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Politiques culturelles

Comment démocratiser (vraiment) l’accès à la culture ?

Publié le 04/12/2017 • Par Auteur associé • dans : Opinions

Médiation culturelle au Musée-d'art contemporain de Sigean (Aude)
Médiation culturelle au Musée-d'art contemporain de Sigean (Aude) Laylamoget CC BY 3.0
Jean-Michel Tobelem, professeur associé à l’université Paris 1 Panthéon-Sorbonne, et directeur d’Option Culture, mène depuis plusieurs années une réflexion sur la démocratisation culturelle. Tout en saluant ce qui a déjà été fait par le ministère de la Culture et les collectivités territoriales, il en pointe les limites et propose quelques leviers pour en démultiplier les effets.
Jean-Michel Tobelem

Jean-Michel Tobelem

Professeur associé à l'Université Paris 1 Panthéon-Sorbonne

Aujourd’hui, un grand nombre des habitants de notre pays profitent des manifestations et des équipements culturels publics ou soutenus par la puissance publique, qu’il s’agisse de bibliothèques, de théâtres, de conservatoires, de salles de concert ou de musées.

Cela s’explique par différentes raisons : l’allongement de la durée des études, l’augmentation de la part des cadres dans la population active et l’intensification de la pratique des adeptes de la culture ; sans oublier l’augmentation et la modernisation de l’offre culturelle, ainsi que le développement des services aux publics et des actions événementielles, de médiation et de communication.

Pour autant, nombre de nos concitoyens restent à l’écart de cette offre : enquête après enquête, on constate que les catégories populaires – en particulier les ouvriers (qui représentent un cinquième de la population active française) – sont quasiment absents des musées, des salles de musique classique, des théâtres ou des maisons d’opéra… qu’ils contribuent pourtant à financer par leurs impôts.

Des actions d’une portée limitée

Notre récente publication intitulée « La culture pour tous, des solutions pour la démocratisation ? » propose des moyens de rendre effectif l’objectif – partagé par l’ensemble des structures publiques – de « démocratisation » de la culture. Ce qui, selon le ministère de la Culture, signifie la réduction des écarts entre les catégories sociales qui ont les taux de participation les plus élevés – cadres supérieurs et professions libérales – et ceux qui ont les taux de participation les moins élevés – employés et surtout ouvriers.

Or les actions conduites actuellement par la plupart des institutions culturelles locales ou nationales en direction des jeunes, d’une part et, d’autre part, en direction des publics « éloignés de la culture », constituent des actions certes légitimes et utiles, mais qui ne permettent pas de répondre à l’objectif fixé par le ministère de la Culture et la plupart des collectivités territoriales, sachant que le ministère lui-même n’y consacre que 1% de son budget. Autre exemple, les actions du musée du Louvre en direction des publics dits du « champ social » touchent un millième des visiteurs de l’établissement.

Cela ne signifie pas pour autant que rien n’a changé ou qu’aucun progrès n’a été effectué. Cela ne signifie pas non plus que le travail des services des publics ou de l’action culturelle a échoué. Il suffit par exemple de prendre la mesure de l’augmentation de la fréquentation des lieux, des manifestations et des expositions d’art contemporain pour s’en convaincre. Mais cela veut dire qu’un chemin important reste encore à parcourir.

Comment procéder ?

Plusieurs étapes sont nécessaires pour aller dans le sens d’une plus grande ouverture aux différentes catégories de publics. Premièrement, il convient de reconnaître les inégalités d’accès aux équipements culturels publics, contestées par certains. Deuxièmement, il faut disposer de moyens d’observation, car à défaut on ne pourra pas être en mesure d’affirmer que l’on a ou non progressé en termes de démocratisation. Or beaucoup d’institutions culturelles ne procèdent à aucune étude de leurs publics et n’en ont par conséquent qu’une connaissance lacunaire. Troisièmement, il faut manifester une volonté résolue d’affronter cette question et de l’inscrire dans les orientations stratégiques des institutions, assorties de moyens humains et financiers identifiés, faute de quoi le risque est d’en rester au stade du discours ou des intentions.

Enfin, si ces différentes conditions sont réunies, il conviendra d’établir une série de mesures concrètes et opérationnelles, qui varieront nécessairement d’un établissement à un autre et d’un territoire à un autre, mais qui porteront sans doute sur une combinaison d’actions portant sur l’offre, les services, la médiation, les tarifs et les actions de communication. Et cela sans préjudice des politiques à mettre en œuvre à l’échelon national, comme en matière d’enseignement à l’histoire des arts et dans le domaine de l’audiovisuel.

Autrement dit, il n’est pas exact d’affirmer que cette ambition est vouée à l’échec, au prétexte des résultats décevants des enquêtes nationales du type « Pratiques culturelles des Français » (dont la dernière mouture date d’il y a près de dix ans). Car la démonstration n’a pas été faite que l’ensemble des mesures préconisées dans notre rapport pour la fondation Jean Jaurès – que nous ne pouvons détailler ici – ont été mises en œuvre de façon résolue et concertée.

Ne pas se tromper d’objectif

Encore faut-il ne pas emprunter des voies à l’impact incertain, à l’heure où les limites du projet de « pass culture jeunes » du nouveau président de la République relèvent de l’évidence. Compte tenu du fait qu’un quart des Français n’ont pas accès à Internet, il est vain de penser que le numérique constitue un remède miracle. Par ailleurs, toutes les actions de communication et de médiation ne sont pas nécessairement efficaces en matière de démocratisation, car elles peuvent potentiellement renforcer le sentiment d’étrangeté (voire d’exclusion) de publics éloignés de la culture, lorsque les codes employés se déploient dans le registre de la connivence ou de l’entre soi. Enfin, prendre aux institutions les mieux dotées pour donner à celles qui le sont moins, comme le préconisent certains, conduirait – dans une optique malthusienne – à déshabiller Paul pour habiller Pierre.

Pour autant, il convient de se montrer plus exigeant à l’égard des grandes institutions, à l’échelon national et territorial, car elles sont les mieux pourvues en termes de moyens humains, techniques et financiers. À titre d’illustration, le musée du Louvre pourrait consacrer 1% de son budget à de véritables actions de démocratisation, soit 2 millions d’euros par an. Qui peut penser qu’un cumul sur cinq ans de ce même budget, soit 10 millions d’euros, ne permettrait pas d’obtenir un résultat tangible ? Le même raisonnement s’applique bien sûr à la bibliothèque nationale de France, à l’Opéra de Paris, à la Comédie française ou encore au Centre Georges Pompidou, ainsi qu’aux principales institutions culturelles en régions. De tels efforts – abondés par les ministères de la Culture et de l’Éducation nationale, des collectivités territoriales et des fondations – permettraient de dégager un minimum de 50 millions d’euros sur cinq ans.

En définitive, et compte tenu de l’introduction du concept des « Droits culturels » dans deux lois de la République, le défaut d’efforts réels en matière de démocratisation de la culture conduira à un effet boomerang à l’impact potentiellement dévastateur pour les responsables des collectivités territoriales et de l’État.

 

 

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