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Politique de la ville

En France, ce sont dans les quartiers prioritaires qu’on trouve le plus de pauvres

Publié le 16/10/2017 • Par Rouja Lazarova • dans : France

politique-ville-illustration
AdobeStock
L’étude économique 2017 de l’OCDE sur la France, consacrée aux quartiers défavorisés, a été présentée lors d’une table ronde associant chercheurs, élus locaux, acteurs associatifs. Le rapport dont les conclusions sont partagées par le CGET, détaille les difficultés économiques et sociales des habitants. Il préconise notamment un meilleur ciblage des dépenses publiques dans le cadre de la politique de la ville.

« Nous fêtons cette année les 40 ans de la politique de la ville. Et le constat est clair. C’est un échec. C’est difficile à porter », a avoué Éric Briat, chef du service de la ville et de la cohésion urbaine du Commissariat général à l’égalité des territoires à l’occasion d’une table ronde à l’Université de Paris-Marne-La-Vallée, réunissant chercheurs, élus locaux et associations.

Un constat nourri par une étude de l’OCDE intitulée « Pour une croissance et un marché du travail plus inclusifs » qui comporte un chapitre sur « l’amélioration des perspectives économiques et du bien-être des habitants des quartiers défavorisés ».

Une pauvreté moins importante en France qu’ailleurs mais très concentrée dans certains quartiers

Le rapport constate d’abord que le taux de pauvreté, 14% de la population, est relativement faible en France (Le seuil de pauvreté correspond à un revenu en dessous de 60% du revenu médian, soit 1 060 euros par mois. pour une personne seule). Beaucoup moins élevé qu’aux Etats-Unis, où 24% de la population vit en dessous du seuil de pauvreté, cet indice révèle toutefois une concentration particulièrement élevée dans certains quartiers.

Selon les derniers chiffres de l’INSEE datant de 2013, 80% des habitants du quartier prioritaire Jean Perrin à Nîmes, vivent avec moins de 1 000€ par personne chaque mois. Même constat dans un autre quartier prioritaire, celui Mail Nord à Montpelier, avec 71 % des habitants concernés. Ce phénomène touche 257 quartiers dans les villes de plus de 10 000 habitants. « Une nouvelle donne dont nous avons pris compte dans le deuxième programme de rénovation urbaine, en 2014 », rappelle Éric Briat.

Une pauvreté territorialisée

Relevant la quasi absence de recherches socio-économiques sur les quartiers prioritaires et d’évaluation de la politique de la ville, Yannick L’Horty, professeur à l’UPEM et spécialiste de l’évaluation des politiques publiques, rappelle que la géographie de la pauvreté n’a pas changé en France.

« La pauvreté est territorialisée. Il y a une ‘géographie prioritaire’ qui a peu évolué, malgré les interventions publiques. Au niveau macro-économique, par exemple, si le chômage de longue durée baisse au niveau national, il ne change pas dans un quartier défavorisé. Il y a une persistance temporelle et spatiale des problèmes », a-t-il ainsi expliqué.

Il existe un « effet quartier », conviennent d’ailleurs les experts, qui parlent d’abord d’un aspect individuel de reproduction de la pauvreté au sein d’une famille, mais également social. La discrimination par l’adresse, quand une personne est domiciliée dans certains quartiers, a ainsi été révélée lors d’un envoi massif de CV, un « testing » réalisé par l’UPEM. « Nous avons constaté un effet impressionnant de l’adresse sur le recrutement, à diplômes et aptitudes comparables », a témoigné selon Yannick L’Horty.

Immaturité des politiques de sécurité

Dominique Sopo, président de SOS Racisme a insisté sur la discrimination raciale dont souffrent les habitants des quartiers prioritaires et dont, selon lui, les médias ne rendent plus compte. Concernant les politiques de sécurité, il a critiqué l’immaturité, en France, dans les rapports police et jeunes dans ces quartiers.

Le rapport consacre une large partie aux questions de logement social et de rénovation urbaine. Nicola Brandt, directeur adjoint du département France et Pologne de l’OCDE, a toutefois souligné les efforts de la France en la matière. « Le droit au logement social est quasiment universel, 60% de la population est éligible. »

Des villes qui préfèrent les amendes aux créations de logements sociaux

Au niveau législatif, la loi SRU oblige les communes importantes à construire 25% de logements sociaux. « Mais les plus riches préfèrent payer les amendes, a rappelé Éric Briat. Cela en dit long sur le chemin à parcourir vers la mixité sociale. »

La mixité sociale est pourtant au cœur des projets de logement social et de rénovation urbaine. Cependant, Nicola Brandt s’interroge sur cet objectif : « En France, la politique volontariste de la France qui vise la mixité sociale est peu commune. Cette politique nous interroge. Construire du logement social dans les quartiers riches coûte cher. Et si les interactions entre les nouveaux voisins, riches et pauvres, ne fonctionnaient pas ? Ne serait-il pas mieux d’orienter les dépenses vers les quartiers défavorisés pour ressortir leurs points forts ? »

Les démolitions des immeubles des quartiers prioritaires, un vrai traumatisme

Le premier programme de rénovation urbaine, 2004-2020, concernait surtout les grands ensembles des années 1960-70. Il comportait notamment un grand nombre de démolitions. Le rapport relève pourtant le peu de consultations des habitants. Éric Briat concède que nombre de démolitions ont laissé « des traumatismes ».
La ville de Saint-Ouen (Seine-Saint-Denis) s’efforce d’associer les habitants à ses trois opérations ANRU. « Ils attendent des espaces verts, par exemple », témoigne la maire-adjointe Tiziana Zumbo-Vital.

Au-delà de la concertation, il y a l’accompagnement des habitants : mieux exploiter et cibler les clauses d’insertion sociale. Le rapport de l’OCDE insiste d’ailleurs sur la condition des jeunes et suggère de les impliquer dans l’avenir de leur quartier au travers des stages et de l’apprentissage en travaux publics.

Il indique quelques bonnes pratiques : l’auto-construction dans les projets de rénovation urbaine en Allemagne ou encore le programme « Choice community » aux Etats-Unis qui donne la possibilité aux anciens habitants de revivre dans leur quartier une fois rénové. Il recommande, enfin, d’investir dans les infrastructures publiques de ces territoires souvent enclavés, notamment dans les transports et les horaires atypiques.

L’OCDE aborde également la question de l’école et les difficultés qui persistent malgré la mise en place, au début des années 1980, des zones d’éducation prioritaires. L’Etat ne parvient pas à y attirer les meilleurs professeurs, faute d’incitation financière suffisante, ni de carrières intéressantes proposés.
« Les professeurs manquent de méthodologie pédagogique adaptée aux réalités. La formation continue est faible », a estimé Nicola Brandt. Problématiques auxquelles répondent les préconisations du rapport.

Valérie Renault,  directrice d’école à Saint-Ouen, a estimé que si les équipes pouvaient fonctionner en mode projet, l’enseignement y gagnerait. Elle a regretté également que « dans l’Education nationale, tous les choix viennent d’en haut. »

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