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Déchets

Quel impact en France après le refus de la Chine de recevoir les déchets occidentaux ?

Publié le 28/07/2017 • Par Arnaud Garrigues • dans : Actualité Club Techni.Cités, France

plastiques comprimés - recyclage-veolia.fr
recyclage-veolia.fr
La Chine va devenir plus regardante sur les déchets qu'elle importe. C'est une bonne nouvelle pour ses habitants, mais une moins bonne pour les collectivités françaises, qui envoient une partie de leurs déchets vers l'empire du Milieu. Première estimation des impacts de cette annonce surprise.

Après l’effet papillon, voici l’effet domino ! Ou comment une décision prise par la Chine pour protéger son environnement et ses habitants va impacter les collectivités françaises. Le ministère chinois de protection de l’environnement a donc décidé de devenir plus regardant sur les déchets qui sont importés dans son territoire. C’est ce que révèle Federec (la fédération des entreprises du recyclage) dans un communiqué du 21 juillet : « plusieurs catégories de déchets sont désormais interdites à l’importation en Chine comme, par exemple certains plastiques, les papiers en mélange, les matières textiles (par exemple laine et coton), les laitiers, scories (autres que les laitiers granulés), croutes d’oxydes et autres déchets provenant de la fabrication du fer ou de l’acier ».

Il faut admettre que c’est une bonne nouvelle pour ce pays, qui se décide à agir en matière de protection de l’environnement avec un programme ronflant baptisé « National Sword ». Certains déchets seront donc interdits ou limités, et les usines chinoises qui ne respecteront pas ces nouvelles contraintes (normes environnementales, autorisations d’importation ou conditions techniques) seront carrément fermées. « Il faut donc s’attendre à une très forte limitation des volumes, voire l’arrêt des importations », estime Fererec.

Un impact difficile à évaluer pour les collectivités

Par effet domino, donc, les collectivités françaises vont donc  avoir plus de difficultés pour trouver des filières de recyclages de leurs matières premières secondaires. Si la profession du recyclage prévoit déjà un impact de cette décision chinoise sur son activité, selon Olivier Castagno, responsable du pôle déchets de l’association Amorce, « il est encore trop tôt pour estimer les incidences pour les collectivités. Cela dépendra des types de déchets concernés. Il faut aussi apprécier la part des déchets relevant sur service public des déchets ménagers qui seront impactées. C’est à dire la part qui est orientée vers le grand export. Selon les études existantes, elle est comprise entre 0 et 20%, suivant le type de déchets, en sachant que tout ne part pas vers la Chine ».

Si les conséquences ne sont donc pas encore connues, l’impact serait bien réel. L’association Amorce prévoit  d’ailleurs d’interroger ses adhérents pour mesurer les éventuelles tensions dans le cadre des consultations que lancent les collectivités sur leurs différents flux  (1), et auxquelles répondent les entreprises membres de la Fnade et de Federec. Les conséquences pourraient aller d’une décote sur les prix à la fermeture complète de débouchés de recyclage, ce qui obligerait à trouver ailleurs d’autres débouchés.

Des critères qualitatifs à définir

Olivier Castagno reconnait que l’incidence de ce retournement du gouvernement chinois va être difficile à observer, sachant que l’interdiction n’a pas encore été actée – elle est annoncée pour la fin de l’année 2017, « probablement à partir du mois de septembre », selon Federec.

« Les produits les plus concernés seront ceux de moindre qualité. Encore faut-il vérifier que les nouveaux critères, plus qualitatifs, qui seront décidés par la Chine ne soient pas déjà remplis par nos matières premières secondaires », remarque à juste titre le représentant d’Amorce.

S’il faut améliorer la qualité de ces matières premières secondaires, Federec estime qu’il faudra faire évoluer les installations sur plusieurs points : par la création d’unités de lavage, l’amélioration du tri des matériaux, la redéfinition des normes et standards de qualité, la création d’unités de production nationales.

Les conséquences pour les entreprises du recyclage

Étant en aval de filière, Federec a déjà une idée plus précise de l’impact de cette mesure. Tout d’abord sur le type de déchets impactés  : « Les plastiques sont particulièrement touchés puisque 8 familles sont concernées, principalement issues des plastiques triés, en mélange, ou « à laver » (PE, films plastiques, styréniques, PVC, PET, PET Bouteilles, PC CD/DVD, autres déchets et rebuts plastiques) ».

Sur le plan quantitatif, Federec estime à 9 millions de tonnes la quantité de plastiques importés par la Chine tous les ans. Et la fédération de souligner que les usines existantes dans le reste du monde n’auront pas la capacité d’absorber ce surplus. « Cette absence de débouchés oblige notre profession à prendre des mesures drastiques sur les volumes et les qualités aujourd’hui collectés (surtri, lavage, valorisations alternatives) et à chercher en urgence des solutions de substitution afin d’en limiter les productions », indique-t-elle dans son communiqué.

Enfin, Federec souligne qu’en France, ses centres de tri n’ont pas les capacités de stockage suffisantes, et donc que cette annonce du gouvernement chinois va entrainer « une évolution très importante du marché », obligeant tous les pays producteurs de ces matières à en repenser la fabrication, et en complément à revoir la gestion de leurs déchets.

Notes

Note 01 Pour celles qui sont propriétaires des matières premières secondaires et qui lancent des consultations Retour au texte

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Commentaires

Quel impact en France après le refus de la Chine de recevoir les déchets occidentaux ?

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ssrw38

28/07/2017 03h16

A compter sur les autres pour se débarrasser des déchets ….
En bien on s’y colle, on traite nous mêmes avec à la clef peut être des emplois locaux.
Et un bilan carbone tout bénef, moins de transports…. d’abord routier et ferré vers les ports puis maritime j’imagine !

Lou

31/07/2017 09h02

C’est finalement une bonne nouvelle que de se voir confronté à la gestion de ses propres déchets plutôt que d’aller les « cacher » plus loin (quel scandale pour nos sociétés de surconsommation…). Espérons que cela incitera peut-être les pouvoirs publics à poser réellement la question des déchets : de leur « production » par les industriels (limiter les emballages et suremballages), leur « consommation » (développer la prévention par l’éducation) et un réel développement local de leur traitement….

RVL42600

21/08/2017 10h56

Bonjour,
contrairement à ce que vous écrivez, c’est une très bonne nouvelle nous (nous les citoyens, les collectivités) car il faudra quand même gérer nos déchets, ne pas s’en débarrasser chez les autres et surtout apprendre ce qu’est l’ACV (l’analyse du cycle de vie). En effet, dès la conception d’un produit, les industriels doivent pensez aussi à la fin de vie du produit, pas seulement au profits pour engraisser les actionnaires et financiers de tout poil et ne pas se reposer sur la collectivité tout en demandant, les malheureux, des baisses de cotisations sociales et impôts.

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