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Journées nationales de l'archéologie

Comment faire de l’archéologie un ciment pour fédérer les habitants

Publié le 15/06/2017 • Par Isabelle Verbaere • dans : France

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Chantiers de fouilles pour les enfants St DizierJNA 2015 ©Eric Colin Ville de St Dizier
Les journées nationales de l’archéologie, dont la Gazette est partenaire depuis 2012, se dérouleront partout en France les 16, 17 et 18 juin 2017. Les habitants de Saint-Dizier (Haute-Marne) n’attendent pas cette manifestation pour se passionner pour leur patrimoine mérovingien.

Barbares et fiers de l’être ! A Saint-Dizier, on aime l’archéologie, et toute l’année. Cet engouement est le résultat du choix de la commune de miser sur l’archéologie comme vecteur de cohésion sociale et levier de développement. Stéphane Lahierre, adjoint au conservateur du Musée de Saint-Dizier n’en revient toujours pas ! « fédérer la population autour de son histoire mérovingienne, ce n’était pas gagné », lâche-t-il. La commune y est pourtant parvenue.

3000 visites par jour sur le chantier

Les habitants n’attendent pas les journées nationales de l’archéologie (JNA), organisées tous ans, et les 16, 17 et 18  juin cette année, pour plébisciter cette discipline. 21 000 personnes ont visité l’exposition « Austrasie, le royaume mérovingien oublié » proposé par le musée municipal du 16 septembre 2016 au 26 mars 2017. Une exposition labellisée d’intérêt national par le ministère de la Culture, et qui, à son issue, a rejoint le musée d’Archéologie nationale (MAN) de Saint-Germain-en-Laye , où elle y sera présentée jusqu’au 1er octobre 2017. « Beaucoup d’habitants l’ont vu plusieurs fois, pour s’approprier ce patrimoine », se félicite Stéphane Lahierre.

Le site archéologique des Crassées est particulièrement apprécié de la population également. « Jusqu’à 300 personnes chaque jour viennent nous regarder travailler lors des fouilles programmées, situées au milieu d’une zone commerciale, s’étonne Raphaël Durost, archéologue à l’INRAP, l’un des responsables du chantier. Ils sont jusqu’à 3000 sur deux jours, lors des JNA. Une fréquentation parmi les plus élevées de France ».

Chantiers de fouilles pour les enfants à St Dizier JNA 2015  ©Eric Colin Ville de St Dizier

Chantiers de fouilles pour les enfants à St Dizier JNA 2015 ©Eric Colin Ville de St Dizier

 

Cet engouement des bragards (1) pour le haut Moyen-Age, période pourtant méconnue du grand public et même des étudiants en histoire, ne doit rien au hasard.

Mobilier funéraire exceptionnel

En 2002, lors d’une fouille préventive menée par l’Institut national de recherches archéologiques (Inrap) sur le site des Crassées, trois tombes de chefs francs sont mises au jour. Bijoux, vaisselles, armes : le mobilier funéraire des deux hommes et de la jeune femme inhumés entre 525 et 550, peu après la mort de Clovis, est exceptionnel. « La dernière découverte d’une tombe d’aristocrate Franc, remontait à 1968 », précise Stéphane Lahierre. Et Raphaël Durost de surenchérir : une fouille préventive sur 100, révèle de tels vestiges valorisables facilement ».

Saint-Dizier ville du fer

François Cornut-Gentille, député-maire (LR) (2) de Saint-Dizier, prend la mesure de la découverte. Il monte une première exposition en partenariat avec l’Inrap, en novembre 2008. Elle a accueilli 35 000 visiteurs en 8 mois ! «Le titre qu’il a choisi «Nos Ancêtres les Barbares » a fait bondir bon nombre d’archéologues, admet Raphaël Durost. Mais le succès de l’exposition tient beaucoup à ce choix. Le maire a compris que l’archéologie a un pouvoir très puissant sur l’imaginaire. L’histoire de Saint-Dizier était très liée à la métallurgie qui a porté l’essor de la ville au XIXe siècle. Elle fut ensuite emblématique de son déclin avec la fermeture des usines. La découverte du site Franc rebat les cartes, donne une nouvelle épaisseur à l’histoire de la ville et de la fierté à ses habitants ».

100 000 euros par an  pour l’archéologie

Pour aller plus loin, la  ville achète la parcelle du site des Crassées et sollicite l’Inrap pour y réaliser des fouilles programmées. Elles débutent en 2011. Depuis, chaque été, accompagnés d’équipes de bénévoles et d’étudiants, les archéologues explorent le site et font de nouvelles découvertes : 506 sépultures -adultes et enfants- ont été mises au jour, mais aussi les fondations d’une petite église.

Exposition sur les trésors des chefs francs ©Eric Colin Ville de St Dizier

Exposition sur les trésors des chefs francs ©Eric Colin Ville de St Dizier

En 2015, la tombe d’un aristocrate, contemporain des chefs francs, a été découverte. « Saint-Dizier a une grande chance : ce site archéologique est exceptionnel et n’a pas encore livré tous ses vestiges », souligne Bruno Dumézil, historien commissaire des deux expositions. Coût des fouilles pour la commune : 100 000 euros par an. Elle finance aussi des analyses. « Cet investissement d’une collectivité en faveur de l’archéologie est un cas unique à ma connaissance, souligne Marie-Cécile Truc, archéologue à l’Inrap et inventeur des tombes des trois chefs en 2002. Grâce à ce soutien, nous pouvons faire de la recherche, obtenir des données sur différents aspects de la fouille, alors que le plus souvent les questions subsistent ».

Centre du monde mérovingien

L’État par l’intermédiaire de la Direction régionale des affaires culturelles (Drac), la Région, le Département, l’Inrap et le Musée d’archéologie nationale (MAN) ont signé convention multi-partenariale en 2014, afin de faire émerger un pôle archéologique reconnu à Saint-Dizier. «Cette petite ville est devenue un centre du monde mérovingien, un forum d’échanges, constate-t-il. Deux colloques internationaux y ont été organisés en 2015 et en 2016, de nombreux collègues étrangers sont venus voir les deux expositions et participer aux fouilles. Des animations et des conférences sont régulièrement proposées à la population.C’est très intéressant pour nous de pouvoir dialoguer avec le grand public, mais aussi avec des spécialistes d’autres disciplines car trop souvent la recherche est cloisonnée ».

Site archéologique au sein du collège

La ville et l’Inrap, conscients du potentiel pédagogique de l’archéologie, ont aussi signé une convention avec le collège Anne Frank -situé dans un quartier sensible- pour créer la cinquième classe « archéologie » de France. Ainsi, depuis trois ans, une vingtaine de collégiens de sixième s’initie à la discipline. « Un faux site archéologique a été construit au sein du collège pour que les élèves s’initient aux techniques de fouilles avant d’intervenir sur le chantier des Crassées », se félicite Raphaël Durost. La  sensibilisation s’est étendue aux élèves de secondes du Lycée Saint-Exupéry.  «Au contact de l’archéologie, les jeunes peuvent comprendre comment leur histoire personnelle et familiale vient de loin et se mêle à d’autres histoires, conclut François Cornut-Gentille. À notre époque où l’inculture produit une histoire fantasmée qui nourrit les tensions et les peurs, il est en effet extrêmement important d’ouvrir le questionnement pour y apporter des réponses rationnelles ».

 

 

 

 

 

 

 

Notes

Note 01 nom donné aux habitants de Saint-Dizier :  selon la tradition populaire, ce nom proviendrait de François Ier qui se serait exclamé « Ah ! Les braves gars ! », en apprenant la résistance des habitants en 1544 lors du siège de la ville par Charles Quint (source : wikipedia) Retour au texte

Note 02 François Cornut-Gentille, de nouveau candidat aux législatives de 2017 est en ballotage favorable. Retour au texte

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