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[ENTRETIEN] Grand Paris

Frédéric Gilli : « Le Grand Paris ne peut se faire sans les habitants »

Publié le 25/10/2017 • Par Jean-Baptiste Forray • dans : France

frederic gilli
fabien calcavechia / La GAZETTE
Dans un entretien au long cours, le chercheur, consultant et spécialiste du Grand Paris Frédéric Gilli pointe les failles de la vision technocratique de la région capitale pour mieux appeler à une participation active des citoyens.

C’est un extravagant millefeuille constitué de communes, d’établissements publics territoriaux, de départements, d’une métropole et d’une région,
le tout couronné par pléthore de syndicats intercommunaux. Ici, plus qu’ailleurs, prospèrent les chasses gardées et les chausse-trapes.

Fidèle au mot du général de Gaulle à son grand intendant Paul Delouvrier – « Mettez-moi de l’ordre dans ce bordel ! » –, le président jupitérien entend s’attaquer à ce maelström et a convoqué, à cet effet, une conférence territoriale­ particulière sur le Grand Paris qui devrait se tenir au début du mois de novembre.

Le président de la République va-t-il multiplier les opérations d’intérêt national et tenter de lever les freins aux investissements internationaux, dans ce mélange de style préfectoral et de libéralisme décomplexé qui fait sa marque de fabrique ? Son principal objectif est connu : il s’agit de provoquer un choc de l’offre de logements. Selon les indiscrétions du « Canard enchaîné », ­Emmanuel Macron serait aussi prêt à renverser la table au chapitre institutionnel, c’est-à-dire à sacrifier les départements sur l’autel d’une métropole étendue à Roissy et au plateau de Saclay.

Mais, au-delà de ce Meccano, le nouveau chef de l’Etat saura-t-il toucher au cœur les citoyens de la région capitale ? C’est tout l’enjeu, selon Frédéric Gilli, cofondateur de la revue en ligne « Métropolitiques » et directeur associé de Grand public, agence spécialisée dans la démocratie participative. Auteur, dès 2006, d’un rapport avec l’architecte Paul Chemetov sur la région capitale, l’économiste géographe a publié en 2014, aux presses de Sciences po, l’ouvrage « Grand Paris, l’émergence d’une métropole ».

Le Grand Paris est-il un passage obligé pour tout nouveau chef de l’Etat, un marqueur présidentiel ?

Paris est la capitale des rois de France. Pompidou a eu son Centre Beaubourg, Giscard, sa Grande Halle à La Villette, Mitterrand, sa bibliothèque et sa pyramide, Chirac, son musée… Mais pendant longtemps, on a eu le sentiment que de Gaulle avait fait le boulot pour la région parisienne. Dans les années 60, Delouvrier a posé des villes nouvelles et lancé les RER.

On a considéré, à bon droit, que la planification urbaine était accomplie. Paris était super-équipée. Pour son centre d’affaires, Shanghai a copié La Défense. Afin de moderniser son réseau de transports, Londres s’est inspirée du RER A. Mais au début des années 2000, Paris craque dans ses murs. La banlieue s’embrase. La région gagne en compétences et s’aperçoit que le schéma d’aménagement, qui date des années 60, ne fonctionne plus. Le système de transports est au bord de la thrombose. Le dynamisme économique s’effrite. Les universités sont à la peine…

C’est à ce moment-là qu’entre en scène Nicolas Sarkozy. Nous assistons, alors, à une pièce en deux actes. Acte I, scène 1, Nicolas Sarkozy et le secrétaire d’Etat à la région capitale­ Christian Blanc construisent un super-métro, composé de huit gares. C’est la vision libérale de la métropole autour de quelques pôles de développement. ­Christian Blanc gagne sur l’idée de métro. Mais acte I, scène 2, c’est une vision aux antipodes qui l’emporte, avec 60 gares fondées sur une philosophie égalitaire du développement.

Acte II : la gouvernance. Acte II, scène 1 : François Hollande et son Premier ministre Jean-Marc Ayrault défendent un modèle égalitaire. C’est la loi « SRU » renforcée ainsi qu’une politique de logement commune et d’égalisation fiscale. Acte II, scène 2, la concurrence entre territoires est réintroduite dans une logique plutôt libérale.

Emmanuel Macron a-t-il raison d’intervenir une fois encore ?

Le Président ne peut se désintéresser d’une région qui représente près d’un tiers du produit intérieur brut et à laquelle toutes les métropoles françaises sont reliées en termes de recherche et d’innovation. Il ne peut passer à côté de Roissy, principal hub de la connexion du pays à l’international. Le président de la République est même d’autant plus légitime à intervenir que le boulot n’est pas fini.

Mais peut-être n’a-t-il pas tout le recul nécessaire sur les difficultés rencontrées pour mener une opération sur le terrain… Peut-être que Sivens et Notre-Dame-des-Landes n’ont pas suffi… Peut-être ne mesure-t-il pas l’angoisse de la relégation que génère le Grand Paris… Ce n’est pas en imaginant un passage en force que cela ira plus vite.

Emmanuel Macron rencontre, dans le Grand Paris, le même problème que sur le plan national. Il a été élu parce qu’il incarnait le renouvellement et un appel démocratique. Face au Londres de l’après Brexit, il affirme Paris. Mais il oublie les signaux démocratiques de la grande marche qu’il a lancée l’an dernier… Il parle en macroéconomiste.

Le Grand Paris, dans le schéma présidentiel, a vocation à générer un « ruissellement » vers la France des villes moyennes et petites, de la ruralité… Emmanuel Macron, on l’a vu au soir de son élection, est un adepte de la théorie de la pyramide. Il met de l’eau en haut, dans les métropoles, et il considère que cela va irriguer. Le problème, c’est que le ruissellement dans les terri­toires ne fonctionne pas dans ce sens-là.

Les différentes métropoles ne peuvent gagner en richesse que si elles sont le fond de vallée qui récupère le ruissellement de tous les versants. Elles ont vocation à devenir le point de concentration des villes moyennes, des petites villes, de la ruralité… Ce n’est pas le cas aujourd’hui.

Les métropoles veulent se faire plus grosses que le bœuf. Elles se focalisent sur la compétition entre elles. Mais elles ne peuvent se contenter de faire à leur Hinterland l’aumône de quelques pièces. Les Français adorent la solidarité, mais ils détestent l’assistanat.

Comment les habitants de la région parisienne appréhendent-ils le Grand Paris ?

Le discours, porté par de nombreux élus sur le développement économique de leur territoire dans le Grand Paris, n’est pas toujours bien perçu dans la population. Certains y voient une menace de relégation. C’est un jeune d’une cité du Val-de-Marne qui lance : « Paris a été rachetée par les Qataris. On a compris. Les Parisiens vont venir chez nous et on sera obligé d’aller en Seine-et-Marne. » C’est un habitant du même département qui dit : « Avec l’arrivée du nouveau métro, les prix vont monter. On va être obligé de partir. »

Le Grand Paris ne peut se faire sans les habitants. Ceux-ci se sentent de leur commune et de la métropole. Ils ont un temps d’avance sur l’idée que les élus se font d’eux. Ils ont compris que les maires n’avaient plus beaucoup de pouvoirs, face aux promoteurs privés en particulier. Mais ils comptent sur eux pour être des médiateurs.

Les élus, de leur côté, s’investissent beaucoup dans les établissements publics territoriaux et à la métropole du Grand Paris. Ils viennent de passer trois ans à discuter boulons, écrous et tuyauterie. Au grand dam de beaucoup d’entre eux, ils ont passé leurs journées à faire des réunions entre eux, au point de devenir des spécialistes de fiscalité. Quand on leur demande pourquoi ils font ça, ils mettent longtemps à répondre, tant cette réponse est enfouie tout au fond de leur cortex…

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