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Développement économique

Malgré leurs faiblesses, les pôles de compétitivité ont toujours un rôle à jouer juge le CESE

Publié le 27/10/2017 • Par Caroline Garcia • dans : France

labyrinthe-une
Flickr by CC Dude Pascalou
Dans un rapport publié le 25 octobre dernier, le CESE pointe les faiblesses qui empêchent les pôles de compétitivité regroupant entreprises, chercheurs et collectivités de basculer vers une usine à produits.

Depuis fin 2016, les 71 pôles de compétitivité français attendent de savoir à quelle sauce l’Etat va les cuisiner. En attendant, les rapports sur leur pertinence, leur gestion ou leurs résultats s’empilent. Le dernier, commis par le Conseil économique, social et environnemental (CESE), date du 25 octobre.

Un vrai rôle à jouer, oui mais…

Alors, les pôles de compétitivité ont-ils toujours un rôle à jouer dans l’écosystème économique national ? Oui, répond le CESE. Mais leur rôle comme leur action doivent néanmoins être consolidés, clarifiés, puis mieux évalués. Le CESE voudrait mieux distinguer les pôles à vocation nationale et régionale, ces derniers relevant « d’enjeux territorialisés ».

Il rappelle ainsi les dispositions de la loi Notre (nouvelle organisation territoriale de la République), qui attribue aux régions la responsabilité du « soutien et de la participation au pilotage des pôles de compétitivité situés sur son territoire» et de « l’attribution d’aides à des actions collectives au bénéfice de plusieurs entreprises ». Les pôles régionaux participeraient alors au « succès des stratégies de développement » de leur territoire, voire à la mise en place de stratégies interrégionales souligne le rapport.

Beaucoup de pistes d’amélioration

Sur ce terrain, d’importants progrès peuvent être accomplis. Et le CESE de lister le manque d’interrelations entre les pôles et/ou entre les entités qui les portent aboutissent à des « difficultés » ou encore « les divergences de vue » entre collectivités susceptibles d’apporter leur soutien à des projets ou des investissements de recherche réalisés par une région alors que le développement du produit doit s’effectuer dans une autre.

Le rapporteur, Frédéric Grivot, cite l’exemple des pôles Mer Bretagne et Méditerranée qui devraient « dépasser le stade de la concertation » avec le pôle réunionnais Qualitropic « pour déboucher sur le montage de projets ».

Des évaluations insuffisantes

Le CESE met également en avant la faiblesse des évaluations menées par les pôles sur leurs bilans et la mauvaise prise en compte des recommandations qui leur sont faites. La gouvernance de ces structures, qui pourrait notamment mieux associer les PME, est également critiquée. Autant de handicaps qui empêchent ces groupes thématiques de prendre une nouvelle dimension et d’aller au-delà du service pour faire naître des projets de production.

Des points déjà soulevés la Cour des comptes dans un rapport de juillet 2016. Invité par le CESE à intervenir lors de la présentation de ce nouvel avis, Denis Morin, le président de la 2e chambre de la Cour, a fait état à ce sujet d’un courrier que vient de lui adresser le Premier ministre concernant la mise en œuvre des recommandations de la Cour pour les pôles de compétitivité.

« Edouard Philippe rappelle son souci de préserver les politiques publiques concernées par les pôles de compétitivité, sans préciser comment s’y prendre », pose Denis Morin. Quant au fait de différencier les pôles nationaux et régionaux, le courrier de l’ancien maire du Havre semble « ne pas vouloir remettre en place une catégorisation supprimé » précédemment.

Affaire à suivre donc.

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