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Economie collaborative

Les collectivités désarmées face à Uber et Airbnb

Publié le 29/09/2017 • Par Pierre-Alexandre Conte • dans : Dossiers d'actualité, France

Uber taxi VTC
Núcleo Editorial / Flickr CC BY 2.0
Londres a montré les dents il y a une semaine en retirant à Uber la licence permettant à ses chauffeurs d'exercer au sein de la ville. Une sanction qui répond à l'incapacité de la société à faire face aux exigences de la capitale britannique. En France, même constat, mais choix différents. Malgré des avancées, les collectivités peinent toujours à réguler l'activité d'Uber et des nouveaux acteurs se réclamant de l'économie collaborative.

Cet article fait partie du dossier

Smart city : les clés de la ville intelligente

L’annonce a eu un retentissement mondial. Le 22 septembre dernier, Transport for London (TFL), l’autorité de régulation des transports dans la capitale anglaise, annonçait sa décision de ne pas renouveler la licence de la compagnie Uber, qui expire le 30 septembre. Ce qui, par extension, privait la société de son droit d’exercer dans la métropole à partir d’octobre.

Le tout, assorti d’une explication limpide diffusée dans un communiqué : « TfL considère que l’approche et la conduite d’Uber démontrent un manque de responsabilité ayant de possibles conséquences sur la sûreté et la sécurité du public ». L’entreprise américaine est notamment pointée du doigt pour son manque de transparence après que l’un de ses chauffeurs, accusé d’agression sexuelle par une cliente, a continué à travailler pour la compagnie alors même que l’autorité de régulation n’avait pas été prévenue de la plainte. Évidemment, Uber, dont le nombre de clients à Londres est estimé à 3,5 millions, s’est empressé de faire appel de cette décision. Conséquence : pendant le temps de la procédure, les quelque 40 000 chauffeurs de la société exerçant au sein de la ville pourront continuer de travailler.

Une mesure qui divise la classe politique

Interdire à Uber d’exercer est une décision en apparence très forte, qui a d’ailleurs suscité des remous outre-Manche. La Première ministre britannique, Theresa May, a ainsi estimé au micro de la BBC que la sanction était « disproportionnée », tandis que le maire de Londres, Sadiq Khan, a lui rapidement exprimé son « soutien » à l’autorité de régulation. Le lendemain de l’annonce de la décision de TfL, Uber a pour sa part mis en ligne une pétition dans le but d’afficher aux yeux de tous le soutien dont bénéficie la société. Moins d’une semaine plus tard, celle-ci affiche plus de 820 000 signatures.

Uber et la capitale britannique continuent de se parler

Pour autant, le dialogue est loin d’être rompu entre Londres et Uber. Dans son discours, Sadiq Khan a aussi laissé entrouverte la possibilité d’une négociation alors que le nouveau PDG de la société américaine, Dara Khosrowshahi, a pour sa part présenté ses plus plates excuses . « Si Uber a révolutionné la manière dont les personnes se déplacent dans les villes du monde entier, c’est aussi vrai que nous avons commis des erreurs en route. Au nom de toutes les personnes travaillant chez Uber, je m’excuse pour les erreurs que nous avons faites », a-t-il déclaré.

Un pouvoir de négociation

Comment expliquer que le dialogue ne soit pas rompu ? « La plupart des grandes villes se demandent comment réguler Uber et essayent d’avoir un pouvoir de négociation, explique Ghislain Delabie, connecteur mobilité chez OuiShare. Cette décision est un moyen d’avoir une discussion avec Uber. Ce qui est assez étonnant en revanche, c’est le fait que cela se passe à Londres car la ville a une tradition libérale très forte et se présente souvent comme la championne des startups », souligne ce spécialiste.

Des propos appuyés par Jean-Louis Missika (PS), adjoint à la maire de Paris chargé de l’urbanisme, qui critique, lui, ouvertement la manière dont Uber se conduit avec les collectivités.
« La décision de l’autorité de régulation n’est pas surprenante. Car Uber a toujours eu un comportement méprisant à l’égard des villes, considérant que les élus locaux, les procédures et les appels à réglementation étaient simplement une entrave à son activité. Et en même temps, on sait que c’est un outil de négociation. On a vu que le maire de Londres a enchaîné ensuite avec la nécessité d’établir un dialogue. Je ne suis pas sûr du tout qu’Uber sera chassé de Londres d’ici quelques mois », explique l’élu.

Dialogue très compliqué entre les collectivités et l’économie collaborative

Si Uber fait la une de l’actualité, la société américaine n’est pas la seule à se montrer réticente à l’idée de céder du terrain face aux collectivités. D’autres acteurs importants, comme Airbnb, adoptent une position similaire. Dialoguer avec ces nouveaux acteurs est improductif, estime Jean-Louis Missika.
« La ville de Paris a essayé de le faire, notamment avec Airbnb. On a vraiment tenté de travailler avec eux. Et la raison pour laquelle nous avons demandé le vote d’une loi, c’est parce que nous nous sommes rendus compte que la négociation n’était pas suffisante », juge-t-il.

L’encadrement d’Airbnb en France, « disproportionné » estime l’un des cadres

Si Londres a pu opter directement pour la suspension de la licence d’Uber, la question se pose bien sûr différemment en France, dans la mesure où les collectivités n’ont pas ce même pouvoir. Pour réguler l’activité de ces entreprises, il faut donc impérativement se tourner vers l’Etat. Ce que la capitale française a fait dans le cas d’Airbnb, via la loi pour une République numérique et le « décret Airbnb ».

Résultat, à partir du 2 octobre prochain, les personnes désirant utiliser la plate-forme à Paris auront l’obligation d’enregistrer leur bien, qui se verra attribuer un numéro d’immatriculation. De quoi faire la chasse aux tricheurs, ceux qui louent leur bien sur la plateforme plus de 120 jours par an.

Une décision qui a d’ailleurs fait bondir Emmanuel Marill, patron de la branche française d’Airbnb. Celui-ci a jugé la décision « disproportionnée » au cours d’un entretien accordé au Parisien le 20 septembre dernier. Avant d’ajouter : « On a l’impression de jouer une partition à quatre mains où la Ville de Paris ne joue pas son rôle. »

Une enquête signée France Inter a pourtant montré mi-2016 que la plate-forme affichait plus de 20 000 appartements en location plus de 120 jours par an.

Des collectivités impuissantes face à Airbnb

En France, dans la plupart des cas, l’idée pour les collectivités n’est pas de faire suspendre l’exercice de ces sociétés, comme a pu le faire Berlin avec Airbnb en 2016, mais bien de réguler leurs pratiques. Et c’est bien là le problème, car les collectivités sont impuissantes à leur échelle.

« Je pense que nous n’arriverons pas à réguler l’activité de ces sociétés si nous n’avons pas les moyens d’une négociation avec des outils à la clé, explique Jean-Louis Missika. Concernant l’autorégulation, tant le comportement d’Uber que celui d’Airbnb a fait la preuve que c’était une chimère. Il faut que les villes aient un pouvoir de régulation, ce qui ne veut pas dire du tout interdiction. Loin de nous cette idée. »

Entre innovation et régulation, la difficile équation des territoires

L’une des difficultés réside dans le fait que les collectivités désirent être vues comme innovantes et donc accueillantes pour toutes ces sociétés qui regorgent d’idées intéressantes. « La plupart des villes veulent être vues comme des espaces d’innovation ouverts. Elles sont toujours tiraillées entre la question de l’intérêt général et le fait d’être attractif aux yeux du monde entier. Il y a un équilibre à trouver pour préserver les deux », selon Ghislain Delabie.

Et Jean-Louis Missika d’ajouter : « Les décisions d’interdiction d’Uber ou d’Airbnb, Anne Hidalgo y a toujours été très hostile. Mais cela ne veut pas dire que nous sommes naïfs. Nous sommes tout à fait capables de nous rendre compte que ces phénomènes ne sont pas marginaux. Qu’ils peuvent bouleverser des secteurs entiers de l’économie. Et que la régulation est indispensable. »

Des progrès de la part d’Uber mais…

Il est vrai que les exemples de San Francisco ou New York, pour ne parler que de ces villes, ont montré qu’Uber avait provoqué un encombrement très important des routes, en particulier dans le centre-ville, là où la circulation était déjà difficile.

L’impact environnemental est réel, ainsi que la dégradation des infrastructures, couplée à un problème de sécurité au regard du nombre d’heures effectuées par les chauffeurs. Le procureur de la ville californienne, Dennis Herrera, a d’ailleurs engagé une bataille juridique pour obtenir les données détenues par la société.

Mais tout n’est pas noir non plus. « Les VTC et Uber sont intéressants en termes d’usage, argumente Ghislain Delabie. Ils viennent parfois compléter une offre de transport limitée par les moyens dont dispose la ville. Il y a aussi un potentiel avec la possibilité de mettre plusieurs clients dans une même voiture, sur le principe d’UberPOOL. »

… Les mises en garde des élus

Jean-Louis Missika souligne lui aussi la volonté d’Uber « de faire des efforts » en allant « vers des voitures moins polluantes », en essayant de tendre « vers le partage, le covoiturage ».

Mais le maire-adjoint de Paris tient tout de même à mettre en garde. « Nous sommes face à un phénomène qui risque d’être aggravé par les véhicules autonomes. Parce que ce qui coûte le plus cher dans les transports individuels, ce sont les chauffeurs. Si vous imaginez que le chauffeur est remplacé par un robot, vous commencez à avoir des coûts de transport qui rivalisent avec les transports en commun. Avec des conséquences qui sont pour le moment imprévisibles sur l’encombrement des voies. Et qui ne vont pas dans le sens de la métropole post-voitures. » Et donc de l’avenir que s’imaginent beaucoup de grandes villes.

Cet article est en relation avec les dossiers

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Smart city : les clés de la ville intelligente

Sommaire du dossier

  1. Les intelligences de la smart city
  2. Traiter les données, un défi pour construire les territoires intelligents
  3. Data city : duel public-privé autour de la donnée locale
  4. Data city : A l’heure des data, « l’ubérisation » de l’intérêt général menace
  5. Data city : équipes, outils, budget…, à chaque collectivité son organisation
  6. Les grands moyens pour redynamiser une ville sur le déclin
  7. Data city : « Une nouvelle structure de confiance pour superviser le traitement des données »
  8. La smart city, à quel prix ?
  9. Smart city : « L’hyper-technicisation laisse peu de place au citoyen »
  10. Les promesses à double tranchant de la ville intelligente
  11. Avec son contrat multiservice, Dijon dessine la ville d’après-demain
  12. Les collectivités locales méconnaissent les métiers du numérique
  13. « Permettre aux collectivités d’avoir accès à des données collectées par des acteurs privés »
  14. Les collectivités désarmées face à Uber et Airbnb
  15. A la recherche du citoyen intelligent
  16. La ville intelligente, une big mother en puissance ?
  17. Une smart city de 10 000 habitants, c’est possible et rapidement rentable
  18. La ville numérique : progrès social ou empilement technologique ?
  19. La smart city, ce n’est pas que pour les grandes villes !
  20. « Il faut rendre la smart city humaine »
  21. « Il faut créer un statut pour les données d’intérêt territorial » – Luc Belot
  22. La Smart city à la recherche de modèles économiques
  23. « La smart city doit être construite avec le citoyen » – Gaël Musquet
  24. La smart city, un concept qui a du mal à éclore
  25. Retour sur investissement : la smart city est-elle une bonne affaire ?
  26. Google, fournisseur officiel de services publics
  27. « Smart water » : comment le partenariat entre Veolia et IBM préfigure l’évolution des services urbains
  28. Maîtriser la donnée, un enjeu central pour la ville intelligente
  29. L’innovation ouverte, un concept au cœur de la ville intelligente
  30. Living Labs : l’innovation par l’usage
  31. Éclairage public : vous avez dit smart ?
  32. Les objets connectés, mais de quoi parle-t-on ?
  33. Objets connectés : de l’optimisation de coûts aux services de demain (1/4)
  34. L’entrepôt de données publiques-privées, prochain graal ou nouvelle usine à gaz ?
  35. Objets connectés : « C’est à chaque collectivité de définir les solutions qui lui semblent pertinentes » (4/4)
  36. Smart city, smart passoire potentielle
  37. Pense-bête pour sécuriser sa ville intelligente
  38. Objets connectés : le regroupement des données aide à mieux œuvrer pour le bien commun (2/4)
  39. Smart city : un portage politique fort pour monter des projets transversaux
  40. Objets connectés : un développement tous azimuts exige des démarches cohérentes (3/4)
  41. Smart city : la formation des agents, un passage obligé pourtant négligé
  42. Smart city : « Réfléchir avec attention, de façon collective et sciemment » aux objectifs assignés à la technologie
  43. La communauté urbaine de Lyon met les données au coeur de sa stratégie smart city
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Commentaires

Les collectivités désarmées face à Uber et Airbnb

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James

09/10/2017 10h18

Franchement, les élus, ils feraient mieux de mieux gérer leurs agents municipaux pour le service des habitants plutôt que de chercher des poux dans les startups qui trouvent des idées géniales.
Moi j’ai essayé Uber à Paris et AirBnB pour mes vacances, il n’y a pas photo, ça n’a rien à voir avec les taxis qui sont malgracieux et les locations estivales pourries qu’on trouve chez les agences.
Vive le numérique et vive la liberté!

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