Urbanisme

Réinventer Paris 2 : le pari fou d’Anne Hidalgo autour des espaces souterrains

Par • Club : Club Techni.Cités

Ville de Paris

La Maire de Paris, Anne Hidalgo, et son adjoint Jean-Louis Missika ont présenté la deuxième édition de l'appel à projets urbains "Réinventer Paris". Il comporte 34 sites atypiques qui proposent aux acteurs privés d'imaginer des projets autour d'espaces majoritairement souterrains. Les résultats de cette démarche audacieuse, qui vise à reconnecter la vie en surface avec les sous-sols de la Capitale, seront à découvrir à l'automne.

Des stations de métro fantômes, des tunnels inutilisés, des espaces sous viaduc, une usine de pompage d’eau, un ancien garage Renault …  ce sont ainsi 34 sites inédits qui ont été recensées par les équipes de la Ville de Paris dans le cadre de la 2ème édition de l’appel à projets urbains innovants « Réinventer Paris ».

Après la réussite de la première édition de ce grand concours d’urbanisme – il avait été lancé en 2014 en proposant 23 sites pour créer le Paris de demain -, la municipalité voulait continuer à surprendre. C’est chose faite, avec cette collection de sites qui ont été proposé par la collectivité, ce mardi 23 mai 2017, grâce à la contribution de partenaires publics et privés – la RATP, Eau de Paris, SNCF, Paris Habitat, la RIVP, ainsi que Renault et Efidis – qui ont accepté de libérer une partie de leur patrimoine.

34 sites comme un manifeste urbain

Pour Jean-Louis Missika, adjoint à la Maire de Paris en charge de l’urbanisme, l’architecture, des projets du Grand Paris, du développement économique et de l’attractivité, l’objectif n’est autre que de faire de ces 34 sites un « manifeste urbain ».

« Les appels à projets innovants doivent porter des défis et des messages, ils sont  bien plus qu’un assemblage de sites. Ils permettent  de mobiliser un écosystème entier sur un temps court autour d’une problématique et d’aboutir sur des projets réalisables à court terme », explique-t-il. Et la démarche est d’autant plus vraie pour ce type de sites sous valorisés ou inutilisés, comme ces espaces situés sous la ligne aérienne de la ligne 6 du métro.

Pour l’adjoint à la Maire de Paris, cette deuxième édition est l’occasion de réinvestir ces lieux oubliés : « Les sous sols sont en quelque sorte les grands invisibles de notre métropole. Ils ont profondément changé la vie quotidienne au 20e siècle, en nous apportant le chauffage urbain, le gaz, l’électricité, le métro, le téléphone et bien sûr, fin 19e, les égouts visitables du baron Haussmann. Mais ils ont été cantonnés à leur rôle d’espace de service et cachés au plus grand nombre, et leur dimension ancillaire explique le fait qu’on ait voulu leur cacher ».

Reconvertir des espaces dévolus à la voiture

Ce moment n’arrive pas par hasard, estime Jean-Louis Missika, qui explique que la révolution du véhicule autonome, électrique et connecté va avoir des « conséquences vertigineuses » sur la ville, en libérant des centaines de milliers de mètres-carré précédemment occupés par la voiture individuelle (places de stationnement en surface et parkings hors surface). « Ceci nous oblige à agir vite et à préparer la reconversion de tous ces espaces dédiés aux véhicules individuels et devenus obsolètes », explique-t-il, soulignant au passage que les opérateurs de parkings devraient « très prochainement » intégrer cette démarche.

« Au-delà de cette nécessité à agir, se tourner vers les sous-sols  témoigne d’un véritable parti pris urbain », renchérit l’élu, citant ces villes-monde qui se livrent « une bataille sans merci pour avoir le plus grand nombre de tours, et les tours les plus hautes. Ce n’est pas le choix fait par Anne Hidalgo ». L’ambition urbaine est donc celle de la verticalité, mais en profondeur, en cherchant à créer « une nouvelle relation entre la ville du dessus et la ville du dessous, entre la ville à l’air libre, et la ville souterraine. Nous voulons amener de la verticalité dans notre métropole, et de la lumière naturelle dans nos souterrains. Il ne s’agit pas juste de creuser, mais d’ouvrir, de modeler et de révéler », développe-t-il.

Connecter la ville du dessus et celle du dessous

Cette démarche va permettre de connecter le dessus et le dessous de la ville, mais l’idée est également de développer les connexions à l’horizontal, de sous-sol à sous-sol, comme cela existe à Montréal par exemple. « Les nouveaux sous-sols éclairés en cœur d’ilots doivent pouvoir être reliés à l’espace public afin de créer un véritable réseau parallèle de la ville du dessous, et non pas un enchainement de silos creusés », commente Jean-Louis Missika.

Sur ces 34 sites sélectionnés (consultables içi), il sera possible d’apporter de petites interventions – des  émergences pour amener de la lumière – ou imaginer des projets plus ambitieux qui devront s’ouvrir sur le dessus. La Maire de Paris, Anne Hidalgo a d’ailleurs invité les aménageurs à être innovants : « soumettre ces lieux atypiques, c’est se donner la capacité d’être surpris par vos projets », a-t-elle adressé à l’assemblée qui s’était massée pour découvrir le nouvel appel à projets. Son adjoint estime d’ailleurs que ces sites atypiques vont nécessité « une grande dose d’imagination », tout en rappelant aux acteurs privés, afin de les allécher, « qu’ils offrent les dernières opportunités foncières de certains quartiers du cœur de Paris ».

Soulignons que la ville a fait tout un travail en amont pour élargir les possibilités des porteurs de projets. Le plan local d’urbanisme (PLU) a en effet été modifié récemment pour le rendre compatible avec ces nouveaux usages. « La première priorité était d’acter la fin de l’ère du parking ; en modifiant l’article 12, nous avons mis fin à l’obligation de réaliser des parkings dans les nouvelles constructions, ce qui libère de fait les sous sols pour d’autres usages. Nous avons également ouvert les possibilités pour éclairer les locaux au-dessous de la surface de la rue. La règle antérieure rendait impossible tous ces développements. A présent, il est possible de les aménager pour tout type d’usage, à part ceux du sommeil », explique l’adjoint à l’urbanisme.

Le calendrier prévisionnel de « Réinventer Paris 2 »

  • 23 mai : annonce des sites et ouverture du site internet www.reinventerparis.fr
  • Début juin : publication sur le site internet des fiches techniques de chaque site
  • Début juillet : ouverture de la « dataroom », une base de données partagée
  • D’ici le 15 novembre : dépôt des manifestations d’intérêt
  • Début 2018 : première sélection
  • D’ici mai 2018 : dépose des offres
  • Automne 2018 : jurys de sélection des lauréats et annonce des résultats

Pour les sites les plus complexes, un calendrier particulier pourra être mis en place.

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