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Vie dans les collectivités

L’élu local et le DGS : enquête sur un couple de pouvoir

Publié le 18/09/2017 • Par Jean-Baptiste Forray • dans : A la une, France

DGS-elu-illustration
ADOBE STOCK
Avec la montée en compétence et le rôle accru donné au management, le directeur général des services s’est imposé comme le véritable numéro deux du patron d’exécutif local. Gros plan sur un duo-clé à la veille du congrès du syndicat national des DG des collectivités territoriales, les 21 et 22 septembre 2017.

Jadis, les choses étaient simples. Très simples. Le maire décidait et son secrétaire général exécutait. Mais ça, c’était avant. Avant les lois de décentralisation. Élevés au rang de directeurs généraux des services (DGS), les hauts fonctionnaires territoriaux ont vu leurs compétences grossir à vue d’œil. Chargés de mettre en œuvre des procédures toujours plus complexes aux côtés d’une multitude de structures publiques et parapubliques, ils se retrouvent aujourd’hui en première ligne.

Ils doivent faire mieux avec moins, selon les préceptes de maîtrise de la dépense en cours depuis une dizaine d’années. L’efficacité du management est devenue un enjeu primordial. A l’instar des entreprises, là où le président d’exécutif local est un PDG, le DGS apparaît comme le DG opérationnel.

Zone grise politico-administrative

Dans le droit fil de la révision générale des politiques publiques mise en musique à l’échelon étatique, les organigrammes administratifs des collectivités se resserrent. Au-delà des professions de foi participatives et des credo collaboratifs, on assiste, selon le politologue Stéphane Cadiou, à une concentration des responsabilités autour des DGS : « Les directeurs des services techniques avec lesquels les DGS devaient composer ont ainsi été ravalés au même niveau que les autres directeurs généraux adjoints. » Dans les intercommunalités, les responsables administratifs montent aussi en puissance. « Les directeurs généraux des services ont un rôle d’arrangeur qui leur confère une liberté relative vis-à-vis des élus. Ils négocient les transferts de compétences et les problématiques de personnel afférentes », ajoute Stéphane Cadiou.

A tous les échelons, les DGS occupent une place centrale au sein de l’immense « zone grise » située à l’interstice de la politique et de la technique. L’instauration d’un plan local d’urbanisme constitue, à cet égard, un bon exemple. L’exercice se révèle profondément politique, en ce sens où il s’agit de déterminer les populations amenées à s’implanter dans la commune. Il s’avère aussi fort technique, exigeant un art consommé de la « schématologie » et de la « comitologie ». D’où, chez certains professionnels, le sentiment d’une légère schizophrénie.

Voici quelques années, dans « La Gazette », le cadre territorial Patrick Ayache, devenu depuis élu, confiait : « Tous les matins en me rasant, je me demande si je suis un politique ou un technicien. »Des jeunes professionnels ne se posent guère ce genre de questions. Ils ne se vivent pas comme politiques. La meilleure preuve, ils sont prêts à exercer leurs talents du côté de l’Etat, dans l’administration la plus classique.

Une alchimie toute particulière

Passé par toutes les couches du millefeuille, le patron des services du département des Bouches-du-Rhône, Jean-Luc Bœuf, ne partage pas cette philosophie : « Certains voudraient faire du DG une incarnation de la collectivité dénuée de toute dimension politique. Un personnage qui peut tout faire, tout voir et tout prévoir. Cette perfection technocratique nie le rapport si particulier que nous entretenons avec les élus. » « Je ne suis pas né de la dernière pluie. Je sais que le DG est soumis à un devoir de loyauté, qui se double d’une vision stratégique et politique », jauge pour sa part, Mathieu Chartron, DGS de la ville et de la communauté d’agglomération de Sens (27 communes, 58 200 hab., Yonne).

Patrice Girot, président de l’union régionale Ile-de-France du Syndicat national des directeurs généraux des collectivités territoriales, se fait plus définitif : « Aux DGS qui disent qu’ils ne sont pas politiques, je conseille de changer de métier. » Un cadre territorial qui préférerait, cela s’est vu, se consacrer aux cadeaux du personnel plutôt qu’à une réunion avec un conseiller de l’Elysée a tout faux. De manière générale, les DGS sont étroitement associés aux décisions de leur élu. Ils ont de plus en plus accès au courrier réservé. Ils assistent au bureau municipal. Il n’est pas rare non plus qu’ils participent aux séminaires d’édiles de la majorité. Certains d’entre eux sont très attachés à la personne d’un élu. Exemple : Philippe Berthaut, DGS de la ville de Dijon (153 700 hab., Côte-d’Or) depuis le premier mandat en 2001 de François Rebsamen (PS).

Dans tous les cas, la relation entre le maire et le DGS obéit à une alchimie particulière. « Cela fonctionne au feeling, à l’étincelle », lance Jean-Luc Bœuf.C’est sur son DGS que le président d’exécutif s’appuie, avant tout. « Le vrai numéro deux de la collectivité, c’est le DGS. La légitimité, dans une collectivité, n’est pas que démocratique. Elle est aussi technique et managériale », considère Joseph Carles, adjoint au maire (PRG) de Blagnac (26 000 hab., Haute-Garonne) et politologue, spécialiste du management territorial.Eminence grise, homme lige, conseiller de l’élu, le DGS assume sans fard ce rôle sur les politiques publiques. Mais la politique politicienne, qui peut ressortir des édiles et des collaborateurs de cabinet, n’est pas sa spécialité.

« Pas besoin d’avoir les mêmes opinions politiques à partir du moment où l’on partage le projet local », juge Patrick Pincet, DGS de la communauté d’agglo de Grand Paris sud. Le DGS n’oublie pas qu’il est, le plus souvent, un fonctionnaire. Il est aussi là pour dire « non » à certaines requêtes émanant des élus et du cabinet. Sur les dossiers sensibles, comme les marchés publics ou les recrutements, il a tout intérêt à tenir bon.

Des édiles souvent envahissants

Son pouvoir n’est cependant pas infini. Contrairement à son président d’exécutif, le DGS ne participe pas aux commissions paritaires où se décide le sort d’une partie du personnel. Il doit composer avec des édiles envahissants. « Des adjoints au deuxième ou au troisième mandat considèrent qu’ils ont tout acquis et se prennent pour des chefs de service, oubliant de faire de la politique », pointe Joseph Carles. Les DGS s’efforcent de maintenir l’administration en dehors de ces contingences. De plus en plus mobiles, ils ont acquis une grande expérience.

Revers de la médaille : un peu comme des préfets, des DGS ne font que passer. En cas d’alternance politique ou de changement de tête dans un exécutif, ils sont souvent invités à voir ailleurs. A l’issue du renouvellement générationnel et de la vague bleue des scrutins locaux de 2014 et 2015, le turnover a atteint des pics inégalés.

Des relations apaisées avec l’opposition

Le climat de guerre civile, qui avait empoisonné la vie de certaines collectivités au lendemain d’alternances tendues, appartient, le plus souvent, au passé. Comme le dit Patrick Pincet, DGS de la communauté d’agglomération de Grand Paris sud (24 communes, 342 700 hab., Essonne et Seine-et-Marne), il règne désormais « une forme de décontraction dans les rapports entre les DGS et les oppositions ». L’effacement progressif du clivage gauche-droite y est pour beaucoup. L’émergence d’une culture territoriale commune à tous les élus, aussi. « Le directeur général des services n’est plus perçu comme un commissaire politique », salue Patrick Pincet. Cela n’empêche pas, ici et là, encore des tensions autour de l’accès à des documents stratégiques.

 

Le vieux couple : deux routiers des collectivités à Plaine Vallée

Luc Strehaiano, président de la CA de Plaine vallée (18 communes, 180 600 hab., Val-d’Oise) et Patrice Girot, directeur général des services

Plus de trois décennies qu’ils se côtoient. C’est au lendemain de la vague bleue de 1983, dans le Val-d’Oise, que Luc Strehaiano (LR), élu maire de Soisy-sous-Montmorency, et Patrice Girot, nouvel adjoint au maire de Saint-Gratien et secrétaire général d’Eaubonne, ont appris à se connaître. L’amour des bons mots et le phrasé à la Audiard, les deux « communards », pour qui l’interco doit rester une coopérative au service des municipalités, étaient faits pour s’entendre. En duo depuis 2008, le patron et le DGS de l’ancienne communauté d’agglomération (CA) de la vallée de Montmorency ont monté des « stratégies de sous-mariniers » pour échapper à une mégafusion d’EPCI à fiscalité propre.

Président de l’union régionale Ile-de-France du Syndicat national des directeurs généraux des collectivités territoriales, Patrice Girot avait ses entrées à l’Assemblée des communautés de France et au Comité des finances locales. Il en a fait profiter Luc Streihaiano. « Patrice Girot est plus politique que moi ! Nous n’avons pas des rapports d’employeur à employé », glisse Luc Streihaiano. Les deux routiers des collectivités se retrouvent tous les matins vers 7 h 30 en mairie de Soisy-sous-Montmorency. En juin, Luc Streihaiano s’est présenté aux législatives. La victoire lui paraissait promise avant le succès à la présidentielle d’Emmanuel Macron. « Il s’est fait méchamment taper. J’ai eu de la peine pour lui, mais au fond de moi, j’étais rassuré. Il restait président », confie le DGS. Cependant, le binôme ne finira pas la mandature. Dans dix-huit mois, Patrice Girot fera valoir ses droits à la retraite.

 

Le duo complémentaire : Jean-Pierre Barbier, président du conseil départemental et Vincent Roberti, directeur général des services

Des services en proie, sous la mandature précédente, à des tensions sociales, une alternance nette et sans bavure&hellip au moment de prendre les manettes du conseil départemental de l’Isère, Jean-Pierre Barbier (LR) a fait appel à un homme étranger au sérail pour diriger les services de sa collectivité. Enarque issu du corps préfectoral, passé dans les cabinets ministériels qui ont mis en musique la première réforme territoriale de 2010, cheville ouvrière, en tant que DGS du Rhône, de la nouvelle métropole de Lyon, Vincent Roberti possédait le CV idoine. Expérimenté et plutôt classé à droite, le haut fonctionnaire était recherché sur le marché post-départementales de 2015.

A l’issue d’une discrète entrevue un vendredi soir à l’hôtel du département, les deux hommes ont « topé ». Chacun, au sein de ce duo, sait ce qu’il a à faire. « J’attends que le DGS mette en ligne l’administration avec le projet pour lequel nous avons été élus », dit Jean-Pierre Barbier. « Le président n’intervient pas dans la vie des services, se réjouit Vincent Roberti. Il ne m’a jamais imposé un recrutement. Il n’appelle pas les chefs de service. » Un tête-à-tête le lundi (à 7 heures du matin) entre Jean-Pierre Barbier et Vincent Roberti donne le « la » de la semaine. Tous les jours, à 8 heures, le DGS réunit ses directeurs généraux adjoints. Une habitude héritée du corps préfectoral. Entre le président et le directeur général des services qui manage 4 600 agents, pas de familiarité en public. Jean-Pierre Barbier et Vincent Roberti s’en tiennent au vouvoiement. Mais en privé, ils se tutoient.

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Commentaires

L’élu local et le DGS : enquête sur un couple de pouvoir

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Carol

19/09/2017 12h43

Stéphane, Patrick, Jean-Luc, Mathieu, Patrice, Philippe, Joseph,… Où sont les femmes ? Houps !… J’allais oublier Vincent

Valentin

21/09/2017 10h51

Merci Carol de rappeler ce machisme ambiant du côté des libéraux, qui ont besoin de s’appuyer sur la domination continue des femmes pour continuer à stimuler l’économie capitaliste. Je vous invite à rejoindre la France insoumise et à consulter les propositions faites dans le livret programmatique n°23, intitulé « Egalité femmes-hommes, Abolir le patriarcat », et complétant le programme L’Avenir en commun

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