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Ouragan Irma

Saint-Martin : malgré l’urgence, les services publics n’ont pas encore repris

Publié le 15/09/2017 • Par Marie-Pierre Bourgeois • dans : Régions

Irma
Mediacentrum Defensie.MCD@mindef.nl.Foto Gerben van Es
Dix jours après le passage d’Irma qui a dévasté l’île à plus de 90%, les services publics peinent à repartir. En cause, la violence de cette catastrophe naturelle, mais aussi sa situation sociale et la faiblesse de sa fonction publique territoriale.

« Quand une telle catastrophe arrive, aucune collectivité n’est en mesure de faire face. » C’est par ces quelques mots que René Dosière juge les difficultés des services publics à reprendre leur place depuis le passage d’Irma. L’ancien député PS qui a rédigé en 2014 un rapport d’information sur la situation de l’île avec Daniel Gibbs (LR), le président de la collectivité territoriale de Saint-Martin, souligne également la « sous-administration chronique » du territoire.

Une île très loin des clichés paradisiaques

En effet, difficile d’attirer des fonctionnaires sur un territoire qui cumule de nombreux handicaps, à commencer par une situation sociale explosive, avec un taux de chômage à 27 %. Alors que l’île bénéficie de paysages paradisiaques du côté hollandais, comme du côté français, c’est surtout le territoire néerlandais qui bénéficie des retombées du tourisme. Et pour cause.

Sur le territoire français, il n’existe aucun port assez profond pour accueillir les bateaux de croisière. Saint-Martin bénéficie d’autant moins du tourisme que les cyclones de 1999 et 2000 ont divisé par deux l’offre hôtelière. Plus généralement, le territoire multiplie les records statistiques de pauvreté : un PIB inférieur de 40% à la métropole, une hausse de la délinquance de 39% entre 2003 et 2013… C’est bien pour « toutes ces raisons que les fonctionnaires d’Etat ou territoriaux ont toujours privilégié leur affectation en Guadeloupe », expliquait en 2014 Aline Hanson, alors présidente de la collectivité, aux rapporteurs René Dosière et Daniel Gibbs.

Un nouveau statut qui s’explique par les difficultés avec la Guadeloupe

Mais c’est aussi son statut qui a longtemps peiné à attirer des agents publics. Historiquement commune de la Guadeloupe, Saint-Martin est devenue en 2007 une collectivité d’outre-mer, à l’exception de Sint-Marteen, la partie néerlandaise. Elle est désormais administrée par un conseil territorial, qui exerce à la fois les compétences régionales, départementales et communales.

Cette réforme s’est justifiée par « l’éloignement qui, peu à peu, a conduit les élus locaux et la population de l’île à vouloir quitter l’orbite de la Guadeloupe et poursuivre un destin qui leur soit propre », souligne le rapport parlementaire. Dans un langage moins administratif, René Dosière juge que « la Guadeloupe ignorait totalement Saint-Martin. C’est bien pour cela que ses habitants ont souhaité un changement institutionnel. »

Longtemps sous perfusion financière de la Guadeloupe, l’île s’est fortement endettée depuis son changement de statut. Disposant déjà d’un statut fiscal très avantageux, l’une de toutes premières mesures du conseil territorial a été de mettre fin aux principales ressources financières, la taxe d’habitation et la taxe professionnelle, pour attirer de nouveaux investisseurs. Résultat : la collectivité a multiplié sa dette par 3 depuis 2007.

Les services publics toujours aux abonnés absents

C’est dans ce contexte socialement et financièrement compliqué que peinent à reprendre les services publics, sur une île ravagée. Jean-Marie Normantin, secrétaire général de la CGTG (la CGT fonction publique Guadeloupe) explique ainsi qu’« aujourd’hui aucun service public n’a encore repris. C’est en tout cas ce qu’on m’a dit ».

En effet, avec l’absence d’électricité suffisante pour recharger son téléphone et un accès Internet proche de zéro, il peine à joindre ses collègues syndicalistes. « A ma connaissance, seule une société immobilière a pour l’instant repris une activité» explique-t-il. « Il est extrêmement compliqué d’avoir des informations fiables », confirme Arnaud Mellaerts, responsable international de la CGT fonction publique.

Une usine de désalinisation, priorité numéro un

Pourtant, les urgences sont très nombreuses. « La première des priorités, alors que l’on manque de tout, c’est l’approvisionnement en eau », a expliqué Daniel Gibbs sur les ondes de RTL, le 10 septembre dernier. Sur une île sèche, dans laquelle la production d’eau potable ne peut être obtenue que par désalinisation, le coût de l’eau est déjà très élevé en temps normal. Après Irma, les usines de désalinisation ne sont plus en état de marche, tout comme les citernes. Actuellement, seule la distribution de bouteilles d’eau permet d’assurer l’approvisionnement de l’île. A moyen terme, une usine mobile de désalinisation devrait être acheminée depuis l’Espagne.

La ministre des Outre-mer, Annick Girardin (PRG), reconnaît d’ailleurs l’urgence. « Il y a un vrai manque malgré les 150 000 litres d’eau potable distribuées chaque jour aux 40.000 personnes » a-t-elle expliqué sur LCI le 15 septembre.

C’est un grand motif d’inquiétude pour Saint-Martin, puisque son très fort endettement s’explique également par le déficit du service des eaux. Ce surcoût lié à la production d’eau potable a longtemps été pris en charge par la Guadeloupe. Désormais assumée par Saint-Martin, elle est en grande partie responsable de la hausse de 147% des dépenses depuis 2007, malgré la création d’une régie autonome.

Un système scolaire déjà très fragilisé avant Irma

Seconde urgence : assurer la rentrée scolaire « le plus vite possible » a expliqué à plusieurs reprises Edouard Philippe, alors qu’elle devait avoir lieu le 4 septembre. Seules 3 écoles sur 18 sont aujourd’hui en mesure d’accueillir des élèves, tout en étant fortement endommagées.

Aucun collège, ni lycée, n’est aujourd’hui opérationnel. Des tentes gonflables climatisées devraient être mises en place en attendant la reconstruction des bâtiments par la collectivité et l’Etat pour assurer une rentrée au retour des vacances de la Toussaint. La situation risque donc d’être particulièrement critique, pour un système éducatif déjà exsangue avant la catastrophe.

En effet, plus de 70% des élèves n’ont pas le français pour langue maternelle, et les professeurs sont souvent en difficulté, compte tenu de « l’expérience traumatique chez les élèves issus de l’immigration de pays en guerre », comme le souligne René Dosière. Alors que les syndromes de stress post-traumatique pourraient se multiplier, conséquence de la catastrophe naturelle, un programme d’accompagnement pour les professeurs devait être organisé à la rentrée par le rectorat et la collectivité. Il est bien sûr reporté sine die.

Impossible d’activer un plan d’action pour les agents territoriaux

Autre priorité : permettre aux fonctionnaires territoriaux de reprendre le travail, tout particulièrement dans les services jugés prioritaires pour la remise sur pied de l’île, comme celui de la voirie. La situation des ressources matérielles (bâtiments, engins de déblayage, ordinateurs…) de la collectivité reste pour l’instant inconnue.

Comme l’explique Ludovic Salmier du centre de gestion de la fonction publique territoriale de Guadeloupe, « si le conseil départemental et toutes les collectivités de l’île se sont réunis pour savoir comment leur apporter du soutien, il n’est pas encore possible d’activer un plan d’action ». En effet, les besoins précis des agents territoriaux ne sont pas encore remontés de la part de Saint-Martin.

Le centre de gestion envisage l’envoi de matériel de bureau, et propose un système d’information pour la gestion des carrières des agents, afin de remplacer le logiciel existant, probablement détruit.L’association des maires de Guadeloupe explique également que le CNAS (Comité national d’action sociale) prévoit d’ouvrir un accueil sur place, en lien avec la collectivité de Saint-Martin, pour aider les territoriaux en difficulté. Catherine Froger, la directrice de communication du CNAS, assure d’ailleurs que « les procédures seront allégées ».

Vers l’annulation de la dette du RSA ?

Face à ces difficultés sans précédent, l’ancienne ministre (PS) des Outre-mer, Ericka Bareights appelle à « effacer la dette de la Caisse nationale des allocations familiale liée au RSA (…) : 50 millions d’euros, ce qui correspond à la moitié des recettes fiscales de la collectivité. » Une demande symbolique bien compréhensible, mais qui semble loin des priorités. « Vous savez, le chômage partiel n’a même pas encore été mis en place pour les populations, alors le RSA… », soupire Jean-Marie Normantin.

Si la demande a du sens, elle semble globalement bien en deçà des besoins. Les charges de dépenses liées au RSA s’élèvent à 1,3 millions d’euros et devraient encore augmenter, puisque de nombreux habitants pourraient se retrouver sans emploi pendant plusieurs années, après épuisement de leurs droits au chômage.

Pour René Dosière, plus que l’effacement de la dette sociale, c’est surtout l’échange de fichiers des bénéficiaires du RSA avec Sint-Maartenn qui est nécessaire. « Aujourd’hui, vous avez des allocataires des minima sociaux qui vont travailler du côté hollandais. Evidemment, les Pays-Bas n’ont pas intérêt à régler cette situation qui leur permet d’avoir une main d’œuvre peu chère. Mais que de l’argent envoyé par la métropole soit dépensé hors de nos frontières pose un problème évident. »

Si le débat n’est pas encore à la coopération avec Sint-Maarten, mais bien à la relance des services publics, la collectivité pourrait avoir des comptes à rendre très rapidement. Les habitants se plaignent en effet du manque d’information de la part de Daniel Gibbs et son équipe après le passage d’Irma.

« Depuis la catastrophe, la collectivité aurait dû passer dans les quartiers avec son micro installé sur ses voitures », rapporte une habitante au journal France-Antilles. « Pendant le carnaval ou les élections, on les voit partout avec les micros appelant à voter pour ‘Gibbs’. Par contre là, les voitures, on ne les a pas vues. Moi, j’aimerais qu’elles viennent pour nous informer », regrette-t-elle. Sans répondre sur le fond, Daniel Gibbs rétorque que « cette catastrophe peut être un nouveau départ pour notre île. C’est pour ça que je ne parle pas de reconstruction, mais de construction. »

René Dosière se fait, lui, plus précis. « La seule façon de réussir la reconstruction, c’est d’établir un vrai plan d’urbanisme pour créer enfin un véritable aménagement de l’île. » Et d’insister : « Irma doit aussi poser le sujet de la coopération entre la partie française et la partie néerlandaise. Le gouvernement doit frapper fort sur le sujet. »

Saint-Barthélémy, une situation bien plus favorable

Saint-Barthélémy, à seulement dix minutes d’avion de Saint-Martin, est dans une situation sans commune mesure. Lieu prisé des stars, son économie est florissante. A tel point que Bruno Magras (LR), le président de la collectivité a assuré ne rien attendre de l’Etat. « Non, il n’y a pas besoin de l’État », a-t-il expliqué sur France Info. « Si l’État souhaite nous aider, bien évidemment que c’est naturel en tant que Français d’être aidé parce que c’est quand même l’État qui est propriétaire de son territoire. » Tout en précisant : « nous n’allons pas quémander à l’État et pleurer au coin du bois en disant qu’il faut à tout prix nous aider. Nous avons une autonomie fiscale, je ne vais pas demander aux Français qui paient l’impôt de m’apporter leur contribution ».

Bruno Magras a également assuré que «  l’eau potable sera distribuée (…) les écoles sont en état, j’attends que la préfète et le recteur d’académie les ouvrent ».

Face aux difficultés à obtenir des informations sur la situation des services publics à Saint-Martin, nous sommes à la recherche de témoignages. Vous pouvez nous écrire à marie-pierre.bourgeois@lagazettedescommunes.com.

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Commentaires

Saint-Martin : malgré l’urgence, les services publics n’ont pas encore repris

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ssrw38

18/09/2017 01h54

Des choix politiques mal pensés ou très insuffisamment réfléchis….
Malheureusement on en mesure le désastreux résultat que lorsque l’on est au pied du mur.
Et alors on compte sur l’Etat central !
Et les populations n’ont plus que leurs yeux pour pleurer, elles.

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