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Aménagement du territoire

Le CESE s’inquiète de la montée des inégalités territoriales

Publié le 29/05/2017 • Par Marie-Pierre Bourgeois • dans : France

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Fotolia Brad Pict
Le Conseil économique, social et environnemental a publié le mercredi 24 mai 2017 son rapport annuel sur l’Etat de la France. Il dresse un constat préoccupant du « malheur français » et appelle à une refondation de la cohésion territoriale.

« Il y a dans notre France, sur les problèmes vitaux, une inertie de la pensée, une somnolence de l’esprit qui nous exposent à toutes les surprises jusqu’au jour où se produisent ces lumineux réveils qui viennent heureusement, quoiqu’à de trop longs intervalles, sauver notre pays. » C’est par ces mots de Jean Jaurès que le CESE entame son traditionnel rapport annuel sur l’Etat de la France.

Des Français pessimistes sur l’avenir du pays… mais plutôt heureux de leur sort

Le ton est donné dès l’introduction. Si 88 % des Français considéraient à l’automne 2016 que leur pays allait dans la mauvaise direction, le taux le plus élevé des 26 pays émergents ou développés étudiés pour une enquête Ipsos, ils restent toutefois globalement satisfaits de leur vie avec un indice de satisfaction de 7,2 points sur 10, nettement supérieur à de nombreux pays.

Ce hiatus fait dire aux deux rapporteurs Guillaume Duval et Pierre Lafont que « cette discordance entre leur situation individuelle, telle que la juge en moyenne les Français.e.s, et leur appréciation souvent très négative de notre avenir collectif est au cœur des difficultés du pays ». Et de juger « qu’à force d’être convaincus que nous sommes condamnés à vivre plus mal que demain (…), nous ne nous mobilisons pas suffisamment pour profiter des réels atouts du pays. »

Une montée des inégalités incompatibles avec les valeurs républicaines

« Derrière cette difficulté à retrouver une cohésion sociale et politique suffisante pour dégager un projet en commun, on trouve en particulier la question des inégalités et la tension qui existe entre l’ambition élevée de la devise républicaine ‘Liberté, Egalité, Fraternité’ (…) et les réalisations souvent imparfaites de la République dans ce domaine » note le CESE.

Au cœur des difficultés hexagonales, se trouve la question des inégalités. Si parmi les pays les plus riches, la France se trouve parmi ceux où les inégalités sont les plus limitées, « elles se sont cependant considérablement accrues au cours de ces dernières années, notamment depuis la crise de 2008 », souligne le rapport.

Estimant que la montée des inégalités est un sujet de « préoccupation majeure pour l’état du pays », le CESE fait porter une majorité de son rapport sur cette question. Au premier chef des inquiétudes, entre les inégalités scolaires, de genre et de santé, l’approfondissement des fractures territoriales.

Des inégalités de revenus qui augmentent entre territoires

Premier constat : « les inégalités de revenu par habitant se sont réduites entre les régions, les départements et les ‘zones d’emploi’ depuis un demi-siècle souligne l’économiste et urbaniste Laurent Davezies. Une bonne nouvelle pourtant en trompe-l’œil.  « A petite échelle, c’est-à-dire celles des communes et des quartiers, elles augmentent, notamment au sein des agglomérations. »

Le bilan est encore plus sévère si on observe les inégalités, non plus en termes de revenus mais de production de richesse par habitant. On constate alors un creusement des inégalités entre grands territoires depuis 35 ans. « En 2014, l’Ile-de-France produisait ainsi 31% du PIB français contre 27% en 1980. Alors que dans le même temps, son poids dans le revenu disponible des ménages baissait de 25% à 21,5% », souligne ainsi le rapport.

Ce dernier soulève également la possibilité que « ces divergence se soient en outre amplifiées par le développement de zones d’habitation péri-urbaines autour des grandes métropoles ».

Les métropoles, un concentré de richesse et de pauvreté

Ce travail sur l’état du pays souligne également l’accentuation du mouvement de métropolisation de l’économie française ces dernières décennies. France stratégie, dans son rapport « Quelle France dans dix ans ? » cité par le CESE, note ainsi que « les quinze aires urbaines de plus de 500 000 habitants que compte le pays rassemblent aujourd’hui 40% de la population et 55% de la masse salariale ».

L’institution rappelle aussi qu’en 2011 « 85% des ingénieurs en informatique, 75% des professionnels de l’information et de la communication et 69% du personnel d’études et de recherche » étaient localisés dans les six grandes aires métropolitaines (Paris, Lyon, Toulouse, Nantes, Bordeaux, Marseille-Aix).

« Un tel développement n’a toutefois pas empêché la croissance des inégalités au sein de ces pôles car beaucoup des territoires les plus pauvres et les plus délaissés du pays font paradoxalement parti de ces métropoles les plus riches et les plus dynamiques. »

Le dynamisme des littoraux, le Grand Est et les Hauts-de-France à la peine

Pour compenser l’affaiblissement de la capacité productive industrielle, les territoires du sud et de l’ouest du pays, particulièrement le long des littoraux, ont décidé de mettre l’accent sur le tourisme et l’accueil des populations retraitées. Ces évolutions ont néanmoins été beaucoup plus limitées dans d’autres régions comme le quart Nord-Est du pays, là où se situent les plus graves difficultés économiques et sociales de tout le territoire.

Cette situation a été aggravée par « le développement des déserts médicaux, des friches commerciales et un certain désengagement de nombreux services publics des territoires les moins densément peuplés » souligne le rapport.

Arrêter le mythe de la stricte égalité des territoires

En guise de préconisation, le rapport du CESE s’appuie sur les propos de Laurent Davezies, estimant qu’il faut cesser « les illusions sur les possibilités de l’action publique ». « Il faut sortir de l’idéologie d’une stricte égalité des territoires pour entrer dans une perspective de meilleure mobilité et de meilleur accès des populations aux opportunités à l’échelle de tout le pays », souligne-t-il.

Le rapport réfute en bloc le constat d’une « France périphérique » chère au géographe Christophe Guilluy. « Compte tenu de l’ampleur des transferts qu’organisent l’Etat et la protection sociale à travers les dépenses publiques aujourd’hui, il semble difficile de considérer pour l’instant que ‘la France périphérique’ aurait été abandonnée par la communauté nationale au profit des seules grandes métropoles.

Un bémol cependant à ce constat : « la perspective souvent évoquée dans le débat public d’une réduction sensible des dépenses publiques est de nature à nourrir de sérieuses inquiétudes pour l’avenir ». Et ce d’autant plus que « la révolution numérique comme la crise écologique vont nous obliger à remodeler en profondeur les infrastructures collectives et la nature de l’action publique sur tout le territoire national au cours des prochaines années » conclut le volet du rapport consacré aux inégalités territoriales.

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