Fermer

Déjà inscrit(e) ?

Mot de passe oublié ?

Identifiant et/ou mot de passe non valides

Nous n’avons pas reconnu votre email, veuillez indiquer un email valide, utilisé lors de la création de votre compte.

Un message avec vos codes d'accès vous a été envoyé par mail.

Pas encore inscrit(e) ?

Inscrivez-vous pour accéder aux services de LaGazette.fr et à la gestion de vos Newsletters et Alertes.

M'inscrire gratuitement

Menu

Déjà inscrit(e) ?

Mot de passe oublié ?

Identifiant et/ou mot de passe non valides

Nous n’avons pas reconnu votre email, veuillez indiquer un email valide, utilisé lors de la création de votre compte.

Un message avec vos codes d'accès vous a été envoyé par mail.

Pas encore inscrit(e) ?

Inscrivez-vous pour accéder aux services de LaGazette.fr et à la gestion de vos Newsletters et Alertes.

M'inscrire gratuitement

Politiques culturelles

Face au digital, les collectivités doivent adapter leurs politiques culturelles

Publié le 22/08/2017 • Par Hélène Girard • dans : Dossiers d'actualité, France

rd-UFO-VSL montpellier insitu-ville sans limite
UFO
Les technologies digitales brouillent les repères des élus et des professionnels. Certes, peu à peu, la nature et l'ampleur de ces bouleversements se précisent. Mais les politiques culturelles numériques restent encore à inventer. La feuille de route des collectivités ne devra pas rester blanche trop longtemps.

«Dans les années 1980-1990, les collectivités se sont positionnées en stratèges de la culture », rappelle Jean-Pierre Saez, directeur de l’Observatoire des politiques culturelles (OPC). Le maillage du territoire en équipements culturels s’est alors intensifié et nombre de collectivités ont recruté des professionnels, des généralistes (directeurs des affaires culturelles [DAC], responsables de l’action culturelle) et des spécialistes (bibliothécaires, conservateurs, professeurs, médiateurs, etc.).

« Le numérique bouscule tout»

« Aujourd’hui, le numérique vient percuter les politiques des collectivités », poursuit Jean-Pierre Saez. Et d’égrener les points d’impact : les commentaires et recommandations publiés sur internet où les réseaux sociaux concurrencent la fonction de prescription des institutions culturelles ; la diffusion inégale des pratiques digitales dans la population complexifie la problématique de la démocratisation culturelle ; les (co)productions de contenus par les citoyens rivalisent avec la programmation des équipements ; sans compter l’émergence du concept de (biens) communs culturels, ces données, connaissances et créations dont la circulation échappe à la propriété intellectuelle.

« Le numérique bouscule tout : les habitudes de consommation culturelle, les processus de création, les modes de diffusion, confirme Alain Fontanel, adjoint au maire, chargé de la culture, à Strasbourg [276 200 hab.]. Mais pour les collectivités, c’est aussi l’opportunité de diversifier les publics. Elles doivent l’intégrer dans leurs politiques locales. »

©R.Haughton

©R.Haughton

Feuille blanche

« Auparavant, le développement des politiques culturelles se faisait surtout par mimétisme, alors qu’à présent, les collectivités se trouvent devant une feuille blanche pour réinventer de nouveaux modes d’intervention », analyse Vincent Guillon, directeur adjoint de l’OPC. « Les DAC manquent manifestement d’ingénierie face à ces nouvelles modalités de participation culturelle et artistique. Quant aux élus, ils n’ont pas encore assez de paroles politiques fortes sur le sujet, soulignait, en février, Frédéric Lafond, président de la Fédération nationale des associations de directeurs des affaires culturelles, dans un entretien avec Lagazette.fr. Leurs dispositifs d’intervention ne sont pas adaptés, notamment parce qu’ils sont conçus sur la base de critères à respecter, alors qu’il faut de la souplesse pour prendre en compte le caractère mouvant de ces initiatives.»

Or, jusqu’à présent, les collectivités ont abordé le numérique culturel par le prisme des équipements et des applications : ateliers multimédias et services en ligne dans les médiathèques, sites web des institutions culturelles, introduction d’outils de médiation interactifs (exposition, musées), voire, pour les plus avancées sur la question, événements créatifs type « hackathon » (création de prototypes de projets collaboratifs inédits menés par des volontaires à partir de données disponibles) ou « mashup » (mélange de plusieurs sources musicales et/ou vidéos pour constituer une œuvre composite). « Il s’agit souvent de dispositifs qui se superposent, mais cela ne fait pas une politique culturelle numérique », note Jean-Pierre Saez.

Retour aux fondamentaux du service public

D’autant que des risques existent. D’abord celui de laisser de côté ceux que ces technologies déconcertent encore, donc d’élargir la fracture numérique. L’autre risque est de courir sans cesse après l’hyper-nouveauté. « Le renouvellement technologique étant rapide, on peut très vite entrer dans une forme de concurrence, entre acteurs, entre collectivités, où le spectaculaire prend le pas sur la réflexion relative aux gisements de richesse à développer sur les plans économique, humain, culturel, artistique, etc. », met en garde Bruno Cohen, chef de projet sur les nouvelles intelligences des territoires urbains de la métropole du Grand Nancy (20 communes, 254 100 hab.), mission qui analyse les mutations en cours et accompagne les acteurs locaux dans la mise en œuvre de projets.

« Parler du numérique dans les politiques culturelles, c’est parler de bien plus de choses que d’écrans, d’applications ou de réseaux, insiste Vincent Moreau, responsable des domaines action culturelle et enseignement artistique au pôle de compétence culture du CNFPT-Inset de Nancy. Il n’est plus question de dire on expérimente et ensuite on verra, car cela a un coût. Il faut revenir aux fondamentaux du service public : c’est-à-dire réfléchir au sens du numérique pour l’action publique, aux moyens financiers et humains que la collectivité veut bien y consacrer mais aussi aux bénéfices qu’en tirera la population. En ce sens, le numérique doit constituer un droit partagé par tous, un vecteur de démocratie. »

Humanité numérique

« Nous devons aborder la question par le prisme de la devise républicaine, observe Bruno Cohen. Cela nous impose des ambitions plus grandes que la seule innovation technologique. Il faut penser en termes d’acculturation, de lutte contre la pauvreté culturelle, de développement des savoirs, d’humanisme numérique. » Des ambitions qu’il semble difficile de cantonner aux services culturels.

« Cette référence aux fondamentaux suppose une vision transsectorielle et l’implication des directeurs généraux des services », confirme Vincent Moreau. Une perspective adoptée par exemple à Enghien-les-Bains (11 200 hab., Val-d’Oise) où les domaines de l’innovation et du développement numérique, ainsi que la direction du Centre des arts (CDA), scène conventionnée sur les écritures numériques, relèvent du directeur général adjoint (DGA), Dominique Roland. D’un point de vue managérial, le digital et le service public culturel y entretiennent des liens étroits.

180 X 175 VERGES EMMANUEL CR © Anatolii Komkov« Ce n’est pas une affaire de compétences techniques»

Emmanuel Vergès, responsable de L’Office, agence coopérative d’ingénierie culturelle

« Ce sont toujours les mêmes élus qui prennent la parole à propos du numérique culturel. Les autres en ont encore peur, car ils sont persuadés que c’est une affaire de compétences techniques qui leur font défaut. Or l’enjeu ne se situe pas là, mais dans leur capacité à analyser et à prendre en compte les pratiques culturelles émergentes, ainsi que dans la façon d’imaginer un nouveau rôle pour leur collectivité, à la fois auprès des développeurs d’outils numériques et des créateurs de contenus artistiques et culturels, mais aussi auprès du public. Le numérique, parce qu’il remet en question l’intérêt général, conduit les élus à faire des choix, par exemple sur la fonction des lieux, la place des amateurs, etc. Ces décisions ne sont pas à prendre en fonction du potentiel des outils, mais de celui de leur utilisation. Ce ne sont pas des problématiques d’ingénieurs, mais d’élus, de citoyens, d’artistes, d’entrepreneurs. »

 

Brainstorming des villes créatives

Du 29 juin au 2 juillet 2017, Enghien-les-Bains (Val-d’Oise) a accueilli les 11èmes rencontres mondiales du Réseau des villes créatives de l’Unesco. Soit 116 collectivités, dont, en France, Enghien-les-bains, pour les arts numériques, et Saint-Etienne, pour le design. Ces villes essaient d’« imaginer l’espace public à l’ère numérique », thème retenu pour cette année.

 

Les bibliothécaires en pointe sur les données personnelles

Comme dans les autres domaines, les données enregistrées par des portails et des services culturels constituent une gigantesque mine d’informations sur les besoins de « l’Homo numericus » local. Avec, bien entendu, en toile de fond, la question de la confidentialité. Pour l’heure, la problématique est peu présente dans les débats professionnels. Seuls les bibliothécaires français s’y intéressent de près, depuis le « Patriot Act », loi antiterroriste votée aux Etats-Unis en 2001, que leurs collègues américains ont dénoncée comme liberticide. L’Association des bibliothécaires de France plaide pour que les collectivités veillent à ne pas conserver de données au-delà du délai légal d’un an (loi n° 2006-64 du 23 janvier 2006).

Réagir à cet article

Nos offres d'emploi

Plus de 1000 offres d'emploi !

TOUTES LES OFFRES D'EMPLOI

Aujourd'hui sur les clubs experts gazette

Nos services

Prépa concours

CAP

Évènements

Gazette

Formations

Gazette

Commentaires

Face au digital, les collectivités doivent adapter leurs politiques culturelles

Votre e-mail ne sera pas publié

Déjà inscrit(e) ?

Mot de passe oublié ?

Identifiant et/ou mot de passe non valides

Nous n’avons pas reconnu votre email, veuillez indiquer un email valide, utilisé lors de la création de votre compte.

Un message avec vos codes d'accès vous a été envoyé par mail.

Pas encore inscrit(e) ?

Inscrivez-vous pour accéder aux services de LaGazette.fr et à la gestion de vos Newsletters et Alertes.

M'inscrire gratuitement
 
En poursuivant votre navigation sur ce site, vous acceptez l'utilisation de cookies pour vous proposer des services et offres adaptés à vos centres d'intérêt. OK En savoir plus X