le contexte menace la réussite scolaire ». La culture est également mobilisée, avec notamment l’expérimentation du « pass’culture », en 2018, qui commencera dans les quartiers les plus en difficultés.

De même, le président a annoncé le lancement, dans six mois, d’un plan national pour le permis de conduire qui « permettra, au-delà des initiatives prises par certaines communes, ou certaines régions, de financer pour tous les jeunes des quartiers politique de la ville le code et le permis de conduire ».
« La mobilité c’est aussi pour un jeune lorsqu’il a un diplôme dans un quartier politique de la ville de pouvoir aller chercher un emploi ou répondre à un entretien d’embauche » a-t-il précisé.

Transports : désenclaver les quartiers

Alors que les assises des transports doivent remettre leurs conclusions dans les prochaines semaines, le chef de l’Etat a rappelé son intention de « remettre la mobilité du quotidien, c’est-à-dire de désenclaver les quartiers les plus en difficulté, de rénover les lignes de bus, de métro, de tramway, parfois devenues très vétustes, qui rendent impossible la vie des habitants de nos quartiers les plus en difficulté ».

Au programme : « la clarification budgétaire et un échéancier pour l’ensemble des quartiers concernés par la politique de la ville qui permet cette mobilité physique, réelle de nos concitoyens mais qui doit s’accompagner aussi d’une véritable innovation » avec le transport en bus électrique, les transports en autocar…

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