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Politique de la ville

Conseils citoyens : se former pour mieux agir

Publié le 08/11/2017 • Par Judith Chetrit • dans : France

Speaker at Business convention and Presentation
kasto - Fotolia
Alors que 46% des conseillers citoyens ont été formés depuis la création du dispositif en 2014, la formation reste un enjeu de taille pour la pérennisation de ces structures qui se veulent un symbole de la démocratie participative dans les quartiers prioritaires de la politique de la ville.

S’il existe 1157 conseils citoyens sur le territoire – soit environ 15.000 conseillers citoyens, la réalité de leur action dans les quelques 500 quartiers prioritaires de la politique de la ville est disparate. En février 2017, une circulaire rappelait déjà l’importance de l’accompagnement et de la formation pour pérenniser un tel dispositif.

Les membres des conseils citoyens n’ont en effet pas nécessairement les mêmes compétences, la même formation ou connaissance des acteurs et des enjeux de politique de la ville. Ne serait-ce aussi que pour la prise de parole en public, la rédaction d’un dossier pour un appel à projets, l’élaboration d’une contre-proposition, la gestion d’un budget ou encore la maîtrise de la communication.

Parmi les freins régulièrement évoqué, le langage technique et la méconnaissance des différents rôles et champs de compétences des acteurs de la politique de la ville. Par exemple, Isabelle Masson, présidente de l’association porteuse des cinq conseils citoyens de Roubaix et elle-même conseillère citoyenne, n’a pas suivi de formation. « Nous sommes tous demandeurs de formation sur la politique de la ville. On nous demande notre avis sur quelque chose qu’on connaît encore peu. »

Pour cette indépendante qui tient un atelier de couture, la priorité porte sur le recrutement d’un chargé de projet dédié aux conseils citoyens, compétent pour les accompagner dans leurs démarches. “La majorité d’entre nous travaille. On a un sérieux manque de temps libre. On a déjà des réunions toutes les semaines. On sent l’épuisement, certains conseillers citoyens des débuts sont partis. »

Participer à la gouvernance à niveau égal

Selon le Commissariat général à l’égalité des territoires, 46% des membres des conseils citoyens ont été formés pour « se positionner dans les débats comme la prise de parole en public » ou à « appréhender les thématiques des contrats de ville ». Plusieurs instances ont commencé à proposer des formations. « La question est rapidement venue. La politique de la ville est un monde de sigles, de comités et de dispositifs. Est-ce qu’ils allaient pouvoir participer à la gouvernance à un niveau égal? », résume Mathias Cadot, directeur de RésO Villes, centre de ressources de la politique de la ville en Bretagne et Pays de la Loire.

« Ils veulent souvent des recettes toutes faites : comment fait-on pour intégrer de nouveaux membres ? Comment être plus opérationnels ? On continue de ressentir de la frustration sur la considération qui leur est portée. C’est intéressant de confronter les regards quand les conseillers ne viennent pas des mêmes communes. Ils ont le besoin de se retrouver entre pairs. On a développé un programme, financé par les collectivités et le CGET, sur le pouvoir d’agir des habitants où on a déjà formé environ 300 personnes », ajoute-t-il.

Une première journée est dédiée aux enjeux de la politique de la ville avec des exemples de fonctionnement de conseils citoyens. La seconde journée consiste en un jeu de rôles où des conseillers se mettent aussi à la place de délégués du préfet, de représentants d’associations, de locataires ou du maire.

Se familiariser à la co-construction d’un projet

En région parisienne, l’École du renouvellement urbain à Aubervilliers proposait déjà depuis 2011 des formations dites “acteurs-habitants” pour sensibiliser ceux-ci à la complexité d’un programme de rénovation urbaine et leur donner les principaux repères. Il y a un an, ils ont reçu 1.5 million d’euros du CGET pour assurer des formations spécifiques auprès des conseillers citoyens. Une formation de cinq jours qui a maintenant pour but de les familiariser à la co-construction d’un projet de renouvellement urbain : apprendre comment ils peuvent participer à la concertation des différents partenaires, puis le pilotage et la gouvernance.

Les membres formés peuvent aussi jouer le rôle de relais auprès des autres conseillers citoyens. Des formations sont également prévues pour les animateurs ou les structures d’appui censés accompagner les conseils citoyens. “Nous avons deux sessions par mois avec une vingtaine de stagiaires”, raconte Camille Chartrain, chargée de mission à l’École du renouvellement urbain.

“Ils attendent surtout de connaître leur place. Ils n’ont pas encore une bonne visibilité des acteurs et des informations qu’ils sont censés obtenir. Ils veulent aussi apprendre comment mobiliser d’autres conseillers citoyens, notamment les jeunes qui sont encore rares dans ces structures”. L’École du renouvellement urbain a déjà délocalisé des formations en Nouvelle-Aquitaine et en Bretagne où ils mêlaient cette fois des professionnels comme des bailleurs et des chefs de projet avec des conseillers citoyens.

Risque de transformer les habitants en experts

Les conseillers citoyens ne sont pas les seuls à réclamer davantage de formation. Les professionnels, sommés d’avoir une approche plus participative, voient également leurs pratiques modifiées. Dans 17% des communes concernées par un contrat de ville, des élus ont été formés aux démarches participatives selon une enquête remontant à 2016 du CGET. Avec la parution d’une synthèse d’ici la fin de l’année, un programme de recherches entrepris par plusieurs universités a réalisé des évaluations qualitatives des conseils citoyens dans les régions parisienne, bordelaise, tourangelle, lilloise, amiénoise et lyonnaise appuyées par l’Observatoire national de la politique de la ville et le groupe d’intérêt scientifique  Démocratie et participation.

« Les travaux réalisés par les étudiants montrent que la question de la formation ne touche pas que les habitants. Il faut que les élus et les professionnels se montrent capables de les entendre parler sur le quartier, sur l’expérience, comment ils peuvent engager un processus de participation”, souligne Marie-Hélène Bacqué, professeure en études urbaines à l’université Paris-Ouest Nanterre La Défense.

Pour elle, déjà co-auteure d’un rapport sur la participation dans les quartiers populaires avant la loi Lamy de 2014, il ne faudrait également pas trop formater ces conseils en les assommant de connaissances. Une enquête réalisée par l’association et centre de ressources Profession banlieue en 2016 faisait déjà état de ce risque : “La création des conseils citoyens, tels que pensés par la loi Lamy, repose sur l’idée que les habitants ont une connaissance singulière de leur quartier, du fait des liens qu’ils y ont tissés, des usages qu’ils en font, des personnes qu’ils rencontrent, des désagréments qu’ils subissent.

Leur regard « à part » en fait leur richesse. Aussi, former les conseillers citoyens à la politique de la ville et aux thématiques qu’elle concerne semble important. Mais le risque est de faire de ces habitants des experts au même titre que les professionnels ou les élus. Il ne s’agit pas de normaliser, formater les façons de penser, mais bien de donner accès à une information utile pour avancer, de préserver la singularité des idées et la créativité”.

Pour l’instant, la priorité des conseils citoyens n’est pas tant de devenir des experts que de fidéliser leurs membres, éviter les départs à la chaîne et gagner en autonomie et en visibilité auprès du reste de la population et des partenaires, associatifs et institutionnels, encore quelque peu déstabilisés par leur présence en réunion.

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